dimanche 26 janvier 2020

La Chanson d'Arbonne de Guy Gavriel Kay

Synopsis : Bien qu'ils soient voisins, les pays de l'Arbonne et du Gorhaut semblent aussi différents que le soleil l'est de l'astre de la nuit.
Au sud, les oliviers et les vignes de l'Arbonne s'épanouissent alors que les troubadours célèbrent l'amour courtois, la joie de vivre et la déesse Rian. Au nord, la terre sombre et austère du Gorhaut porte un peuple de farouches guerriers qui ne jurent que par l'épée et adorent Corannos, le dieu mâle.
Gouverné depuis peu par Adémar, roi cruel et mesquin, le Gorhaut est sur le point d'envahir l'Arbonne, affaibli par la lutte intestine de deux de ses principaux ducs, Bertran de Talair et Urté de Miraval, et gouverné par une femme, Cygne Barbentain.
Face à l'armée du Gorhaut soutenue par la colère de Corannos, les chances de l'Arbonne paraissent bien minces. Mais le pays de l'amour courtois est aussi celui de la magie et des passions : Béatrice, la prêtresse aveugle de Rian, son hibou blanc sur l'épaule, et Blaise, un mercenaire du nord venu se mettre au service de l'Arbonne afin de mieux contester l'autorité d'Adémar, pourront peut-être infléchir le cours de la guerre !

Titre original : A Song for Arbonne (1992)
Fantasy historique - 624 pages - Editions L'Atalante (La Dentelle du cygne) (2019)
Illustration John Howe
 Je m'en vais vous conter la Chanson d'Arbonne.
Célébrée sous Riannon la bleue, et la blanche Vidonne,
ses deux lunes qui, dans les cieux, se font la révérence,
quand vient de se coucher, l'éclatant soleil de Provence.
Le récit est, de la toute première ligne, à l'ultime mot posé,
empli des douces fragrances du sud, et subtilement chanté. 

Imaginez d'abord le pays : la France d'un 13ème siècle revisité,
Que l'auteur met ici à l'honneur, de manière bien inspirée.
En une région semblable à celle de notre Occitanie médiévale,
il y peint un tableau à la gloire du charme provençal,
un temps où l'histoire savait se passer de vains discours,
préférant laisser la gloire aux élégants mots des troubadours.. 

« Nous vivons nos vies pour qu'elles deviennent leur musique. »

Mais si vous croyez que dans les pages de ce récit,
on ne parle qu'amour courtois, musique, et poésie,
sachez que sur les terres sillonnées par les ménestrels,
s'enracinent aussi haines tenaces, et vieilles querelles.
Que ce soient dettes d'honneur ou tristes deuils de coeur,
en Arbonne, les comptes se régleront à une certaine heure.

Pendant qu'au Nord, les guerriers du Gorhaut rêvent de conquête,
et que leur roi stupide, d'un prélat devient la marionnette,
dans la douceur du Sud, c'est derrière le son du luth,
que l'on écoute La Grande Prêtresse, pour anticiper la lutte.
Aveugle, sur son île de la Déesse, elle fait appel à ses visions,
et perçoit un homme, toujours au cœur de ses prédictions.

« Nous devons agir conformément à notre nature, sinon nous devenons nos propres ennemis. »

À la Cour d'Amour, ce sont les femmes qui usent de pouvoir, 
elles savent manigancer, avec habilité, charme, et devoir.
Quand les hommes d’honneur et d’art, iront seuls contrer,
les hordes de ces barbares, venus allumer des bûchers,
Qui, de la déesse Rian, ou du sombre Corannos,
prélèvera le plus de sang dans cette bataille féroce ?

Et plutôt que de vous attarder sur cette insignifiante ritournelle,
C'est vers La Chanson d'Arbonne que doivent vous porter vos ailes ! 
Illustration John Howe
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6 commentaires:

  1. Ouah! Non pas un mais deux billets le même jour! Et accrochez-vous bien : une chronique en vers! Celle-là tu ne nous l'avez pas encore faite! En deux mots: TU.DÉCHIRES! Pas besoin d'avoir lu le GG Kay (dont il va falloir que tu arrêtes de me donner autant envie sinon ma PAL ne diminuera jamais!) pour voir que tu as trouvé la forme parfaite pour le chroniquer. Je suis jaloux de l'aisance avec laquelle tu semble avoir produit ce billet-ballade! 'mériterai presque de le mettre en musique! Vivement le billet sur Terminus (je te propose de l'écrire à rebours celui-là ;-) ).

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    1. Oh, MERCIIII 😊 Je suis absolument ravie que tu approuves, et apprécies, mon envie de pousser la chansonnette ! Pour la musique, je laisse le professionnel que tu es accorder le luth, et là c'est moi qui suis jalouse ;-) Nos PàL ne sont pas destinées à diminuer, j'ai eu cette révélation dernièrement, alors je t'en fais profiter :D
      Et je crains que pour Terminus, quelques vers ne fassent effectivement pas l'affaire... 😅

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  2. Quelle belle idée que d'écrire sous cette forme, c'est vraiment génial ! J'adore! Cela donne envie de lire ta chronique en chantant, de savourer les mots et d'entrer dans cette histoire pleine de poésie. Merci pour ce très bon moment de détente, peut-être me laisserai-je tenter un jour... :)

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    1. Je ne voyais pas comment faire l'éloge de ce roman autrement ^^ C'est un auteur que j'ai du mal à chroniquer, son univers est tellement riche. Et je n'aime pas trop en révéler. Merci pour ton enthousiasmant retour Wolkaiw :)

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  3. Ooooooh comme c'est joliment fait ^^

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    1. Mille mercis Elhy, je suis contente que ma petite ritournelle te plaise 😊

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