dimanche 16 février 2020

Blog en hibernation

Illustration Kitty-Grimm



Le blog entre en hibernation, histoire de rallumer la flamme, de se refaire une petite santé, de retrouver le goût d'écrire, et surtout de faire renaître l'envie :)
Peut-être que le printemps y pourvoira, qui sait ?
En attendant, lisez-bien, et comptez sur moi pour faire de même 😘


samedi 15 février 2020

Séance de rattra'pages #28 [décembre 2019]

Ce rendez-vous est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques. Il me permet de les passer en revue, et d'échanger à leur sujet en votre enrichissante compagnie. C'est aussi un bon moyen de ne pas les laisser tomber dans l'oubli, et d'en garder la trace, à l'image des précédentes.

Voici donc le tour d'horizon de mes lectures du mois de décembre 2019
Les favoris sont facilement repérables grâce à leur indice de réminiscence, révélé en nombre de ✨
(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
DÉCEMBRE

Les Aventuriers de la Mer, tome 9 : Les Marches du trône de Robin Hobb (376 pages), publié en 2000 : Voilà c'est fini ! Je ne réalise pas encore le nombre de pages (et d'heures !) passés avec ces mémorables Aventuriers. Les émotions ont été intenses, et cette lecture commune avec Itenasara aura vraiment ressemblé à une impétueuse traversée au long cours, que je ne suis pas prête d'oublier ! Ce dernier tome n'est pas une fin, mais débouche sur un confluent qui rejoint le cycle de L'Assassin Royal au niveau du tome 7. Je pose mes rames quelques temps avant de m'y engager. Je souhaite m'imprégner de ce cycle des Aventuriers de la Mer, avant de plonger vers la suite. Rien ne presse ! Ces neuf tomes n'ont pas été qu'une simple étape sur le grand itinéraire prévu, ils ont représenté une tranche de vie partagée avec des personnages attachants. Je sais que l'envie de les retrouver et de répondre à l'appel de Robin Hobb deviendra une évidence en temps voulu, mais pas tout de suite... Laissez-moi me remettre, et savourer encore un peu :)
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💝

Que passe l'hiver de David Bry (400 pages), publié en 2017 : Un solstice d'hiver passé à... me fondre dans ce récit de fantasy, pour me perdre dans une blancheur infinie et un silence assourdissant, m'emportant vers un ailleurs saisissant. Un huis-clos de givre, emprisonnant les 30 strophes d'une ode initiatique sculptée dans la glace, et dont l'emprise de marbre se resserre dès les premiers vers. J'ai marché dans une neige rougie de sang et sous un ciel plombé de mauvais augures, la vapeur du souffle balayée par un vent chargé de cendres funestes, et le sel des larmes cristallisé avant d'atteindre le sol. Je me suis tenue à la croisée d'un monde dont l'avenir se tisse au bord de la montagne du destin, sur lequel souffle la bise polaire d'une tragédie en devenir, afin d'assister au drame qui se noue, impuissante et transie. Que passe l'hiver, oui... mais pas le souvenir de cette lecture, comme le prouvent les empreintes laissées dans la neige, et destinées à vous mener jusqu'à ma chronique.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💝

Gwendy et la boîte à boutons de Stephen King et Richard Chizmar (160 pages), publié en 2017 : Je suis ravie d'avoir placé cette succulente novella sur le buffet de mes gourmandises de fin d'année. Comme un seul et unique des fabuleux chocolats de la boîte confiée à Gwendy, cette histoire rassasie autant que le contenu d'un généreux ballotin. Sa saveur délicieusement inimitable vous reste longtemps en bouche et provoque les frissons attendus. Petite mais costaude donc, puisqu'elle aborde des thèmes comme l'enfance, le pouvoir, le poids du secret, ou encore le sens des responsabilités... il est impossible de ne pas y succomber. Écrite à quatre mains, et agrémentée de jolies illustrations, Stephen King a déclaré à son sujet : « J'avais une histoire que je ne parvenais pas à terminer, et Richard Chizmar m'a montré le chemin avec style et panache ». Richard Chizmar quant à lui, affirme que les deux auteurs en ont écrit une partie, chacun leur tour. Une chose est sûre ; ces deux-là se sont bien trouvés, et nous exaucent déjà avec une suite appelée Gwendy et la plume magique qui nous fait saliver à l'avance 🤤
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💝

Les mystères d'Udolphe de Ann Radcliffe (617 pages), publié en 1794 : Non, vous ne rêvez pas ! Ce petit bijou de littérature gothique a plus de deux siècles. Découvert grâce à sa version audio, il s'est installé sur la troisième place de mon podium spécial classiques 2019. J'ai pris énormément de plaisir à écouter ce texte, et tiens à saluer le travail de la donneuse de voix Orangeno, qui a su donner vie à Émilie Saint-Aubert, l’héroïne de cette histoire, avec une grande justesse et une douceur teintée de mélancolie. Le style n'est pas boursouflé, mais au contraire embelli par la patine du temps qui lui sied à merveille. Mon souvenir restera une alternance d'ombres et de lumière, de beauté et de mystère, de douceur et de tourments. Aux magnifiques descriptions des paysages traversés, où la nature est intensément célébrée, succèdent des moments de fiévreuse captivité dans un château empli de frayeurs superstitieuses, et dans lequel la jeune Émilie endure mille agitations. Elle pleure, tressaille, se languit, s'alarme souvent, avec la tournure propre aux écrits de l'époque, mais sans emphase outrancière. Face aux périlleux incidents rencontrés, les émois amoureux ou les craintes exacerbées de cette jeune fille, ne sonnent jamais faux. Et le point fort de ce récit tient aussi à cette touche de mystère, qui jusqu'à la fin interroge sur sa véritable nature, réelle ou surnaturelle ? Je vous laisse le découvrir par vous même ;)
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨

Monkton le Fou de W. Wilkie Collins (114 pages) publié en 1855 : Je brûlais d'impatience à l'idée de découvrir enfin un texte du grand Wilkie Collins, le fidèle ami de Charles Dickens. Mon choix s'est instinctivement porté vers ce Mad Monkton, au charme fantastico-gothique anglais de cette époque victorienne que j'apprécie tant. Cette histoire de sinistre prophétie familiale tient toutes ses promesses grâce à un suspense subtilement dosé, une atmosphère lugubre installée avec finesse, et une montée en puissance aussi fascinante que captivante. La plume de l'auteur m'a conquise, faisant immédiatement naître l'évidente nécessité d'en dévorer davantage ! Pour preuve, à l'heure où j'écris ces lignes, je suis déjà en compagnie de sa mystérieuse Dame en blanc.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

Le volcryn de George R. R. Martin (173 pages), publié en 1982 : Après un huis clos de givre avec Que passe l'hiver, place maintenant à un huis clos spatial horrifique, oppressant à souhait, et grâce auquel ce très estimé George nous scotche une fois encore à notre fauteuil, de la toute première à la dernière ligne. Imaginez un peu : Une étrange mission à la recherche d'ombreux vaisseaux extraterrestres immémoriaux et insaisissables (rien que ça, j'embarque de suite !). Un commandant au comportement très déroutant pour ne pas dire flippant, et un équipage constitué de personnalités atypiques et pas tous très rassurants non plus. Et vous voilà pris dans la nasse d'un récit oppressant, et sacrément efficace ! On ne s'étonnera pas qu'il ait remporté le prix Analog, et le prix Locus du meilleur roman court en 1980/81. Adapté en film en 1987, et en série en 2018, sous son titre original de Nightflyers, je suis surtout curieuse de voir cette seconde adaptation, plus réussie que la première paraît-il. Avez-vous des retours de visionnages à partager ? Ce n'est pas après ça que je vais me lasser des écrits de l'auteur ! Prochain arrêt sur la ligne GGRM : Skin Trade, et j'ai déjà les crocs rien que d'y penser 😁
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨

Les étoiles sont légion de Kameron Hurley (416 pages), publié en 2017 : Cette première lecture de la récente collection Albin Michel Imaginaire me laisse sur un sentiment un peu mitigé. J'ai beaucoup aimé le concept passionnant des vaisseaux-mondes organiques. C'est pour moi la grande réussite de ce roman, et rien que pour cela, il mérite vraiment le détour ! J'ai moins accroché au déroulement du récit, et à sa conclusion un brin précipitée. Un petit voile opaque m'a accompagnée tout du long et ne s'est jamais totalement levé, m'empêchant de m'ancrer à une histoire ressentie comme trop tortueuse. En bref : un univers vraiment exceptionnel et avec un potentiel immense, mais desservi par des chemins narratifs détournés et trop sinueux à mon goût. Une fin plus élaborée aurait été la bienvenue également. Mais je sais que ce roman a trouvé ses lecteurs et j'en suis ravie ! Je n'ai certainement pas su l'appréhender de la bonne manière, mais ne regrette absolument pas le voyage pour autant :)
Indice de réminiscence : ✨✨✨

Connaissez-vous ces titres ? Certains vous tentent-ils ?
Ouf, me voici enfin arrivée au terme de cette série de rattra'pages intensifs 😅

Pour cette dernière séance, voici l'essentiel de mon année 2019 en une seule image ! Cette année écoulée a également été celle d'un intérêt renouvelé pour les classiques, notamment grâce au format audio qui s'y prête admirablement bien.
Je ne sais pas ce que ce rendez-vous va devenir... S'il va s'arrêter ou se métamorphoser ? Je n'arrive jamais à tenir les délais, et j'ai l'impression de les écrire avec de plus en plus de difficultés, au détriment d'avis moins pertinents que désirés. Wait and see...
Ciao tutti 😘

lundi 3 février 2020

Terminus de Tom Sweterlitsch

Synopsis : Depuis le début des années 80, un programme ultrasecret de la marine américaine explore de multiples futurs potentiels. Lors de ces explorations, ses agents temporels ont situé le Terminus, la destruction de toute vie sur terre, au XXVIIe siècle.
En 1997, l'agent spécial Shannon Moss du NCIS reçoit au milieu de la nuit un appel du FBI : on la demande sur une scène de crime. Un homme aurait massacré sa famille avant de s'enfuir. Seule la fille aînée, Marian, 17 ans, serait vivante, mais reste portée disparue. Pourquoi contacter Moss ? Parce que le suspect, Patrick Mursult, a comme elle contemplé le Terminus... dont la date s'est brusquement rapprochée de plusieurs siècles.

Titre original : The gone world (2018)
Science-fiction - Thriller - 440 pages
Editions Albin Michel Imaginaire (2019)

Après Les étoiles sont légion de Kameron Hurley, voici ma seconde incursion du côté de chez Albin Michel Imaginaire, dont la ligne éditoriale me vend du rêve *_*
Quelle lecture ! Et quelle magnifique couverture d'Aurélien Police ! Il n'y a pas à dire, tout est ici réuni pour que Terminus me reste en mémoire.

« Il semble, si je ne me trompe, que vous lisiez facilement dans l'avenir, tandis que le présent est voilé pour vous »
DANTE, L'Enfer, chant X

Dans un mélange des genres habilement fouetté (et les initiés comprendront qu'ici le fouet a une importance cruciale 😉), c'est un mix homogène tout a fait génial que nous offre Tom Sweterlitsch avec ce roman.

Après le glaçant prologue horrifique qui nous débarque en l'an 2199, dans un décor cauchemardesque à l'ambiance quasi hallucinogène, le récit débute en 1997 sur un appel reçu en pleine nuit par l’agent spécial Shannon Moss du NCIS, suite au meurtre d'une famille, dont le père (principal suspect) est un SEAL porté disparu dans un programme de voyage dans le futur appelé Eaux profondes, et dont Moss fait également partie.

Là démarre un thriller particulièrement efficace et difficile à lâcher, grâce à l'enquête de Moss, et à son obsession de retrouver à temps la fille aînée, seule rescapée du massacre. Cette haletante course contre la montre policière est habilement rehaussée au cran supérieur de time-opera grâce aux bondissants allers et retours entre présent et futurs potentiels (pas parallèles, attention la différence est primordiale ^^) effectués par Moss, pour les besoins de ses investigations.

Mais un sablier d'une toute autre envergure s'est aussi retourné : celui de l'apocalypse !
Chacun de ses grains écoulés rapproche l'arrivée du Terminus. Un trou blanc qui apparaîtra dans le ciel et provoquera la fin de l'humanité, par des moyens que je vous laisse découvrir. Seule précaution : avoir un cœur bien accroché face à l'éventualité d'être retourné 😱

Moss sait très bien à quoi s'en tenir face au Terminus, elle y a laissé sa jambe en 2199, lors de l'un de ses voyages en Temps Profond.
Car dans le présent de 1997, cela fait déjà une bonne vingtaine d'années que l'on peut se balader dans le temps (coucou l'uchronie, au passage !). Et c'est au cours de l'un de ces bonds dans le futur, vers l’an 2666, que l'on a découvert la potentialité du Terminus pour la première fois.
Sauf que l'écoulement du sablier s'accélère, et que chaque incursion dans le futur constate qu'il se rapproche de plus en plus vite ! La station ultime de l'espèce humaine ne cesse de gagner du terrain. Pourquoi ? Et comment l'arrêter ?

Quand, et comment le télescopage de l'enquête et de cette sinistre temporalité se produira-t-il ?
En chemin, gardez les yeux bien ouverts. Même si l'auteur fait preuve d'une grande maîtrise pour ne pas nous perdre, une fois en route vers le Terminus, n'y soyez plus pour personne ! Le final n'en sera que meilleur ;-)
Et même si j’aurais aimé être un peu mieux préparée à l'immersion en Eaux Profondes, et en savoir davantage sur l'impact des NET par exemple... j'ai été véritablement bluffée !

Dans une alliance des genres extrêmement solide, le récit est brillamment déroulé, et même balisé, pour peu que l'on regarde dans la bonne direction. J’ai beaucoup apprécié le rayonnement de son arc narratif, avec ses jeux de miroirs et ses échos répétés, absolument renversants !
L'héroïne est attachante et fermement ancrée dans l'histoire. Son choc post-traumatique, et l'effet boomerang qui en résulte, donne une force authentique à cette femme constamment ballottée entre plusieurs avenirs appelés TFI, trajectoires futures inadmissibles.
« Inadmissibles » parce que l’avenir était versatile – les futurs qu’explorait le NSC n’étaient que des possibilités nées des conditions du présent.
L'ambiance est sombre, horrifique, glauque (jusque dans l'emploi de la mythologie nordique représenté par Naglfar), et de plus en plus cauchemardesque à mesure que l'on s'approche du Terminus, donnant une rémanence troublante à certaines scènes.

Que dire d'autre ? Tellement de choses... mais ne comptez pas sur moi pour vous divulgâcher les étapes essentielles jusqu'au Terminus.
C'est un roman qui se déplie comme le plus ingénieux des origamis (certains diront puzzles), et dans lequel se niche un dessein final à l'intensité inouïe. N'attendant qu'à être minutieusement déployé, le plaisir d'examiner chaque détail de ce savant pliage et d'en concevoir toute l'ampleur n'en sera que meilleur :) Préparez-vous à pousser un WAOUH d'admiration à l'étape ultime 😲

Je te dédie ce billet, fidèle ami co-lecteur, et te remercie de m'avoir accompagnée jusqu'à ce saisissant Terminus :)

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