vendredi 11 janvier 2019

Séance de rattra'pages #16


N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois d'octobre, novembre et décembre 2018, classées par ordre de préférence, de la première à la dernière place 😉
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  • La Route de Cormac McCarthy (251 pages) : Voilà LA GROSSE CLAQUE de ce trimestre, et même de l'année !!! Celle qui m'a salement ébranlée💔, et a carbonisé le barrage ultime de mes émotions dans un sanglot trop longtemps retenu. Un style percutant, âpre, aux dialogues dépouillés et pourtant si puissants. Un roman qui allume un feu rougeoyant à l'intérieur de vos tripes, vous consume un peu plus à chaque page, et vous laisse un goût de cendres dans la bouche une fois terminé. Un prix Pulitzer post-apocalyptique à la flamme primordiale dévorante 🔥, à lire absolument !
  • Déracinée de Naomi Novik (504 pages) 🎄Lecture de Noël🎄: Vous cherchez un récit proche du conte pour vous étourdir de magie crépitante ? Vous souhaitez assister à toute une palette de sorts, allant des plus balbutiants aux plus ensorcelants ? Vous ne craignez pas de vous perdre dans une forêt sombre et maléfique, et de vous laisser boulotter par l'un de ses arbres, au risque d'y passer l'éternité ? Vous frémissez d'impatience de rencontrer un dragon bougon, sans ailes ni écailles, qui vit dans une tour et kidnappe une jeune fille tous les dix ans ? Eh bien dans ce récit constellé de distinctions (prix Locus, Nebula, British Fantasy) vous serez copieusement servi.e.s 🌟
  • Cantique de Noël de Charles Dickens (156 pages) : 🎄Lecture de Noël🎄: Un admirable Cantique de Noël dont la relecture me transporte à chaque fois dans l'ambiance voulue, et toujours avec le même ravissement renouvelé. C'est incontestablement LE livre qu'il faut lire à cette période de l'année, surtout si comme moi vous n'êtes pas d'humeur très festive ! En résumé, si je devais n'en conseiller qu'un seul et unique pour illuminer votre 25 décembre et lui redonner un sens universellement solidaire, ce serait celui-là 🎅
  • Les Aventuriers de la Mer, tome 3 : La Conquête de la liberté de Robin Hobb (379 pages) : Retour en mer avec Itenasara pour une LC de ce troisième chapitre aux remous de plus en plus bouillonnants. Les eaux de Robin Hobb poissonnent de mystères - et de serpents ! - qui ne demandent qu'à émerger ! Ça tangue pas mal dans ce tome, et notre inquiétude forcit à mesure que nos personnages favoris sont ballottés par les épreuves qui surgissent sans crier gare. Proportionnellement, la répugnance que nous inspirent ceux qui gagnent du galon dans l'antipathie, brassent aussi furieusement nos émotions laissées sans répit. Cette saga n'en finit pas de me surprendre par son horizon de promesses épiques à venir. L'avis de ma chère co-lectrice ne pourra que définitivement vous en convaincre, plongez-y vite !💦
  • L'Heure du Loup de Robert McCammon (693 pages)🎃Lecture d'Halloween🎃: C'est avec la langue pendante, et les coussinets encore fumants que s'est terminée cette lecture furieusement bondissante ! Menée à un train d'enfer, je peux affirmer que cette aventure fût l'une des plus exaltantes du trimestre ! Quand un loup-garou redoutable, et agent secret de surcroît, est mis au défi de sauver le débarquement allié tout en croquant du nazi au passage, je vous laisse imaginer ce que cela peut donner. Suivez les cadavres empreintes de loup dans la neige pour accéder à ma tanière, et retrouver les traces rougies de ma chronique 🐺
  • Saules aveugles, femme endormie de Haruki Murakami (427 pages) : Mon année livresque ne serait pas pleinement réussie sans un titre de l'un de mes auteurs préférés au palmarès ! J'ai fait duré ce recueil de nouvelles sur plusieurs mois, afin d'avoir la sensation d'être sous perfusion lente de Murakami, et d'en savourer mot après mot, ligne après ligne, page après page... Le plaisir sera peut-être prolongé par le projet d'une adaptation par Arte France Cinéma qui semble s'annoncer, et je suis curieuse de savoir quelles seront les six nouvelles choisies parmi les 23 de ce recueil, choix cornéliens à mes yeux ^^ Je remercie au passage le généreux Père Noël de m'avoir gâtée de sa toute récente oeuvre Le meurtre du commandeur 😊
  • Carrie de Stephen King (243 pages) 🎃Lecture d'Halloween🎃: Comme beaucoup, je connaissais le film, mais j'étais intriguée à l'idée de lire le roman d'origine, d'autant qu'il s'agit du tout premier publié par l'auteur. Au passage, merci à sa femme, Tabitha, d'avoir récupéré les premières pages dans la poubelle et de l'avoir encouragé à poursuivre son écriture. L'idée d'avoir apporté à ce récit paranormal un côté plus rationnel en l'améliorant de coupures de presse, d'extraits fictifs de livres traitant du phénomène, et d'éléments épistolaires, lui donne un relief supplémentaire. Un premier titre qui mettait déjà tous les voyants au vert pour la suite de la carrière du King !
  • La tour de Babylone de Ted Chiang (406 pages) : En principe, dans chacune de ces séances, il y a au moins un titre plus exigeant ou ardu que les autres. D'abord destiné à me triturer un peu les neurones, histoire de pimenter le trimestre, et de ne surtout pas m'endormir sur mes lauriers illusoires, c'est aussi un moyen de tester mes maigres limites. Voici donc l'animal qui m'a tenue en respect. Un recueil de nouvelles de haute voltige, du genre à vous filer quelques complexes au passage, et qui vous démontre combien vous vous sentez minuscule face à des textes si maîtrisés ^_^ Et lorsque la récompense et le plaisir sont au bout de la plupart d'entre elles, que vous vous dites : "Ah ouais, c'est balèze quand même !!!", et que vous y repensez longtemps après... alors c'est un pari joliment gagné pour votre petit cerveau soudainement électrisé ;-)
  • Comme un conte de Graham Joyce (440 pages) : Prix British Fantasy 2013, et Prix Imaginales 2015, ce roman fantastique a vraiment quelque chose de spécial. Il nous balade entre rêves et réalité, brouillant volontairement les cartes entre présent tangible et monde de Faërie (pas si gentillet et idyllique que ça d'ailleurs ^^), en obscurcissant continuellement la frontière entre sincérité et affabulation. Comme un conte dont je ne voulais pas douter, j'ai envisagé la fin assez facilement, mais cela n'a pas gâché mon plaisir de l'éprouver. Lire d'autres romans de cet auteur anglais qui nous a quittés trop tôt est aussi devenu une évidence après cette belle et inattendue échappée livresque 🌳

  • Hantise de Shirley Jackson (254 pages) 🎃Lecture d'Halloween🎃: Shirley Jackson (1916-2016) est considérée par ses pairs comme l'un des auteurs américains cultes du genre horrifique, au même titre que Poe et Lovecraft. Je brûlais donc de curiosité à l'idée de m'aventurer dans un récit de cette reine des ombres, et de dépoussiérer ce classique (publié en 1959), tenu par Stephen King pour l'un des meilleurs romans fantastiques du XXe siècle. D'une tension étonnante, j'ai été absorbée dans l'atmosphère gothique et oppressante de cette maison, et par le pouvoir de cette plume à nous maintenir sous son emprise jusqu'à la page ultime. Une immersion dans l'univers S. Jackson qui appelle d'autres hantises volontaires ;-)
  • La puanteur des morts de Camille Bouchard (404 pages) : Retour sur le seul, mais pas des moindres, thriller historique de cette sélection. Direction : la Nouvelle-Orléans, encore ! Cela faisait longtemps que je n'y avais pas traîné mes guêtres ;-) Cette fois j'ai atterri à l'aube de la guerre de Sécession, dans une ville prête à s'embraser dans la violence, pour assister à une funeste enquête sur des meurtres d'esclaves, à la chair lacérée de symboles vaudou. J'ai trouvé particulièrement réussi le contexte dans lequel l'intrigue se déroule : une vraie poudrière en devenir, qui se nourrit d'injustice et de révolte. Les personnages sont épatants, bien campés, et évoluent dans une ambiance historique tellement immersive et bien retranscrite que l'on s'y croirait presque. Un titre (avouez qu'il est engageant 😀) que je recommande sans hésiter aux amateurs du genre, 
  • Ring (Saga Ring - tome 1) (309 pages) + Double Helice (Saga Ring - tome 2) de Kōji Suzuki (378 pages) : J'aime la littérature japonaise. J'aime les romans flippants. J'aime me pénétrer de l'oeuvre originale d'une histoire ayant inspirée tant de réalisateurs (que de films autour du Ring, c'est dingue 😵). Et je n'ai pas été déçue ! Cette saga Ring était d'abord une trilogie, et compte maintenant cinq romans. Après la lecture de ces deux-là, je peux affirmer que le tome 2 est mon préféré, et je compte bien lire La Boucle, histoire de tenter de la refermer ;-D Si Kōji Suzuki a du savoir-faire pour cerner les relations humaines et la psychologie de ses personnages, il sait aussi faire monter la tension de son lectorat dans une courbe ascendante inexorable, pour mieux l'encercler à la fin. Un conseil, faites bien attention à ce que vous visionnez 😁
  • Les fils du destin de Chris Red (394 pages) : Avec un scénario qui garde le cap, une bonne dose d'action, et une générosité de moyens (prophétie énigmatique, bestiaire et mondes étonnants, sauts temporels, bagarres énergiques...), Chris Red nous propose un thriller de science-fiction sympathique, et peuplé de personnages dont le sort et les liens qui les unissent nous importent, nous poussant à vouloir connaître le fin mot de l'histoire. Ma chronique.
  • Le grillon du foyer de Charles Dickens (127 pages) 🎄Lecture de Noël🎄: Parce que mon envie d'y revenir après l'ultime couplet du Cantique de Noël était pressante, Le grillon du foyer s'est invité dans la maisonnée par la fenêtre laissée entrouverte. Moins émerveillée que par le précédent, c'est surtout pour prolonger l'effet Dickens qu'il a rempli son rôle. Même si son histoire sera assez vite oubliée, je pardonne volontiers ma légère désillusion à l'un de mes auteurs préférés ;-)
  • Sleepy Hollow de Washington Irving (75 pages) : Cette nouvelle datant de deux siècles 😮, souffre d'un lourd manque de rythme durant les cinquante premières pages, puis s'emballe un peu abruptement dans un galop longtemps espéré pour les vingt-cinq dernières. La plume est belle, romanesque, et fidèle aux classiques de l'époque, mais le cavalier se fait tout de même désirer ^^ L'adaptation de Tim Burton, qui a pris de nombreuses libertés il est vrai, remporte de loin ma préférence. Mais la beauté du style et l'âge avancé du texte forcent l'indulgence.
    ⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄

    Cette dernière séance de l'année 2018 reflète plutôt bien les événements du calendrier à l'origine de mes choix. Deux listes préparées en amont m'ont évité bien des tergiversations inutiles. D'un côté celle des lectures d'Halloween, et de l'autre celle de l'Avent. N'ayant pas trop d'inspiration pour mon planning livresque, elles ont été les bienvenues.

    Cette année encore, je fais l'impasse sur les statistiques, ce n'est décidément pas mon truc ! Je n'ai pas non plus besoin de calculette pour savoir que l'activité du blog marque fâcheusement le pas 😔. Mais pour terminer sur les éléments positifs de cette année livresque tout juste achevée, je me console en réalisant que j'ai lu davantage que la précédente, que ma pile à lire s'est carrément goinfrée (les comptes sont hautement confidentiels et frisent même l'inconvenance 😳), et que j'ai fait de savoureuses découvertes.
    Mon podium de l'année :
    Suivent à la queue leu-leu et en honorable 4ème place, les tomes 2 & 3 de la dépaysante et merveilleuse saga Les Aventuriers de la Mer de Robin Hobb, dont vous entendrez reparler ;-)

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    🎧 RUBRIQUE PODCAST
    Le podcast mis à l'honneur ce trimestre est : Fictions / Samedi noir sur France Culture :

    Un rendez-vous destiné au grand public : ces fictions ont pour mission de nous émouvoir, nous divertir, nous intriguer, en version noire et anticipation. Pour l'écouter, c'est par ici
    J'ai été captivé par de savoureuses histoires comme : La couleur tombée du ciel, et Chuchotements dans la nuit de Howard Phillips Lovecraft, ou encore L’échiquier du Roi de Xavier Mauméjean, et Hostiles de Franck Thilliez, pour n'en citer que quelques-unes 😊



    Voilà ! J'espère que ce copieux billet ne vous a pas semblé indigeste. À dire vrai, j'ai bien cru ne jamais réussir à l'écrire ^_^ Je traverse un moment où il m'est difficile de trouver la légèreté pour publier... C'est pourquoi le blog va sans doute entrer dans une phase d'hibernation, ou d'activité sporadique, je ne sais pas encore... mais je préfère vous en avertir :-) Les circonstances font que je ne peux rien vous promettre pour 2019, et vous remercie par avance pour votre patience et bienveillante compréhension.

    Je vous souhaite une belle et lumineuse année 2019, pleine de santé, remplie de douceurs, de moments heureux, et de merveilleuses et inoubliables lectures.
    😘

    dimanche 18 novembre 2018

    L'Heure du Loup de Robert McCammon

    Synopsis : Michael Gallatin est un as de l’espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l’éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s’acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l’opération « Poing d’Acier », le mieux gardé des plans secrets nazis.

    Thriller d'espionnage fantastique - 693 pages - Editions Milady Terreur (2011)
    Aouuuuh... Aouuuuh... Aouuuuh... Rejoignez-moi... Ralliez-vous à la meute...  
    L'Heure du Loup vient de sonner !

    Vous ne trouvez pas que mon animal totem se faisait trop rare par ici ? Moi si ! (😉 à celui qui se reconnaîtra, à qui je dédie cette chronique, et avec qui j'ai eu le grand plaisir de partager cette lecture).
    Près de 700 pages dévorées goulûment, ça n'arrive pas tous les jours, et je m'en pourlèche encore les babines rien qu'en évoquant ce savoureux mélange d'espionnage, épicé de fantastique et d'horreur.

    D'abord pour le héros, car Michael Gallatin (Mikhaïl Gallatinov de son vrai nom) n'est pas un espion anglais ordinaire : en plus d'être fascinant, courageux, et attachant, c'est un lycanthrope ! Autant dire que pour s'attaquer à la barbarie nazie, et déjouer les projets diaboliques du régime hitlérien, ses capacités hors du commun sont des atouts de grande valeur pour les alliés. Mais pour découvrir ce que l’ennemi manigance seulement quelques mois avant le débarquement, une sanglante et éprouvante course contre la montre l'attend.

    Ensuite parce que ce roman est un page-turner redoutablement efficace. La toute première scène d'introduction donne le ton d'entrée de jeu : les affrontements seront sans concession, et la fureur déchaînée proportionnelle au sadisme rencontré.
    Une barbare chasse à l'homme dans un train, ou un glaçant séjour dans un camp d'extermination ne seront que les quelques déclinaisons de la folie inhumaine que Mikaël devra braver face aux nazis. La bestialité n'est pas du côté que l'on croit malgré les crocs qui déchiquettent, le museau rougi d'un loup galvanisé de fureur, et l'ivresse de sang versé.
    Une telle sauvagerie organisée dépassait tout ce qu’il avait connu dans les forêts russes. Ici étaient assemblées les véritables bêtes fauves.
    Mais davantage que l'action débridée ou le déferlement de violence furieuse de certaines scènes, ce sont surtout les chapitres revenant sur l'histoire de Mikaël qui m'ont littéralement captivée. Devenu orphelin dans des circonstances tragiques, blessé ce même jour funeste par une meute de loups, et ensuite élevé parmi eux. J'ai trouvé dans les forêts de sa Russie natale les moments les plus forts et émouvants du roman, et ceux qui me resteront longtemps en bouche pour leur saveur toute particulière, entre douleur et nostalgie. Des retours dans le passé qui donnent de la profondeur à l'histoire, et apportent toute l'envergure à cet excellent personnage qu'est Mikaël.

    Une heure lupine furieusement bondissante donc, située entre le thriller d'aventure aux crocs bien aiguisés, et le récit d'espionnage d'une rare intensité, qui vous fera certainement hurler avec les loups vous aussi ! Il mérite amplement son GRAND PRIX DE L'IMAGINAIRE, et une adaptation cinématographique en devenir, espérons-le :)
    C'est avec une faim de louve que je découvrirai l'autre titre de Robert McCammon déjà présent dans ma PAL : La malédiction de Bethany

    Grand Prix de l'Imaginaire, roman étranger 1992

    dimanche 21 octobre 2018

    Séance de rattra'pages #15


    N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
    Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
    Voici donc mes lectures des mois de juillet, août et septembre 2018 classées par ordre de préférence, de la première à la dernière place 😉
    Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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    (Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
    • Les Aventuriers de la Mer, tome 2 : Le Navire aux esclaves de Robin Hobb (380 pages) : La poursuite de mon odyssée hobbienne en LC avec Itenasara a tenu toutes ses promesses ! Toujours aussi enthousiaste à l'issue de cette nouvelle traversée, ce tome est celui de l'apprentissage dans l'adversité, suscitant un intérêt grandissant pour des personnages en pleine évolution. Le vent d'aventure et les prémisses de tempêtes à venir forcissent de tome en tome, m'emportant inexorablement vers le large, à destination de fascinants rivages, à n'en pas douter. Chronique de mon journal de bord.
    • Demain, une oasis d'Ayerdhal (240 pages) : Lire ce roman, c'est trouver sous son blindage frappé du sceau de "thriller de science-fiction", un récit qui embarque tout sur son passage, tant il est prenant et réussi. Lire ce roman, c'est comme partir sur une terre rocailleuse en nous délestant en chemin de l'indifférence crasse qui menace de nous coller à la peau. Lire ce roman, c'est garder le souvenir d'un baptême de sable asséchant les consciences léthargiques qui oublieraient un peu trop aisément que l'espoir d'une oasis doit appartenir à tous. Retrouvez son chemin dans ma chronique.
    • Chroniques du Pays des Mères d'Elisabeth Vonarburg (628 pages) : Inracontable, ce roman fût le plus exigeant de ce trimestre, mais surtout le plus riche, tant pour sa densité que pour l'ampleur de son propos. Un récit qui pousse à la réflexion et qui prend son temps pour dérouler les thèmes de son chemin narratif : religion, philosophie, sociologie,... la liste serait trop longue à exposer dans ce mini avis ^^ Avec le recul, je mesure davantage sa profondeur et la pérégrination de pensées qu'il a fait naître. Dans le reflet du miroir de cette civilisation, une réverbération d'idées s'est diffusée, et a dispersé après coup la sensation d'engourdissement ressentie pendant la lecture. C'est sans doute dans l'absence d'action tonitruante que l'effet d'une substantielle dimension prend toute son ampleur. Une fertile découverte de SF.
    • L'empire électrique de Victor Fleury (480 pages) : Je vous avais bien dit que les petits élus de La Grosse OP pointeraient vite le coin de leurs pages par ici, eh bien voilà le premier, et pas des moindres ! Cet Empire électrique m'a vraiment bluffée ! Je me dois de révéler la prouesse de l'auteur pour avoir fait revivre le temps de plusieurs nouvelles que constituent ce recueil, des héros littéraires qui nous sont chers : Sherlock Holmes, Frankenstein, le Capitaine Némo, et j'en passe... Tout ce beau monde évolue dans un XIXe siècle uchronique savamment amélioré par une science voltaïque qui s'avère bigrement électrisante pour le lecteur :)
    • Marina de Carlos Ruiz Zafon (308 pages) : Je garde un souvenir magnétique de cette première incursion dans l'univers particulier de Carlos Ruiz Zafon. Elle m'a donné envie de retourner dans cette Barcelone étrangement gothique, et de suivre les traces laissées par l'auteur pour me perdre dans un brouillard de rues et de passages oubliés qu'il dépeint si bien. Davantage que l'histoire en elle-même, qui n'est pas exceptionnelle, c'est surtout pour son atmosphère ouatée, mélancolique, et assez fascinante, que j'irai bien volontiers vers son Cimetière des livres oubliés la prochaine fois !
    • Les fleurs d'Hiroshima d'Edita Morris (126 pages) : Un récit choc et pourtant empli d'une grande sensibilité, qui se déroule 15 ans après la catastrophe. À travers le quotidien d'une famille de rescapés dont le père se meurt des effets des radiations, une foule de sentiments surgit comme autant de vagues d'horreur, d'injustice, et d'indignation...  Et parmi cette révolte, me reviennent en mémoire les petits écureuils sur le bord de la fenêtre de la chambre d’hôpital de ce père mourant, qui les observe fasciné sur son lit de douleur, et qui lui rappelle que le bonheur existe encore sur la terre. Une lecture vraiment poignante.
    • Le gang des rêves de Luca Di Fulvio (945 pages) : Repéré chez ma douce Stelphique, et confirmé par de nombreuses critiques enthousiastes, je n'ai vraiment pas été déçue par ce roman. Une histoire qui m'a emportée dans son tourbillon, et dont les pages se sont tournées sans que je m'en aperçoive tant j'étais prise dans le tumulte des sentiments éprouvés. Je vous le conseille vivement, et vous promets un déluge d'émotions :)
    • Une porte sur l'été de Robert A. Heinlein (281 pages) : Voilà une histoire qui n'a quasiment pas pris une ride en 62 ans ! Fluide, bien amenée, je l'ai trouvée entraînante et vraiment flatteuse dans la simplicité de sa construction, le talent, le vrai quoi ^_^ Un savoir-faire qui n'a pas d'âge, et reste immuable, tant dans son style sobre et élégant, que dans la solidité de son propos qui semble inébranlable. J'ai donc non seulement trouvé un été lumineux derrière cette porte, mais en allant au-delà du seuil heinleinien, j'ai également entrevu de nombreuses autres issues à franchir, à commencer par celle qui mène En terre étrangère, et que j'ai forcément hâte d'ouvrir à son tour 😉 Ce qui se cache derrière cette porte est à portée de clic
    • Abattoir 5 de Kurt Vonnegut (312 pages) : Plus qu'un classique classé parmi les chefs-d'œuvre de la SF, Abattoir 5 est un roman sur la guerre, et plus particulièrement sur le terrible bombardement de Dresde, en février 1945, pendant lequel un tiers de la ville fut détruit par la Royal Air Force. J'ai été désarmée (c'est le cas de le dire ^^) par la construction du récit, et la distanciation nécessaire prise par l'auteur pour parler de l’un des plus grands carnages de civils de la Seconde Guerre mondiale, et pour cause : Kurt Vonnegut travaillait comme prisonnier de guerre dans un abattoir de cette ville de Dresde, lors dudit bombardement. Sauvé du massacre de justesse en s'abritant dans les sous-sol du bâtiment, il tirera de son vécu et de ce souvenir dantesque, un vibrant plaidoyer antimilitariste. Une expérience livresque unique et déstabilisante, et que je ne regrette pas.
    • Le nombril du monde de Roland C. Wagner (127 pages) : Avec cette nouvelle petite aventure des Saisons de l'Étrange, on peut dire que j'ai découvert un auteur doué pour captiver son lecteur ! Cérémonies occultes, étranges pouvoirs liés à un menhir immémorial, flippantes apparitions, drôles de zigotos encapuchonnés ou satanistes, bref... pas le temps de se rouler les pouces pour celle qui va devoir mener l'enquête tambour battant afin d'empêcher que l’irréparable et terrifiante invocation ne se produise ! Divertissant à souhait :)
    • Bourbon kid, tome 1 : Le Livre sans nom d'Anonyme (509 pages) : Avez-vous reçu ma carte postale ? Comment ça, non ! J'ai pourtant pris des risques insensés pour vous l'envoyer ! J'ai fait de sales rencontres dans un bar glauque de chez glauque, croisé un ersatz d'Elvis bien ravagé, j'ai même couru entre les balles sifflantes, et divagué en Sarah Connor dans une ville de 100% barjots tous bizarrement attifés pour une éclipse... Arf, ce qu'il ne faut pas faire pour dézinguer sa PAL, j'vous jure !!!
    • Des nœuds d'acier de Sandrine Collette (257 pages) : Bon dernier de cette séance, je suis dorénavant certaine que ce type de lecture n'est pas ma came. Séquestration, scènes de violences gratuites, de l'horreur brute et sans concession trop réelle à mon goût, et aucune branche "fantastique" à laquelle me raccrocher 😧 En résumé, c'est un cocktail qui a eu du mal à passer. Néanmoins prenant et terriblement glaçant, je suis sûre qu'il fera très bien le job pour les adeptes du genre ;-)

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    Ce fût un bien bon trimestre, composé d'une brochette de lectures estivales bigrement variées, en terme de saveur comme d'intensité, miam miam miam.
    Mes deux coups de coeur vont vers des auteurs qui se sont déjà retrouvés sur de précédents menus. Avec ces deux titres supplémentaires, ils approchent de mes mets d'exception, et seront régulièrement remis à la carte, promesse du Chef ! 😋

    En septembre, le Challenge S4F3, Summer Short Stories of SFFF (détail de ma participation) s'est clôturé après une lutte grandiose, et fougueusement narrée ici-même par un Lutin très inspiré !!!

    Et toujours du côté des challenges, septembre est aussi le mois tant attendu du célèbre Challenge de La Licorne ! Comme il ne faut surtout pas changer une équipe qui gagne, me voilà inscrite à cette 5e édition, savamment améliorée, ce qui ne gâche rien 😊

    🎧 NOUVELLE RUBRIQUE PODCAST
    À compter d'aujourd'hui, je vous propose de partager avec vous un de mes podcasts préférés à chaque séance. Et en l'honneur de cette nouvelle rubrique, voici le podcast mis à l'honneur ce trimestre : Celui de l'enthousiasmant projet de ma chère Elhyandra :

    Créatrice du blog Le monde d'Elhyandra depuis 3 ans, elle lance son projet de podcast car ce média est devenu l'un de ses préférés depuis une bonne année maintenant. Elle vous proposera donc une fois par mois ses avis d'amatrice du genre sur des sagas complètes, des premiers tomes de l'année, ou encore des sélections de prix littéraires type Hellfest inferno, ou PLIB.
    Pour l'écouter, c'est par ici 
    Je suis admirative. Bravo Elhy pour cette épatante initiative !!!
    Le format podcast est-il un média qui vous intéresse ? Quels sont vos favoris, si vous en avez ?


    Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Mais sachez que mes prévisions de lecture sont tellement nombreuses et alléchantes que la tête me tourne rien que de tenter de les mettre en ordre 😵
    Ce sera comme toujours : au feeling ! Et Halloween approchant, pour trancher dans le vif, ça devrait saigner abondamment 😈
    BYE BYE les amis, et surtout : lisez bien !!!