samedi 14 juillet 2018

Bourbon kid, tome 1 : Le Livre sans nom de Anonyme

Synopsis : Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets.
Un serial killer qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom. La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique. Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d'arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d'oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock'n'roll et le plus jubilatoire de l'année ! Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte.
II a ensuite été publié en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

Thriller fantastique - 509 pages - Editions Le Livre de Poche (2011)

Cliquez sur la carte pour l'ouvrir en grand format ;-)
C'era una VoltaLicorne, et Fan2polar sont apparemment revenues en un seul morceau, ouf 😅

dimanche 1 juillet 2018

Le voyage de Simon Morley de Jack Finney

Synopsis : Pour remonter dans le passé lointain, il n'est pas nécessaire d'utiliser une machine à voyager dans le temps. Il suffit de s'imprégner de l'époque dans laquelle on désire se rendre, de se dépouiller de toutes les pensées, comportements qui vous ancrent dans le présent, bref, de se conditionner mentalement et physiquement, pour être projeté dans le temps que l'on croyait perdu. Telle est la théorie du Pr. Danzinger. Informé de ce projet, qui a secrètement l'aval et le soutien logistique du gouvernement américain, Simon Morley doute, hésite... Mais la médiocrité de son existence, la curiosité, et le mystère qui entoure le suicide d'un aïeul de son amie Kate, finissent par le décider. Installé dans un appartement du, Dakota , un vieil immeuble new-yorkais demeuré intact, il va s'y comporter comme un homme de la fin du XIXe, et un soir de neige, après des jours d'efforts et d'attente, le miracle se produit...
Récit conjuguant le témoignage écrit et visuel (de nombreux dessins et photos accompagnent le texte).
Science-fiction - 348 pages - Editions Denoël (Lunes d'encre) (2015)
Simon Morley est un dessinateur/ illustrateur qui s'ennuie dans la vie. Il ne se sent pas vraiment à sa place et ne parvient pas à trouver un sens à son existence routinière, malgré son esprit vif et intelligent. Lorsqu'un beau jour, un homme vient lui proposer de participer à un projet fou et strictement confidentiel, son hésitation ne fait pas long feu face à l'attrait de l'étrange proposition. Curieux, il se rend au rendez-vous convenu, découvre un entrepôt dans lequel se déroule un mystérieux programme en phase de préparation, et rencontre le Professeur Danziger qui est à l'origine d'une innovation incroyable : Former des recrues méticuleusement triées sur le volet pour les envoyer dans le passé ! Evidemment Simon accepte de tenter cette folle expérience, d'autant qu'il aimerait profiter de l'opportunité pour éclaircir un mystère autour d'une lettre concernant la famille de sa petite amie Kate.

En tant que fervente adepte des voyages temporels depuis toujours, je ne m'attendais pas à une immersion aussi réussie ! Ici, pas besoin d'une technologie innovante pour faire le saut : un lieu ayant traversé les décennies, une aptitude innée pour l'auto-hypnose, et de solides bases d'imprégnation de l'époque où vous désirez atterrir, et le tour est joué ! 

C'est donc dans le célèbre Dakota Building classé monument historique national, que la bascule s'effectuera. L'immeuble situé au coin nord-ouest de la 72e rue et de Central Park West de Manhattan, construit en 1880, et toujours là de nos jours, devient le lieu et le point de passage idéal pour que Simon Morley y emménage et se prépare à ouvrir la brèche vers le passé.
« Il existe à New York d’autres bâtiments pratiquement inchangés, dont certains aussi beaux et beaucoup plus anciens ; pourtant, le Dakota est unique. Savez-vous pourquoi ? » J’ai secoué la tête.« Imaginez : vous vous tenez devant la fenêtre d’un appartement élevé, et vous regardez dans le parc ; par exemple à l’aube, quand les voitures sont rares. Tout autour de vous, un immeuble qui n’a pas changé d’un iota depuis sa construction, y compris la pièce où vous vous trouvez, et peut-être même le carreau à travers lequel vous regardez. Voilà ce que l’endroit a d’unique à New York : Tout ce que vous voyez dehors est également inchangé. »
Arrivée à ce tournant décisif du roman, celui où l'expérience va débuter, j'arrête là mon esquisse du scénario, pour vous livrer mes impressions sur ce roman.

L'histoire en elle-même n'est pas tant sensationnelle que la tangibilité qu'elle dégage ! Ce n'est pas un récit temporel complexe où les fils s'emberlificotent entre passé, présent, et futur. Evidemment, le souci de ne pas interférer dans le fleuve du temps est omniprésent, et devient un sujet de débat houleux au sein de l'équipe du projet. Mais la théorie de la brindille, comme quoi le temps serait un torrent gigantesque, et Simon une minuscule brindille jetée dedans et ne pouvant en affecter l'impétuosité, s'oppose aux précautions de l'inventeur de ce grand projet. Reste à découvrir si cette théorie s’avérera exacte une fois confrontée aux remous intempestifs des événements, à vous de le découvrir ;-)

Primant sur toute autre considération, le voyage aura été pour moi une incursion d'une rare authenticité dans un New York de 1882 plus vrai que nature. J'en suis même venue à me demander si l'auteur n'avait pas réussi à éprouver par lui même cette technique d'auto-suggestion permettant un stupéfiant bond dans le temps.

La lecture fût tellement fluide que je reprends volontiers l'image d'un fleuve sur lequel je me serais laissée guider lentement au fil de l'eau. Et si je n'ai pas ressenti l'intensité du courant, ni le tangage spatio-temporel présumé, c'est probablement parce que toute mon attention s'est focalisée sur l’ébahissement de Simon. Les berges de l'intrigue se sont laissées distancer par l'influence de son avidité et de son enthousiasme face à la stupéfiante redécouverte du passé de sa ville tant aimée. Piquée d'une curiosité contagieuse, je l'ai suivi comme un guide me tenant par la main et pointant du doigt toute les singularités d'antan.

Rarement un aperçu du passé ne m'aura semblé si réel, sans doute grâce aux descriptions et au souci du détail dont l'auteur est prolixe. Que ce soit dans la représentation des rues et des bâtiments, dans les comparaisons architecturales, les portraits, les attitudes, la mode vestimentaire de l'époque, et l'ambiance même !... Rien n'échappe à la grande sensibilité ainsi qu'aux yeux émerveillés du héros, confronté à toutes les métamorphoses que le gommage des années fait revivre. N'oublions pas que Simon est dessinateur et que son regard est aiguisé ! Et comme si ses descriptions détaillées ne suffisaient pas, il les augmente de croquis et de photographies prises sur le vif, et venant se superposer à son récit, donnant ce sentiment de peinture sociale et historique extrêmement vivante.
« Il y avait une photo que je désirais prendre par-dessus tout ; c’était même pour cela que j’avais pris l’appareil. J’ai donc emprunté le métro aérien de la Sixième Avenue jusqu’à la Vingt-Troisième Rue, puis gagné à pied l’intersection de Broadway et de la Cinquième Avenue toute proche. Là, à l’abri d’un magnifique réverbère en forme de candélabre – pourquoi diable l’avait-on enlevé ? – j’ai posé l’appareil sur le rebord d’un abreuvoir à chevaux et pris le cliché ci-dessus, en pose très longue pour éliminer la circulation fort dense. Voici donc, au fond à droite, le fameux bras de la statue de la Liberté, bien au-dessus des arbres de Madison Square. »

Une restitution aussi fidèle et réussie mérite d'être applaudie ! J'ai l'impression d'avoir visité la ville (qui ne sera surnommée The Big Apple que dans les années 1970) aux côtés d'un guide qui m'a ouvert les yeux et l'esprit sur un moment du passé qui a repris vie le temps de cette lecture. Cette expédition dans un jadis d'avant les deux terribles guerres, à l'intérieur d'une intemporelle bulle new-yorkaise à l'air propre, et aux rues éclairées de réverbères à gaz, me laissera de charmants et authentiques souvenirs. 

Même si le roman se suffit à lui-même, j'ai eu envie de retrouver Simon dans Le balancier du temps, mais le charme du précédent voyage n'était pas dans mes valises ! Trop de longueurs et d'attente m'ont laissées sur le quai du tome 2.


Un voyage savoureusement recommandé par : C'era una volta

Grand Prix de l'Imaginaire, roman étranger, 1994

vendredi 22 juin 2018

Challenge Summer Short Stories of SFFF - Saison 4


L'été étant enfin là, voici le challenge idéal !!!
Organisé cette année par Lutin, je suis ravie de m'y inscrire pour la première fois. Je n'ai pas de programme prédéfini à l'avance, seul le feeling guidera mes choix estivaux, dont vous retrouverez les chroniques répertoriées ici-même ;-)

Les règles sont les suivantes :

  • Le challenge est ouvert à tous les blogueurs.
  • Les inscriptions sont ouvertes pendant toute la durée du challenge.
  • Lire un maximum de livres, anthologies, et recueils de nouvelles de moins de 350 pages entre le 21 juin et le 23 septembre 2018.
  • Les nouvelles unitaires, les novellas de moins de 80 pages ne sont pas acceptées. Pas plus que les revues, magazines, comics, bandes dessinées.
  • Tous les genres de l’Imaginaire sont bien sûr concernés : Science-fiction, fantasy, fantastique, horreur etc…
  • Pour les lectures numériques, c’est le nombre de pages de la version papier correspondante qui fera foi.
  • Publier un avis sur le blog avec le logo ci-dessus (créé sur l’inimitable site du pulp-o-mizer)
  • Venir coller le lien dans le formulaire mis en ligne.

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Je vous souhaite un très bel été, et de savoureuses et rafraîchissantes lectures !!! 😎🍦

mercredi 13 juin 2018

Séance de rattrapage #13

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois de janvier, février, et mars 2018 classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

***************
(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  • L'Aube de la Nuit, T3 : Le Dieu nu, partie 2 : Révélation de Peter F. Hamilton (960 pages) : 7ème et dernière partie d'un magistral space-opéra, qui me plonge encore dans un état d'enivrante contradiction, entre la tentation d'abuser des superlatifs, et la sensation d'écrasante carence en mots justes pour résumer l'ampleur de ces milliers de pages lues ! Une Révélation qui porte son titre à merveille, faisant de ce dénouement un tome encore plus sensationnel que je l’espérais ! La seule évocation de la pétarade d'émotions fortes ressenties, dont je ne suis d'ailleurs toujours pas remise, fait que cette impressionnante fresque intergalactique restera dans mes annales de modeste lectrice, comme le prouve ma chronique 💙
  • Neverwhere de Neil Gaiman (495 pages) : Mon saut de passage à la nouvelle année s'est déroulé en bien bonne compagnie, puisque j'étais aux côté de Neil Gaiman ! Oui, je parle évidemment de l'incontestable Maître des clés, celui qui ouvre absolument TOUTES les portes, et en particulier celles que vous n'entrevoyez jamais, tant qu'à faire c'est plus marrant ^_^ Enfin marrant, pas tant que ça finalement... Si vous êtes curieux et suffisamment téméraire à l'idée de connaître les recoins les plus sombres de cette pittoresque enjambée vers un Londres d'en-dessous insoupçonnable, passez donc d'abord par le brumeux péage de ma chronique, mais à vos risques et périls, bien évidemment ;-)
  • Terreur de Dan Simmons (1056 pages) : Ah, voilà un autre monumental souvenir de lecture, celui de mon mois de février ! Un pavé qui m'a emmenée sur les traces historiques de l'expédition de John Franklin, partie en 1845 à la découverte du célèbre Passage du Nord-Ouest, et mystérieusement disparue en route. Les doigts engourdis par le froid, mais l'esprit plus vif que jamais, je me suis inclinée bien bas, mon bonnet de fourrure (synthétique évidemment ^^) à la main, face à la plume remarquable de Dan Simmons, celle-là même qui m'avait déjà faite vibrer avec Hypérion ❤ Aussi riche que glaçante en émotions, cette aventure sur la banquise aura été absolument passionnante. La chronique est à venir, le traîneau qui la transporte n'étant pas encore revenu de son périple :)
  • Ouragan de Laurent Gaudé (192 pages) : Un texte fort et poignant qui m'a laissée le souffle coupé lorsque je l'ai refermé. Quelque peu sonnée par la puissance de ce roman, et prise à bras le corps dans l’œil du dévastateur ouragan Katrina, je me suis laissée engloutir par les mots de l'auteur, et totalement submerger par une tempête d'émotions. Un conseil : Regardez la série Treme 😍, c'est grâce à elle que je suis là, à vous pousser vers ma chronique, au cas où le coup de vent esquissé 💨 ne vous aurait pas suffit :)
  • Le monde inverti de Christopher Priest : (348 pages) : Hé hé, autant vous l'avouer : Priest m'a bien eu !!! Pour une première rencontre avec l'auteur, je peux dire que l'expérience fût bien plus aiguillonnante que je ne m'y étais préparée. Il a joué avec mes perceptions le bougre, et s'est amusé à me désorienter, je pourrais même dire à m'illusionner, mais pour mon plus grand plaisir ! Séduite par mes petites errances en chemin, et absorbée par les suppositions, c'est avec avidité que j'ai arpenté les pages de cette histoire, confondue face à un panorama vraiment bluffant ! J'espère que ma chronique vous poussera à vous invertir, vous aussi !
  • Riverdream de George R.R. Martin (330 pages) : Combien de voyages mémorables George (que l'on ne présente plus ^^) me réserve-t-il encore ? Plusieurs, je l'espère ! Cette fois, ce n'est pas à Westeros ou Essos, mais dans l’Amérique du XIXe siècle, à bord d'un bateau à vapeur majestueux, que j'ai embarqué pour une fiévreuse traversée du Mississippi, au confluent des courants de Bram Stoker et Mark Twain, et servie par une ambiance tout à fait ensorcelante ! Si vous souhaitez retrouver l'essentiel de mon journal de bord, et découvrir pourquoi j'ai été complètement fascinée par ce beau et envoûtant roman vampirique, voici les clés de ma cabine pour aller jeter un œil à ma chronique.
  • Les maraudeurs de Tom Cooper (416 pages) : Marauder dans le bayou n'est pas sans risque, je le savais déjà ^_^ C'est un circuit rude et accidenté que m'a réservé cette lecture couleur d'ébène. Là où elle elle m'a emmenée, la nature, les individus, et la vie en général, sont salement amochés. Une destination poisseuse, où la violence rôde, prête à vous tirer vers le fond, mais qui cache aussi dans les profondeurs de la brume, de beaux petits îlots d'humanité, et d'émotions brutes. Un roman noir très réussi, et une expérience livresque que je vous recommande dans ma chronique, si vous n'êtes pas des petites natures, trop facilement impressionnables, bien sûr 😁
    • Le tyran des songes de Oren Miller (494 pages) : Choisi dans un élan proche de l'exigence, ce roman est tombé à point nommé devant un pressant besoin de légèreté ! Bien contente d'avoir remisé dans les sombres corridors de mes pensées mes préjugés face aux histoires d'adolescents élus, j'ai finalement passé un épatant moment de détente avec une histoire qui fût bien plus consistante que je ne m'y attendais ! Dotée d'un univers suffisamment prenant, et d'un casting étoffé de divines célébrités, c'est de bon gré que j'ai adhéré à l'intrigue. Et pour tout vous dire, j'y ai même trouvé un humour noir savoureux et décalé, mais surtout mortellement bien incarné par le personnage de La Mort, qui a incontestablement fauché mes dernières réserves 😇
    • La malédiction de Norfolk de Karen Maitland (652 pages) : De conspirations étouffées dans l’œuf, en diableries beaucoup trop diluées dans le chaudron, voire carrément renversées avant ébullition, ces retrouvailles avec l'auteure ont été une succession d'attentes déçues. et de PLOUF retentissants ! Heureusement que les sorts de L'herbier de la mandragore étaient là pour me permettre de me raccrocher aux branches, évitant le naufrage total de justesse ! Mais le charme n'a pas opéré, comme vous le révélera ma chronique, dommage...

    🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷🌷

    Je sais, je sais... vous avez raison, cette première séance de rattrapage de l'année arrive bien tardivement ^_^ Mais maintenant qu'elle est enfin là, j'espère que vous vous réjouirez de son contenu ;-) Laissons de côté les retards de publication devenus coutumiers, pour nous intéresser de plus près à ce qui s'est passé 😊 :
    • 9 romans lus (4943 pages), dont 4 coups de 💓 
    • 2 inscriptions à de nouveaux challenges : 
    et ma fidélité toujours renouvelée au 
    Challenge de la Licorne 4ème édition
    • 2 excellentes surprises 💕 :
    - D'abord, celle de faire partie des gagnants ex-æquo du concours organisé pour les deux bougies soufflées par un généreux Lutin. Ayant décidé de laisser le petit peuple me surprendre, j'ai eu la joie de remporter un lot judicieusement personnalisé, et composé de titres follement enthousiasmants. Parmi eux, La trilogie de l'empire de Janny Wurts et Raymond E. Feist dont je me délecte à l'heure où j'écris ce billet, mais aussi Les instrumentalités de la nuit de Glen Cook un auteur que je vénère encore pour ses Annales de la Compagnie noire, et d'autres...
    Voici mes séduisants présents en images (un petit clic sur les couvertures vous en apprendra plus) :
        
      
    ... Si tu passes par ici mon cher Lutin, MERCI 😍

    - Et comme j'ai été très sage, et que le Père Noël a magnanimement estimé que je n'avais pas été suffisamment gâtée, j'ai remporté 1 abonnement numérique de la première saison de l'étrange grâce au Concours proposé par Les pipelettes en parlent !
    MERCI à mes Pipelettes préférées, et au Maître de l'étrange pour ce lot. Je suis ravie !!! 😊

    Voilà que s'achève cette séance ! J'espère que vous y avez trouvé des inspirations livresques, et/ou des souvenirs de lectures passées. J'attends vos retours avec grand intérêt !
    Bonnes découvertes, et à bientôt 😘

    jeudi 31 mai 2018

    Le monde inverti de Christopher Priest



    Synopsis : Helward Mann est l'un des habitants de la cité Terre, une mégalopole progressant sur le sol inconnu d'une planète effrayante. Il ne sait rien de l'extérieur et doit maintenant jurer qu'il ne révélera jamais ce qu'il y découvrira.
    Mais le long des rails qui mènent à l'optimum, Helward découvrira un monde dominé par le chaos et la barbarie, des paysages déformés, éclairés par l'hyperbole du soleil.

    Titre original : Inverted World (1974)

    Science-fiction - 348 pages - Editions Folio SF (2002)

    Voici enfin révélé mon premier Priest ! Si ce roman est à l'image de toutes les bonnes surprises que me réserve la bibliographie de cet auteur, je me dis que mon instinct de lectrice a été vraiment bon de lui ouvrir en grand les portes de ma pile à lire avec plusieurs de ses titres ;-)

    Je vous parlais d'une sensation de "déjà vu" dans ma chronique de L'oiseau d'Amérique de Walter Tevis. Et bien là, pour le coup, c'est carrément l'inverse ! J'ai perdu tous mes repères d'emblée, pour partir à la découverte d'une ville sans pareil.  Une ville en perpétuel mouvement, conçue pour avancer sur des rails, vous imaginez le délire des ressources utilisées... Mais dans quel but ?
    Me voilà donc partie sur les chemins de la compréhension, avec les yeux, et toutes les autres perceptions du héros, dans une déroutante expérience de désorientation, sans boussole, et mystérieusement initiée dès les premières lignes du roman :
    J’avais atteint l’âge de mille kilomètres. De l’autre côté de la porte, les membres de la guilde s’assemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Moment d’impatience et d’appréhension, concentration sur quelques minutes de toute ma vie jusqu’alors.
    J'aime être déstabilisée, et là, j'en ai eu pour mon compte, tant cette histoire fût saisissante !
    Jamais à cours d'hypothèses pour comprendre les rouages de cette ville, et les raisons de ce déplacement sans fin, j'ai tenté d'évaluer la nécessité et le but ultime des Guildes misent en place pour la sauvegarde de cet exigeant transport, tout en essayant de découvrir pourquoi lier d'un si lourd serment tout ceux qui s'y employaient.
    J'ai exploré les alentours avec la même soif de compréhension que le jeune Helward, partageant les étapes de son apprentissage, de ses questionnements, mais aussi de ses doutes. Et je suis allée de conjectures en suppositions, tentant même une réappropriation de l’espace et du temps, avec l'avidité de trouver le bon angle de prise pour y reprendre pied, et rationaliser ce que je voyais.

    Car c'est bien en cela que Priest excelle : nous embarquer dans un environnement déstabilisant, empli de stimuli dont l'implication nous échappe ! Il ne veut pas nous perdre, mais pas non plus nous tenir par la main vers les bonnes réponses. Il préfère nous balader un peu en chemin, nous tester afin de savoir jusqu'à quel point il peut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. J'adore !!!

    Il m'a donné envie de tourner les pages et de suivre les personnages avec une ardeur déconcertante. Prise d'une sorte de crise intense d'extrapolations, de frénésie de compréhension, je suis arrivée au bout du voyage, découvrant sa réalité finale, en me disant : « Bien joué ! » devant ce nouvel horizon révélé.
    Une vérité qui prend tout son sens, et incite à se repasser les détails de l'expédition, éperonnant nos pensées pour revenir sur les traces de tous les petits cailloux semés en route pour nous remettre sur la bonne voie.

    Evidemment, je ne peux pas vous dessiner la carte de cet itinéraire livresque, l'errance fait partie du plaisir ressenti, faisant de l'irrationalité du paysage admiré et l'étendue de sa perspective finale, des souvenirs uniques !
    Revigorée par mes pérégrinations et par le dépaysement éprouvé, je me perdrai bien volontiers dans l'univers d'un autre Priest, dès que j'en aurai l'occasion.

    Croyez-le ou pas : une lectrice invertie en vaut deux !!! 😉
     Ce roman a reçu le prix British Science Fiction en 1975

    lundi 14 mai 2018

    L'Aube de la Nuit (7 tomes) de Peter F. Hamilton

    Attention, aujourd'hui, je vous envoie du lourd, du consistant, du volumineux ! Et pour partager ma monumentale révélation en science-fiction de ces derniers mois, savourée avec un estimé ami co-lecteur qui se reconnaîtra et que je remercie infiniment au passage, je vous préviens que les superlatifs seront largement utilisés et abusés, impossible d'y échapper devant un tel coup de 💙

    L'Aube de la Nuit se compose de 7 tomes, découpés en 3 épisodes, comme suit :

    - Rupture dans le réel (The Reality Dysfunction), publié en 1996 en 3 tomes :
      Genèse, Émergence, & Expansion
    - L'Alchimiste du Neutronium (The Neutronium Alchemist), publié en 1997 en 2 tomes :
      Consolation, & Conflit
    - Le Dieu nu (The Naked God), publié en 1999 en 2 tomes :
      Résistance, & Révélation

    Pour moi, ces tomes forment un tout indissociable, expliquant mon choix de ne pas les chroniquer séparément. Ils sont la somme d'un seul et même copieux roman. On me souffle d'ailleurs dans l'oreillette qu'il compte plus de 10 millions de signes, soit plus de 6000 pages en version livre de poche, ce qui en fait le plus long roman de science-fiction !
    Humm, je ne résiste surtout pas à l'envie de jouer la fiérote en l'exposant, tel un trophée *_*

    Vous savez que je n'aime pas trop en dire sur une histoire, afin d'en préserver la saveur inédite. C'est pourquoi ce billet n'aura pas la prétention de réussir à vous révéler l'étendue de cette oeuvre unique, d'ailleurs la tâche serait bien trop inaccessible à mes modestes capacités de blogueuse...
    Ce que je peux tenter de vous communiquer en revanche, c'est combien je suis encore ébahie par le vertige ressenti, et par cette impression durable qu'il y aura un avant et un après Aube de la nuit dans ma vie de lectrice, me rappelant d'une pierre deux coups, combien la SF de ce niveau comble mes attentes, et ce, bien au-delà de mes espérances.
    L'Aube de la nuit, est un savant mélange de space opera teinté d'horreur. Mais il s'agit avant tout d'un roman de SF foisonnant de très grande envergure !

    Son scénario repose sur l'idée d'une crise sans précédent que doit affronter l'humanité du XXVIIe siècle, à savoir l'ouverture d'une brèche avec l'au-delà, permettant aux morts de prendre possession du corps des êtres humains vivants, et d'en faire des êtres dotés de pouvoirs énergétiques terrifiants.
    Oui, mais pour couvrir l'équivalent de 6000 pages, vous imaginez bien que nous sommes loin d'une simple histoire de revenants version inter-galactique. Surtout si vous connaissez un tant soit peu Peter F. Hamilton.

    Cet auteur britannique de science-fiction, surtout connu pour ses œuvres de space opera, n'a pas la réputation de ménager ses effets. Preuve en est : avec cette Aube de la nuit, la corne d'abondance de Peter F. Hamilton a fait jaillir un fleuve (n'ayons pas peur des mots) prodigieusement bouillonnant.
    Une histoire passionnante, servie par une débauche d'effets spéciaux et de planètes et mondes sidérants, tous habilement imaginés pour servir de décor à une flopée de personnages, humains et espèces xéno confondus, et en faire un univers débordant d'imagination.
    L'action est également au rendez-vous grâce à des combats spatiaux captivants et maîtrisés, des scènes d'affrontements entre humains vs possédés à couper le souffle, et un suspens de folie, sans tomber dans l'écueil du too much, tant l'équilibre est juste parfait !

    Mais avant d'en arriver là, il faut poser les bases ! Ce que fait l'auteur avec force minutie dans Genèse, le premier tome, dont les 200 premières pages ne sont pas toujours d'une grande fluidité. Il faut laisser le temps à la colossale machinerie hamiltonienne de se mettre en branle, à l'instar de nos neurones, pour assimiler quantité d'informations. Mais croyez-moi sur parole : cela vaut vraiment le coup !!!
    Tout est soigneusement pensé, finement élaboré, pour faire décoller une histoire qui se révélera impressionnante.

    D'abord, visualisons le contexte de ce XXVIIe siècle : La Confédération est ce qui pourrait s'apparenter à un rassemblement interplanètaire de l'humanité, divisé en deux : d'un côté les adamistes, et de l'autre les édénistes.

    - La plupart des humains sont adamistes (tous les non Édénistes en fait), dont la majorité possèdent une religion et rejettent du même coup les technologies ou biotechnologies (améliorations bioteks) bannies par le pape durant le XXIe siècle, sans pour autant écarter l'utilisation d'implants nanotechnologiques (appelés « naneuroniques »). Leurs vaisseaux étant propulsés à l'He3 (combustible sur lequel est basé l'économie humaine), et utilisant la technologie TTZ pour voyager plus vite que la lumière, ils ont colonisé quantité de planètes ou d'astéroïdes.

    - Les Édénistes quant à eux, ont développé une culture unique, idéaliste et égalitaire ne reposant sur aucune religion. Se revendiquant athées, ils sont fondamentalement tolérants, utopistes, et ont un gouvernement unique nommé « Consensus », composé de tous les Édénistes incorporés dans une conscience collective représentant la volonté de chacun. Ils vivent sur d'immenses stations spatiales appelées « habitats » qui orbitent autour de géantes gazeuses, et qui s'apparentent à des organismes vivants dotés de conscience. Pour communiquer, ils utilisent l'affinité (sorte de télépathie hyper avancée) avec n'importe quel organisme biotek possédant le gène de l'affinité.

    Voilà pour les bases !
    Ensuite, dans une alternance de lieux et d'environnements assez bluffants, Hamilton fait les présentations de tous ceux qui vont nous accompagner durant plusieurs semaines de lecture, et malgré leur nombre, impossible de ne pas les garder en tête tant ils sont charismatiques.
    Deux se détachent dès le début, tels l'ombre et la lumière du roman :

    - Joshua Calvert, est un récupérateur (sorte de fouilleur de détritus) qui explore l'anneau d'un habitat biotek établi en orbite, à la recherche du gros coup qui lui permettrait de changer de vie. Ce jeune homme hardi et ambitieux, rêve de pouvoir faire réparer le vaisseau de feu son père, et de piloter le Lady Mac, afin de sillonner la galaxie et quitter son existence actuelle. Joshua est intelligent, pilote hors pair, courageux, doué d'un intuition étonnante, et très séduisant de surcroît. Vous avez certainement deviné de quel côté il se trouve ;-)

    - Quinn Dexter, après une enfance désœuvrée passée dans un ghetto sur Terre, a trouvé la révélation au sein d'une secte sataniste glorifiant un dénommé Porteur de Lumière luciférien. Devenu un déporté suite à une arrestation, il est envoyé sur Lalonde, une planète au stade 1 de la colonisation, sur laquelle ce prétendu envoyé du "Frère de Dieu", empli de vengeance et de malfaisance, entend bien mettre ses sombres projets à exécution. Je parie qu'il vous glacera le sang dès les premières minutes !

    En dehors de ces deux-là, les chapitres ne nous ménagent pas niveau casting ! Les personnages féminins sont d'envergure et détiennent des positions cruciales dans l'histoire. Que se soit Ione Saldana, subtile et étonnante seigneur d'un habitat. La vaillante Louise Kavanagh fille d'un riche propriétaire mêlée malgré elle aux terribles événements. Ou encore la double et indomptable Marie Skibbow / Kiera aux ressources inépuisables, elles sont toutes sensationnelles, et en ont, si vous voyez ce que je veux dire ;-)

    Mais comme si cela ne suffisait pas, bon nombre de protagonistes non secondaires, ainsi que d'étonnantes races extraterrestres, entrent aussi dans la dance, et s'invitent dans cette gigantesque fresque interstellaire. Passant des uns aux autres avec un intérêt grandissant, c'est sans embûche que les différents décors prennent forme autour d'eux, comme autant de portes ouvertes sur des lieux démesurés dont l'exploration promet des moments passionnants.
    Pour une telle épopée spatiale, Hamilton nous prouve qu'il sait modeler l'espace à sa guise ! C'est au sein d'une confédération grouillante d'inventivité que va se jouer l'avenir de l'humanité avec cette crise de la possession. Voilà encore une autre, et non des moindres, multiples raisons de la réussite de cette histoire : la richesse de son environnement.
    Tenez-vous le pour dit : Peter F. Hamilton est un habile façonneur de planètes ! Un magicien de l'univers que rien n'arrête, et dont les mondes vous scotchent à votre fauteuil, les yeux remplis d'admiration *_*

    Cette idée de brèche ouverte avec l'au-delà, donnant la possibilité aux morts (célèbres pour certains d'entre eux, imaginez un peu "THE big circus" !) de récupérer un corps et de mettre la galaxie en effervescence, est furieusement géniale, pour peu que l'on s'en donne les moyens. Et c'est le cas ! Question ressources, déploiement, action, terreur, péripéties... j’en passe et des meilleurs, sachez que ça dépote à l'antimatière !

    Mais derrière cette folle démonstration se cache aussi une véritable et intense réflexion sur l'humanité et son devenir spirituel. Nous ne sommes pas face à une vaine dépense d'énergie et d'exhibitions pyrotechniques, mais plutôt devant une oeuvre de SF qui n'en finit pas de nous questionner et de nous ouvrir l'esprit, à l'exemple de cette fin, que je qualifierai de magistrale !!!

    Mais voilà... c'est fini ! Et depuis, tout me semble fade et inconsistant, réalisant du même coup que ce sentiment durable est un effet "post-reading" assez déstabilisant, mais aussi gage d'une intensité trop rarement éprouvée !

    J’espère sincèrement ne pas vous avoir perdu en cours de route, mais comment en faire moins ?
    Et au cas où je n'aurais pas été suffisamment explicite : je vous autorise à ne garder à l'esprit que l'essentiel de ce billet, à savoir que j'ai été captivée, épatée, émue, étourdie, et surtout définitivement possédée *_*
    En bref : IL FAUT ABSOLUMENT LIRE L'AUBE DE LA NUIT, les 7 tomes ou rien, c'est aussi simple que ça ! Ne vous laissez pas intimider devant l'ampleur de la tâche, surtout si vous devez en ressortir dans le même état d'esprit que moi : durablement transformée 😍