dimanche 16 février 2020

Blog en hibernation

Illustration Kitty-Grimm



Le blog entre en hibernation, histoire de rallumer la flamme, de se refaire une petite santé, de retrouver le goût d'écrire, et surtout de faire renaître l'envie :)
Peut-être que le printemps y pourvoira, qui sait ?
En attendant, lisez-bien, et comptez sur moi pour faire de même 😘


samedi 15 février 2020

Séance de rattra'pages #28 [décembre 2019]

Ce rendez-vous est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques. Il me permet de les passer en revue, et d'échanger à leur sujet en votre enrichissante compagnie. C'est aussi un bon moyen de ne pas les laisser tomber dans l'oubli, et d'en garder la trace, à l'image des précédentes.

Voici donc le tour d'horizon de mes lectures du mois de décembre 2019
Les favoris sont facilement repérables grâce à leur indice de réminiscence, révélé en nombre de ✨
(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
DÉCEMBRE

Les Aventuriers de la Mer, tome 9 : Les Marches du trône de Robin Hobb (376 pages), publié en 2000 : Voilà c'est fini ! Je ne réalise pas encore le nombre de pages (et d'heures !) passés avec ces mémorables Aventuriers. Les émotions ont été intenses, et cette lecture commune avec Itenasara aura vraiment ressemblé à une impétueuse traversée au long cours, que je ne suis pas prête d'oublier ! Ce dernier tome n'est pas une fin, mais débouche sur un confluent qui rejoint le cycle de L'Assassin Royal au niveau du tome 7. Je pose mes rames quelques temps avant de m'y engager. Je souhaite m'imprégner de ce cycle des Aventuriers de la Mer, avant de plonger vers la suite. Rien ne presse ! Ces neuf tomes n'ont pas été qu'une simple étape sur le grand itinéraire prévu, ils ont représenté une tranche de vie partagée avec des personnages attachants. Je sais que l'envie de les retrouver et de répondre à l'appel de Robin Hobb deviendra une évidence en temps voulu, mais pas tout de suite... Laissez-moi me remettre, et savourer encore un peu :)
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💝

Que passe l'hiver de David Bry (400 pages), publié en 2017 : Un solstice d'hiver passé à... me fondre dans ce récit de fantasy, pour me perdre dans une blancheur infinie et un silence assourdissant, m'emportant vers un ailleurs saisissant. Un huis-clos de givre, emprisonnant les 30 strophes d'une ode initiatique sculptée dans la glace, et dont l'emprise de marbre se resserre dès les premiers vers. J'ai marché dans une neige rougie de sang et sous un ciel plombé de mauvais augures, la vapeur du souffle balayée par un vent chargé de cendres funestes, et le sel des larmes cristallisé avant d'atteindre le sol. Je me suis tenue à la croisée d'un monde dont l'avenir se tisse au bord de la montagne du destin, sur lequel souffle la bise polaire d'une tragédie en devenir, afin d'assister au drame qui se noue, impuissante et transie. Que passe l'hiver, oui... mais pas le souvenir de cette lecture, comme le prouvent les empreintes laissées dans la neige, et destinées à vous mener jusqu'à ma chronique.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💝

Gwendy et la boîte à boutons de Stephen King et Richard Chizmar (160 pages), publié en 2017 : Je suis ravie d'avoir placé cette succulente novella sur le buffet de mes gourmandises de fin d'année. Comme un seul et unique des fabuleux chocolats de la boîte confiée à Gwendy, cette histoire rassasie autant que le contenu d'un généreux ballotin. Sa saveur délicieusement inimitable vous reste longtemps en bouche et provoque les frissons attendus. Petite mais costaude donc, puisqu'elle aborde des thèmes comme l'enfance, le pouvoir, le poids du secret, ou encore le sens des responsabilités... il est impossible de ne pas y succomber. Écrite à quatre mains, et agrémentée de jolies illustrations, Stephen King a déclaré à son sujet : « J'avais une histoire que je ne parvenais pas à terminer, et Richard Chizmar m'a montré le chemin avec style et panache ». Richard Chizmar quant à lui, affirme que les deux auteurs en ont écrit une partie, chacun leur tour. Une chose est sûre ; ces deux-là se sont bien trouvés, et nous exaucent déjà avec une suite appelée Gwendy et la plume magique qui nous fait saliver à l'avance 🤤
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💝

Les mystères d'Udolphe de Ann Radcliffe (617 pages), publié en 1794 : Non, vous ne rêvez pas ! Ce petit bijou de littérature gothique a plus de deux siècles. Découvert grâce à sa version audio, il s'est installé sur la troisième place de mon podium spécial classiques 2019. J'ai pris énormément de plaisir à écouter ce texte, et tiens à saluer le travail de la donneuse de voix Orangeno, qui a su donner vie à Émilie Saint-Aubert, l’héroïne de cette histoire, avec une grande justesse et une douceur teintée de mélancolie. Le style n'est pas boursouflé, mais au contraire embelli par la patine du temps qui lui sied à merveille. Mon souvenir restera une alternance d'ombres et de lumière, de beauté et de mystère, de douceur et de tourments. Aux magnifiques descriptions des paysages traversés, où la nature est intensément célébrée, succèdent des moments de fiévreuse captivité dans un château empli de frayeurs superstitieuses, et dans lequel la jeune Émilie endure mille agitations. Elle pleure, tressaille, se languit, s'alarme souvent, avec la tournure propre aux écrits de l'époque, mais sans emphase outrancière. Face aux périlleux incidents rencontrés, les émois amoureux ou les craintes exacerbées de cette jeune fille, ne sonnent jamais faux. Et le point fort de ce récit tient aussi à cette touche de mystère, qui jusqu'à la fin interroge sur sa véritable nature, réelle ou surnaturelle ? Je vous laisse le découvrir par vous même ;)
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨

Monkton le Fou de W. Wilkie Collins (114 pages) publié en 1855 : Je brûlais d'impatience à l'idée de découvrir enfin un texte du grand Wilkie Collins, le fidèle ami de Charles Dickens. Mon choix s'est instinctivement porté vers ce Mad Monkton, au charme fantastico-gothique anglais de cette époque victorienne que j'apprécie tant. Cette histoire de sinistre prophétie familiale tient toutes ses promesses grâce à un suspense subtilement dosé, une atmosphère lugubre installée avec finesse, et une montée en puissance aussi fascinante que captivante. La plume de l'auteur m'a conquise, faisant immédiatement naître l'évidente nécessité d'en dévorer davantage ! Pour preuve, à l'heure où j'écris ces lignes, je suis déjà en compagnie de sa mystérieuse Dame en blanc.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

Le volcryn de George R. R. Martin (173 pages), publié en 1982 : Après un huis clos de givre avec Que passe l'hiver, place maintenant à un huis clos spatial horrifique, oppressant à souhait, et grâce auquel ce très estimé George nous scotche une fois encore à notre fauteuil, de la toute première à la dernière ligne. Imaginez un peu : Une étrange mission à la recherche d'ombreux vaisseaux extraterrestres immémoriaux et insaisissables (rien que ça, j'embarque de suite !). Un commandant au comportement très déroutant pour ne pas dire flippant, et un équipage constitué de personnalités atypiques et pas tous très rassurants non plus. Et vous voilà pris dans la nasse d'un récit oppressant, et sacrément efficace ! On ne s'étonnera pas qu'il ait remporté le prix Analog, et le prix Locus du meilleur roman court en 1980/81. Adapté en film en 1987, et en série en 2018, sous son titre original de Nightflyers, je suis surtout curieuse de voir cette seconde adaptation, plus réussie que la première paraît-il. Avez-vous des retours de visionnages à partager ? Ce n'est pas après ça que je vais me lasser des écrits de l'auteur ! Prochain arrêt sur la ligne GGRM : Skin Trade, et j'ai déjà les crocs rien que d'y penser 😁
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

Les étoiles sont légion de Kameron Hurley (416 pages), publié en 2017 : Cette première lecture de la récente collection Albin Michel Imaginaire me laisse sur un sentiment un peu mitigé. J'ai beaucoup aimé le concept passionnant des vaisseaux-mondes organiques. C'est pour moi la grande réussite de ce roman, et rien que pour cela, il mérite vraiment le détour ! J'ai moins accroché au déroulement du récit, et à sa conclusion un brin précipitée. Un petit voile opaque m'a accompagnée tout du long et ne s'est jamais totalement levé, m'empêchant de m'ancrer à une histoire ressentie comme trop tortueuse. En bref : un univers vraiment exceptionnel et avec un potentiel immense, mais desservi par des chemins narratifs détournés et trop sinueux à mon goût. Une fin plus élaborée aurait été la bienvenue également. Mais je sais que ce roman a trouvé ses lecteurs et j'en suis ravie ! Je n'ai certainement pas su l'appréhender de la bonne manière, mais ne regrette absolument pas le voyage pour autant :)
Indice de réminiscence : ✨✨✨

Connaissez-vous ces titres ? Certains vous tentent-ils ?
Ouf, me voici enfin arrivée au terme de cette série de rattra'pages intensifs 😅

Pour cette dernière séance, voici l'essentiel de mon année 2019 en une seule image ! Cette année écoulée a également été celle d'un intérêt renouvelé pour les classiques, notamment grâce au format audio qui s'y prête admirablement bien.
Je ne sais pas ce que ce rendez-vous va devenir... S'il va s'arrêter ou se métamorphoser ? Je n'arrive jamais à tenir les délais, et j'ai l'impression de les écrire avec de plus en plus de difficultés, au détriment d'avis moins pertinents que désirés. Wait and see...
Ciao tutti 😘

lundi 3 février 2020

Terminus de Tom Sweterlitsch

Synopsis : Depuis le début des années 80, un programme ultrasecret de la marine américaine explore de multiples futurs potentiels. Lors de ces explorations, ses agents temporels ont situé le Terminus, la destruction de toute vie sur terre, au XXVIIe siècle.
En 1997, l'agent spécial Shannon Moss du NCIS reçoit au milieu de la nuit un appel du FBI : on la demande sur une scène de crime. Un homme aurait massacré sa famille avant de s'enfuir. Seule la fille aînée, Marian, 17 ans, serait vivante, mais reste portée disparue. Pourquoi contacter Moss ? Parce que le suspect, Patrick Mursult, a comme elle contemplé le Terminus... dont la date s'est brusquement rapprochée de plusieurs siècles.

Titre original : The gone world (2018)
Science-fiction - Thriller - 440 pages
Editions Albin Michel Imaginaire (2019)

Après Les étoiles sont légion de Kameron Hurley, voici ma seconde incursion du côté de chez Albin Michel Imaginaire, dont la ligne éditoriale me vend du rêve *_*
Quelle lecture ! Et quelle magnifique couverture d'Aurélien Police ! Il n'y a pas à dire, tout est ici réuni pour que Terminus me reste en mémoire.

« Il semble, si je ne me trompe, que vous lisiez facilement dans l'avenir, tandis que le présent est voilé pour vous »
DANTE, L'Enfer, chant X

Dans un mélange des genres habilement fouetté (et les initiés comprendront qu'ici le fouet a une importance cruciale 😉), c'est un mix homogène tout a fait génial que nous offre Tom Sweterlitsch avec ce roman.

Après le glaçant prologue horrifique qui nous débarque en l'an 2199, dans un décor cauchemardesque à l'ambiance quasi hallucinogène, le récit débute en 1997 sur un appel reçu en pleine nuit par l’agent spécial Shannon Moss du NCIS, suite au meurtre d'une famille, dont le père (principal suspect) est un SEAL porté disparu dans un programme de voyage dans le futur appelé Eaux profondes, et dont Moss fait également partie.

Là démarre un thriller particulièrement efficace et difficile à lâcher, grâce à l'enquête de Moss, et à son obsession de retrouver à temps la fille aînée, seule rescapée du massacre. Cette haletante course contre la montre policière est habilement rehaussée au cran supérieur de time-opera grâce aux bondissants allers et retours entre présent et futurs potentiels (pas parallèles, attention la différence est primordiale ^^) effectués par Moss, pour les besoins de ses investigations.

Mais un sablier d'une toute autre envergure s'est aussi retourné : celui de l'apocalypse !
Chacun de ses grains écoulés rapproche l'arrivée du Terminus. Un trou blanc qui apparaîtra dans le ciel et provoquera la fin de l'humanité, par des moyens que je vous laisse découvrir. Seule précaution : avoir un cœur bien accroché face à l'éventualité d'être retourné 😱

Moss sait très bien à quoi s'en tenir face au Terminus, elle y a laissé sa jambe en 2199, lors de l'un de ses voyages en Temps Profond.
Car dans le présent de 1997, cela fait déjà une bonne vingtaine d'années que l'on peut se balader dans le temps (coucou l'uchronie, au passage !). Et c'est au cours de l'un de ces bonds dans le futur, vers l’an 2666, que l'on a découvert la potentialité du Terminus pour la première fois.
Sauf que l'écoulement du sablier s'accélère, et que chaque incursion dans le futur constate qu'il se rapproche de plus en plus vite ! La station ultime de l'espèce humaine ne cesse de gagner du terrain. Pourquoi ? Et comment l'arrêter ?

Quand, et comment le télescopage de l'enquête et de cette sinistre temporalité se produira-t-il ?
En chemin, gardez les yeux bien ouverts. Même si l'auteur fait preuve d'une grande maîtrise pour ne pas nous perdre, une fois en route vers le Terminus, n'y soyez plus pour personne ! Le final n'en sera que meilleur ;-)
Et même si j’aurais aimé être un peu mieux préparée à l'immersion en Eaux Profondes, et en savoir davantage sur l'impact des NET par exemple... j'ai été véritablement bluffée !

Dans une alliance des genres extrêmement solide, le récit est brillamment déroulé, et même balisé, pour peu que l'on regarde dans la bonne direction. J’ai beaucoup apprécié le rayonnement de son arc narratif, avec ses jeux de miroirs et ses échos répétés, absolument renversants !
L'héroïne est attachante et fermement ancrée dans l'histoire. Son choc post-traumatique, et l'effet boomerang qui en résulte, donne une force authentique à cette femme constamment ballottée entre plusieurs avenirs appelés TFI, trajectoires futures inadmissibles.
« Inadmissibles » parce que l’avenir était versatile – les futurs qu’explorait le NSC n’étaient que des possibilités nées des conditions du présent.
L'ambiance est sombre, horrifique, glauque (jusque dans l'emploi de la mythologie nordique représenté par Naglfar), et de plus en plus cauchemardesque à mesure que l'on s'approche du Terminus, donnant une rémanence troublante à certaines scènes.

Que dire d'autre ? Tellement de choses... mais ne comptez pas sur moi pour vous divulgâcher les étapes essentielles jusqu'au Terminus.
C'est un roman qui se déplie comme le plus ingénieux des origamis (certains diront puzzles), et dans lequel se niche un dessein final à l'intensité inouïe. N'attendant qu'à être minutieusement déployé, le plaisir d'examiner chaque détail de ce savant pliage et d'en concevoir toute l'ampleur n'en sera que meilleur :) Préparez-vous à pousser un WAOUH d'admiration à l'étape ultime 😲

Je te dédie ce billet, fidèle ami co-lecteur, et te remercie de m'avoir accompagnée jusqu'à ce saisissant Terminus :)

D'autres avis sur Babelio, et Livr'addict

dimanche 26 janvier 2020

La Chanson d'Arbonne de Guy Gavriel Kay

Synopsis : Bien qu'ils soient voisins, les pays de l'Arbonne et du Gorhaut semblent aussi différents que le soleil l'est de l'astre de la nuit.
Au sud, les oliviers et les vignes de l'Arbonne s'épanouissent alors que les troubadours célèbrent l'amour courtois, la joie de vivre et la déesse Rian. Au nord, la terre sombre et austère du Gorhaut porte un peuple de farouches guerriers qui ne jurent que par l'épée et adorent Corannos, le dieu mâle.
Gouverné depuis peu par Adémar, roi cruel et mesquin, le Gorhaut est sur le point d'envahir l'Arbonne, affaibli par la lutte intestine de deux de ses principaux ducs, Bertran de Talair et Urté de Miraval, et gouverné par une femme, Cygne Barbentain.
Face à l'armée du Gorhaut soutenue par la colère de Corannos, les chances de l'Arbonne paraissent bien minces. Mais le pays de l'amour courtois est aussi celui de la magie et des passions : Béatrice, la prêtresse aveugle de Rian, son hibou blanc sur l'épaule, et Blaise, un mercenaire du nord venu se mettre au service de l'Arbonne afin de mieux contester l'autorité d'Adémar, pourront peut-être infléchir le cours de la guerre !

Titre original : A Song for Arbonne (1992)
Fantasy historique - 624 pages - Editions L'Atalante (La Dentelle du cygne) (2019)
Illustration John Howe
 Je m'en vais vous conter la Chanson d'Arbonne.
Célébrée sous Riannon la bleue, et la blanche Vidonne,
ses deux lunes qui, dans les cieux, se font la révérence,
quand vient de se coucher, l'éclatant soleil de Provence.
Le récit est, de la toute première ligne, à l'ultime mot posé,
empli des douces fragrances du sud, et subtilement chanté. 

Imaginez d'abord le pays : la France d'un 13ème siècle revisité,
Que l'auteur met ici à l'honneur, de manière bien inspirée.
En une région semblable à celle de notre Occitanie médiévale,
il y peint un tableau à la gloire du charme provençal,
un temps où l'histoire savait se passer de vains discours,
préférant laisser la gloire aux élégants mots des troubadours.. 

« Nous vivons nos vies pour qu'elles deviennent leur musique. »

Mais si vous croyez que dans les pages de ce récit,
on ne parle qu'amour courtois, musique, et poésie,
sachez que sur les terres sillonnées par les ménestrels,
s'enracinent aussi haines tenaces, et vieilles querelles.
Que ce soient dettes d'honneur ou tristes deuils de coeur,
en Arbonne, les comptes se régleront à une certaine heure.

Pendant qu'au Nord, les guerriers du Gorhaut rêvent de conquête,
et que leur roi stupide, d'un prélat devient la marionnette,
dans la douceur du Sud, c'est derrière le son du luth,
que l'on écoute La Grande Prêtresse, pour anticiper la lutte.
Aveugle, sur son île de la Déesse, elle fait appel à ses visions,
et perçoit un homme, toujours au cœur de ses prédictions.

« Nous devons agir conformément à notre nature, sinon nous devenons nos propres ennemis. »

À la Cour d'Amour, ce sont les femmes qui usent de pouvoir, 
elles savent manigancer, avec habilité, charme, et devoir.
Quand les hommes d’honneur et d’art, iront seuls contrer,
les hordes de ces barbares, venus allumer des bûchers,
Qui, de la déesse Rian, ou du sombre Corannos,
prélèvera le plus de sang dans cette bataille féroce ?

Et plutôt que de vous attarder sur cette insignifiante ritournelle,
C'est vers La Chanson d'Arbonne que doivent vous porter vos ailes ! 
Illustration John Howe
Autres retours de lecture sur Babelio et Livr'addict

Séance de rattra'pages #27 [novembre 2019]

Ce rendez-vous est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques. Il me permet de les passer en revue, et d'échanger à leur sujet en votre enrichissante compagnie. C'est aussi un bon moyen de ne pas les laisser tomber dans l'oubli, et d'en garder la trace, à l'image des précédentes.

Voici donc le tour d'horizon de mes lectures du mois de novembre 2019
Les favoris sont facilement repérables grâce à leur indice de réminiscence, révélé en nombre de ✨
(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
NOVEMBRE

Les lions d'Al-Rassan de Guy Gavriel Kay (730 pages), publié en 1995 : Monumental coup de coeur pour mon tout premier GGK ! Ces flamboyants Lions d'Al-Rassan ont laissé dans le sillage de leurs crinières un authentique et inoubliable souvenir de sensations mêlées. Tout y était : religion, loyauté, conquête, politique, histoire, amour, beauté, poésie, raffinement... Faisant de ce roman, le grand favoris de mon année 2019 ! De la magnificence des palais, aux effluves d'épices, ce sont les sublimes personnages et la virtuosité de l'auteur qui se sont gravés dans mon imagination, et ont provoqué un débordement d'émotions, comme ma chronique vous le confirmera !
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💗

La reine des damnés de Anne Rice (760 pages), publié en 1988 : 🎃Lectures d'Halloween🎃:  Sans surprise, mes retrouvailles avec Anne Rice ont été remarquables. Dire que j'apprécie toujours autant sa plume serait un doux euphémisme. Avide de poursuivre ses célèbres Chroniques..., ce troisième tome remporte ma préférence. Le fait d'y retrouver Lestat, Louis, et consort, lui confère un attrait tout particulier, notamment grâce à l'alternance des points de vue utilisés. Mais c'est surtout l'histoire des origines du mythe que j'ai trouvée particulièrement captivante, et le fait qu'elle nous transporte jusqu'en Égypte antique pour ressusciter le passé de fascinantes jumelles. Lire du Anne Rice, c'est comme s'enivrer d'une capiteuse liqueur de ténèbres, que l'on savoure dès la première gorgée.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💗

Les Aventuriers de la Mer, tome 8 : Ombres et flammes de Robin Hobb (377 pages), publié en 2000 : Qu'importe l'intensité de la houle. Itenasara et moi n'avons qu'une seule idée en tête : arriver au bout du voyage, pour accoster sur le rivage du dénouement tant attendu ! Mais un courant contraire inconscient freine notre vigueur : celui de la tristesse anticipée de devoir bientôt quitter des personnages avec lesquels nous avons partagé tant d'émotions, et qui font désormais partie de notre précieuse famille livresque. De grandes décisions commencent déjà à prendre forme pour eux. Leurs destins se sont tissés dans la toile des voiles ; arrive maintenant le moment fatidique de vérifier leur solidité. Pourront-elles se gonfler suffisamment pour les emporter vers des eaux plus calmes, tout en résistant à la violence des vents contraires ? Seul, l'ultime et dernier tome nous le dira !
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💗

La Loterie de Shirley Jackson (274 pages), publié en 1949 : 🎃Lectures d'Halloween🎃 : Un recueil de nouvelles tout spécialement conservé parmi les ingrédients à mettre dans le chaudron d'Halloween depuis ma découverte réussie de Hantise. Même si je ne peux donner un ressenti unanime pour chaque texte - certains étant plus frappants que d'autres ! - j'ai trouvé qu'une grande cohésion les unissait. Parler d'harmonie pourrait sembler trop fort, voire paradoxal, pour évoquer un ensemble de récits ayant pour point commun la folie ordinaire, teintée d'irréalité sinistre. Et pourtant... Il y a de la cohérence dans toutes ces déclinaisons de gauchissement du réel. Du simple trouble, ou vertige de désorientation, jusqu'à l'ultime démence paroxystique racontée dans la toute dernière histoire, donnant son titre au recueil, Shirley Jackson révèle un talent indéniable pour grossir à la loupe la psychologie de ses personnages, éclairer le moment de bascule où la normalité se déforme jusqu'à atteindre une frontière, qui une fois irrévocablement franchie, mène à la terreur.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

La Chevelure de Guy de Maupassant (73 pages), publié en 1884 : 🎃Lectures d'Halloween🎃 : Malgré sa brièveté, cette nouvelle fantastique de Maupassant s'est avérée délicieusement étrange. Seulement coiffée de trois personnages (le narrateur, le "fou", et le médecin), cette obsédante chevelure questionne et suscite l'indécision du lecteur. Folie, illusion, surnaturel, Maupassant laisse volontairement le doute s'installer, jusqu'à la toute dernière phrase qui clôture le récit « L’esprit de l’homme est capable de tout. », et qui résume bien l'essence de celui-ci.
Indice de réminiscence : ✨✨✨

Aziyadé suivi de Fantôme d'Orient de Pierre Loti  (2h d'écoute) : Sous la forme d'un feuilleton en 5 épisodes, France Culture a enregistré une revisite radiophonique d’un spectacle donné au Théâtre Avignon en 2018, appelé Le fantôme d'Aziyadé, et qui sera repris du 11 janvier au 1er mars 2020 au théâtre du Lucernaire, puis en tournée. Cette adaptation est un condensé du premier roman de Pierre Loti : Aziyadé (publié en 1879), et de la nouvelle : Fantôme d'Orient (publiée en 1892) qui lui fait suite. Honnêtement, je sais que sur le papier, jamais je n'aurais été attirée par cette histoire. Je suis donc la première surprise de la retrouver ici. Ce fût une rencontre fortuite, lors d'une déambulation nocturne sur les podcasts de France Culture, qui m'a dirigée vers elle. Même si le thème ne m'a pas passionnée, je suis obligée de louer la qualité de l'interprétation, l'ambiance feutrée et enveloppante du récit, et la force des mots de Loti. 
Indice de réminiscence : ✨✨

Connaissez-vous ces titres ? Certains vous tentent-ils ?
Bye bye, et à bientôt :)

dimanche 12 janvier 2020

Challenge ABC Littérature de l’imaginaire 2020

5 ans après ma première participation (souvenirs, souvenirs...), et à l'occasion de cette nouvelle décennie, me voilà motivée pour tenter de faire mieux que la médaille de bronze remportée à l'époque :)

Le règlement du challenge
Le principe du challenge est de lire 26 livres entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020, en respectant le principe : une lettre, un auteur, (sauf pour le demi*). Le but est donc de choisir un auteur par lettre, dans les genres littéraires entrant dans la catégorie imaginaire :

– Fantasy
– Fantastique
– Science-Fiction
– Et tous leurs sous genres (bit-lit, dystopie, steampunk, etc.)

Afin de rendre le challenge plus facile, plusieurs possibilités sont offertes :
– Modifier sa liste à loisir durant l’année. Pour valider l'inscription, une liste minimum de 20 livres sur les 26 suffit, modifiable autant de fois que désiré, sauf pour obtenir la médaille de platine, qui n'autorise que 3 changements maximum ! (les changements jusqu’au 31 janvier ne comptent pas).
– Inclure des BDs, mangas ou artbooks dans sa liste, mais pas plus de 3 au total. Pour les BD, le dessinateur compte autant que l’auteur pour le choix de la lettre.
– 3 jokers sont offerts. Par joker, j’entends l’utilisation de la première lettre du titre du livre, ou la première lettre du prénom de l’auteur (au lieu de la première lettre du nom de famille de l’auteur)
– Chroniques non obligatoires ! Il faudra cependant venir dire quelques mots sur le topic de Livraddict ou sur le blog de l'organisatrice Mariejuliet.

*Le demi, c'est quoi ?
Comme son nom l’indique, l’objectif est diminué de moitié : Lire 13 livres dans l’année. 
Pour valider son inscription, il faudra fournir la liste des 13 titres (13 exactement, et pas une liste de 16 (par exemple) dans laquelle piocher),
- Possibilité d'inclure des BDs, mangas ou artbooks dans sa liste, mais pas plus de 1 au total.
- 1 seul joker autorisé.
- Possibilité de modifier sa liste à loisir durant l’année.

Une liste d’auteurs dont le nom commence par : I, Q, U, X, Y, Z. est proposées par ici.
Une Foire aux Questions, les modalités d'inscription et toutes autres précisions se trouvent par là.

Les récompenses :
Les médailles décernées, selon le degré d’avancement dans le challenge, sont :

– Médaille d’or : 26/26
– Médaille d’argent : 20/26 : Mon objectif !
– Médaille de bronze : 15/26
– Médaille de chocolat : 10/20

– Petit bonus pour les motivés : la médaille de platine, attribuée à tous les participants ayant au minimum atteint la médaille de chocolat et qui n’auront effectué au maximum que 3 changements par rapport à la liste initiale qu’ils se seront fixés lors de l’inscription.
- Pour le demi, une médaille unique : la médaille de cuir ! Et sa version Cuir platine pour les participant ayant atteint la médaille de cuir avec un changement maximum par rapport à la liste initiale qu’ils se seront fixés lors de l’inscription.
La possibilité d'ajouter des objectifs complémentaires (du genre : nombre de page minimum…) est également en vigueur.

MA LISTE :

A. La servante écarlate de Margaret Atwood 
B. American Elsewhere de Robert Jackson Bennett
C. La trilogie des trois corps, tome 1 : Le problème à trois corps de Liu Cixin 
D. Les Démons de Paris de Jean-Philippe Depotte
E. Jésus vidéo de Andreas Eschbach
F. Faërie de Raymond E. Feist 
G. Rivages de Gauthier Guillemin 
H. Dans la forêt de Jean Hegland
I. Notre Dame de la Mer de Rozenn Illiano
J. Les livres de la terre fracturée, tome 1 : La cinquième saison de N. K. Jemisin
K. La Chanson d'Arbonne de Guy Gavriel Kay : Chronique
L. Tuer les morts de Tanith Lee
M. Blackwing, tome 1 : La marque du corbeau de Ed McDonald
N. Anno Dracula, tome 2 : Le baron rouge sang de Kim Newman 
O. Zombi de Joyce Carol Oates
P. La Fontaine pétrifiante de Christopher Priest 
Q. Lady Rudge de Sonia Quémener
R. Mars la rouge de Kim Stanley Robinson 
S. Terminus de Tom Sweterlitsch : Chronique
T. Les chroniques de St Mary's, tome 01 : Un monde après l'autre de Jodi Taylor 
U. Un feu sur l'abîme de Vernor Vinge (Joker)
V. Le dernier brûleur d'étoiles de Sophie Val-Piguel 
W. Mes vrais enfants de Jo Walton
X. ... Choix en attente !
Y. Le Roman de Jeanne de Lidia Yuknavitch 
Z. Toi l'immortel de Roger Zelazny

Autant vous avertir : il me sera impossible de respecter cette liste à la lettre ! Trop de tentations imprévues - ou d'invités de dernière minute - viendront la bouleverser en cours de route, c'est pourquoi je ne vise pas la médaille de platine qui n'autorise que trois changements. 
Briguer celle d'argent me semble déjà bien présomptueux ^_^
Dommage que les nouvelles n'entrent pas dans le cadre du challenge car mon intention de découvrir un maximum de titres de la collection Une Heure Lumière, des Editions Le Bélial' m'aurait bien aidée. Disons que cela ajoutera un peu de piment à l'entreprise. 😋 À bientôt !

Séance de rattra'pages #26 [octobre 2019]

Ce rendez-vous est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques. Il me permet de les passer en revue, et d'échanger à leur sujet en votre enrichissante compagnie. C'est aussi un bon moyen de ne pas les laisser tomber dans l'oubli, et d'en garder la trace, à l'image des précédentes.

Voici donc le tour d'horizon de mes lectures du mois d'octobre 2019
Les favoris sont facilement repérables grâce à leur indice de réminiscence, révélé en nombre de ✨
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OCTOBRE

Les Aventuriers de la Mer, tome 7 : Le Seigneur des Trois Règnes de Robin Hobb (376 pages), publié en 2006 : Prise dans la vague hobbienne, le courant est désormais si fort qu'il est impossible de ne pas se laisser dériver au gré des destinées fortement ballottées de nos personnages favoris. Difficile de conjecturer tant les événements se font tempétueux. Le vent forcit, et porte avec lui un nouveau seigneur au vol majestueux, rescapé d'un passé glorieux. Cette renaissance pourrait bien annoncer une armada de changements pour les humains, et augurer le flot de grands bouleversements à venir. Mais pendant ce temps, il y a de nombreux et périlleux combats qui se poursuivent, et beaucoup de protagonistes en réel danger. De quoi nous captiver, et nous emporter Itenasara et moi, d'un seul coup de rame vers le tome suivant. Vous ne serez donc pas étonnée de retrouver le tome 8 dans la séance suivante ;-)
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💗

Le Père Goriot de Honoré de Balzac (350 pages), publié en 1842 : Cette adaptation audio en dix épisodes offerte par France Culture fût une nouvelle fois délicieuse ! Le personnage éponyme de l'histoire incarne l'amour paternel poussé à son comble, qui dans un esprit de sacrifice déraisonnable, se dépouille de tout pour ses filles adorées. L'arrivisme est également au centre de l'histoire, dans ce qu'il peut avoir de plus abject. Balzac dresse un portrait cynique et bien peu flatteur de la société parisienne sous la Restauration. Toutes les couches sociales en prennent pour leur grade, et les plus résolus sont prêts à tout pour se tailler la part du lion dans la jungle mondaine.
Je n'avais plus de souvenirs récents des titres Balzac, et cette redécouverte du Père Goriot m'a permise de raviver mon grand désir d'explorer plus avant sa Comédie humaine, et notamment la veine fantastique de son oeuvre, avec Melmoth réconcilié, ou encore La Peau de chagrin. Si vous avez des titres à me conseiller, je suis tout ouïe :)
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

Le chant de Kali de Dan Simmons (368 pages), publié en 1985 : 🎃Lectures d'Halloween🎃 Prix World Fantasy 1986, ce Chant de Kali, pourtant tout premier roman de l'auteur, bourdonne déjà du savoir-faire du Maître Simmons. Immédiatement happée et entraînée au coeur de la rumeur de Calcutta, dans une ville fiévreuse et agitée, grouillante de misère et de désespoir, l'air y est glauque, poisseux, délétère. La psalmodie de la déesse de la destruction nous mène en des endroits funestes et nauséabonds, nous obligeant à errer dans des ruelles emplies d'immondices pour retrouver les traces de ses adorateurs. Ne vous attendez pas à une ballade platement dépaysante ou exotique, ou a un chœur criard et tapageur. Une mélopée horrifique un brin lancinante serait plus à même de la définir. Rien ne nous est épargné dans le funeste refrain de Kali. Avant de l'entonner, ayez le coeur bien accroché car certaines scènes pourraient bien jouer les ritournelles. Mais sa mélodie proclame surtout l'avènement d'un grand auteur qui n'a pas fini de nous fasciner ;-) Encore un Dan Simmons qui ne m'a pas déçue, comme le prouve ma chronique.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

Les Furtifs de Alain Damasio (688 pages), publié en 2019 : Damasio avait conquis mon coeur avec La Horde du Contrevent, une lecture inoubliable. En conséquence, l'attente de son nouveau roman était très (trop ?) grande. Ce qui explique en partie le vacillement ressenti pour Les Furtifs. Mon coeur a balancé, entre les cabrioles de la première moitié de l'histoire, et la décélération forcée de mon esprit dans la deuxième. Je n'ai pas su trouver le point d'équilibre parfait. Dire que j'ai oscillé, que mes sentiments ont fluctué, que je suis passée du pur frisson au soupir de désillusion, que les moments de grâce ont lancé la trace, puis que mon attention a chancelé, s'est parfois engluée dans la sangue "damasienne", et que j'ai senti le propos vriller dans l'opinion au détriment de l'inspiration, faisant trébucher mon imaginaire face aux idées révolutionnaires, serait plus juste.
Mais lire du Damasio reste toujours un moment exceptionnellement vivifiant, et assurément unique ! J'aime ce qu'il transmet, son humanisme, et son désir de nous ouvrir aux autres, tout simplement ;-) Ma chronique.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

Le vampyre de John Polidori (110 pages), publié en 1919 :🎃Lectures d'Halloween🎃 Mon bagage en littérature gothique commence à insidieusement s'alourdir et ce n'est pas pour me déplaire ^_^ L'origine de mon intérêt pour cette nouvelle vient du film Mary Shelley que je n'hésite pas à vous conseiller tant je l'ai apprécié. J'ai même envie de vous dire (re)lisez Frankenstein, visionnez ce film, puis découvrez cette nouvelle dans la foulée, cela me semble être le combo idéal ! Pour le reste, je vous laisse découvrir ce texte. Si comme moi, vous êtes curieux.se de goûter à l'un des illustres fruits récoltés lors de ce fameux été 1816, passé dans la villa Diodati - célèbre creuset, bouillonnant d'inspiration - sachez qu'une adaptation en version audio est disponible sur France Culture.
Indice de réminiscence : ✨✨

Connaissez-vous ces titres ? Certains vous tentent-ils ?
Encore deux séances et 2019 sera définitivement derrière moi. Peut-être que je tiens le bon bout 😅
Pendant que je mets novembre sur le feu, n'oubliez pas de vous régalez d'excellentes lectures :)