mardi 24 septembre 2019

Les Aventuriers de la Mer, tome 6 : L'Éveil des eaux dormantes de Robin Hobb

Synopsis : Une vivenef maudite et aveugle ; un équipage composé de coupe-jarrets ; un ennemi armé jusqu'aux dents. C'est dans ces conditions pour le moins précaires qu'Ambre, Althéa et Brashen embarquent sur le Parangon enfin remis à flots. Le temps presse car la Vivacia doit être arrachée des mains du pirate Kennit avant que celui-ci ne se soit définitivement attaché l'âme de la vivenef. La situation n'est guère plus reluisante pour les membres de la famille Vestrit restés à Terrilville. Malta s'efforce de faire bonne figure au bal de l'Été, mais le dragon du Désert des Pluies accapare ses pensées. Et si elle avait un rôle à jouer dans les plans de cet être millénaire ? Petit à petit, le lien qui unit vivenefs et dragons se retisse... mais dans quel but ?

Titre original : The Liveship Traders Trilogy, book 2 : Mad Ship (1999)
Fantasy - 413 pages - Editions J'ai Lu (2007)

Voici la merveilleuse suite de notre aventure commune avec ma fidèle amie co-lectrice Itenasara, et... WOW ! Que c'était bien ! 😍 

QUEL tome ! Je trouve que le titre L'Éveil des eaux dormantes sied parfaitement à ce nouvel épisode, tant il fût stimulant ! Ici, il est question de remonter le courant dans un désir commun de réminiscence pour certains, d'éviter de se noyer dans les souvenirs pour d'autres, ou encore de se rappeler qui on a été, ou ce que l'on veut (re)devenir. Personnages, événements, magies, complots, mémoires, prennent leur envol, déploient leurs ailes, et gagnent en envergure. Le but étant de se révéler, de s'émanciper, de s'élancer son destin, voire de regagner sa liberté grâce à autrui. Avec ces Aventuriers de la Mer, l'assoupissement n'est pas envisageable ;-)

« L’amour, aussi grand qu’il soit, peut-il jamais compenser la souffrance qu’on éprouve à sa perte ? »

QUEL tumulte ! Passage crucial de ce 6ème opus, l'orage qui grondait déjà depuis un bout de temps éclate comme un coup de tonnerre à la suite du tant attendu Bal de l'Été. Préparée dans un climat de révolte sous-jacent, cette soirée s’avérera décisive pour les habitants de Terrilville. Avec la présence inattendue du gouverneur Cosgo, arrivé sans prévenir, l'ambiance est étrange. Quels sont les intérêts des nobles de Jamaillia dans tous ça ? Que dissimulent l''augmentation des taxes et à la menace des navires chalcédiens qui bloquent le port ? Quels clans se cachent parmi les invités ? Le soulèvement se prépare, à moins qu'un complot contre Cosgo ne s'ourdisse en coulisses... Une chose est sûre, rien ne sera plus jamais comme avant après cette réception ^_^
— Mère, le commerce est interrompu depuis. Le commerce, c’est la vie de Terrilville. Il n’y a pas d’effusion de sang quand quelqu’un est étranglé mais c’est tout de même un meurtre.
QUELLE magie ! L'art de Robin Hobb à nous surprendre, à faire évoluer ses personnages, à les façonner en fonction de ce qu'ils traversent, et surtout à leur donner une force et un courage incroyable, est ici quasiment poussé à son paroxysme.
Qu'il s'agisse de remettre à flots un navire imprévisible, de nous immerger dans les souvenirs d'une cité disparue, d'arpenter un rivage maudit ou se cachent d'étranges créatures, ou de communiquer avec un dragon endormi, la magie nous attend à chaque chapitre *_* 

QUELS personnages ! Car s'il y a bien un autre art (en plus de la magie !) dans lequel excelle Robin Hobb, c'est de nous impliquer à fond dans leurs actes ou leurs destinées.  Qu'ils soient bons ou mauvais, fascinants ou inquiétants, insupportables ou attachants, manipulateurs ou bienveillants... TOUS sont dignes d'intérêt :

- Hiémain semble servir les desseins de Kennit, mais jusqu'à quel point le marionnettiste tire-t-il vraiment les ficelles ? Le pantin n'est-il pas à l'aube de devenir plus grand et puissant que celui qui le manipule ? Je l'espère !
- Parangon a repris la mer avec appréhension. Il effraie l'équipage de ses élucubrations, et ses rencontres avec les serpents le déstabilise encore davantage. Ses trois fidèles amis : Ambre, le Capitaine Brashen, et son second Althéa, ne sont pas de trop pour le canaliser. Il est à l'aube d'une prise de conscience qui risque de le métamorphoser. Comment va-t-il se fondre avec son autre lui-même ? 
- L'évolution de Malta est stupéfiante ! Elle semble avoir hérité de la force de caractère des Vestrit. On ne peut que se réjouir de la voir délestée de son air de pimbêche capricieuse. Elle accomplira de grandes choses, c'est certain !
- Keffria est à l'aube de s'engager dans une mission bien périlleuse, qui pourrait bien lui prouver qu'elle aussi a hérité du gène familial mêlant force et courage. Un atout qu'elle n'a pu pleinement exploiter jusqu'ici. 
- Ambre est toujours aussi fascinante, c'est le personnage définitivement le plus mystérieux de cette saga. Elle rayonne d'une aura toute particulière, et j'attends toujours ses apparitions avec impatience.
— Demain vous doit la somme de vos jours passés. Rien de plus. (Ambre tourna le regard vers la mer.) Et rien de moins. Parfois, on regrette que demain nous ait réglé aussi exactement notre compte. »
- Encore une femme impressionnante : Althéa ! Elle devient plus mature, doit s'imposer en tant que second dans la douleur et la détermination face à la vermine qui s'est infiltrée parmi les membres d'équipage. Elle aussi évolue bien, à l'instar de ses sentiments vis à vis de Brashen. D'ailleurs, ce dernier endosse le rôle de Capitaine avec beaucoup de compétence et de détermination. Je les trouve vraiment faits l'un pour l'autre ces deux-là.
- Etta n'est pas en reste question caractère et hardiesse. Un lien se tisse avec Hiémain. Jusqu'où ira-t-il ?
- D'autres femmes importantes nous remplissent d'attentes, comme Ronica, dont j'ose espérer qu'il ne lui arrivera rien car je la sens prête à se sacrifier pour sa famille. Ou encore Sérille, qui s'éclipse après le bal, mais qui est aussi pleine de promesses !
- J'aime énormément Reyn. Sincère et bienveillant, j'ai hâte que sa relation avec Malta aboutisse à d'heureuses retrouvailles.  Même Selden, le petit frère de Malta, sort des jupons de maman et se montre très volontaire, c'est chouette !
- Pour finir, tous ces reptiles, aquatiques ou ailés, augurent de la magie à revendre *_*

QUELLES surprises ! C'est un véritable vivier qui frétille et s'agite de toute part ! Impossible de ne pas se laisser harponner par l'imagination de Robin Hobb, et de ne pas s'exclamer à de multiples reprises. J'en veux pour preuve l'insolite découverte dans la botte d'Etta à la fin de cette épisode (je ne m'y attendais pas à celle-là 😮)...

QUEL plaisir ! Il y a tellement d'espoirs, de craintes, de couleurs, et d'écailles miroitantes qui s'entrecroisent sur terre, dans les airs, et sous les flots, que tenter de retenir trop longtemps mon prochain plongeon vers le large "hobbien" serait illusoire. 
Les eaux ne sont pas les seules à être pleinement éveillées, croyez-moi !

Merci Itenasara d'avoir été à mes côtés pour ce beau voyage :)

jeudi 5 septembre 2019

Séance de rattra'pages #19 [mars 2019]

Ce rendez-vous est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques. Il me permet de les passer en revue, et d'échanger à leur sujet en votre enrichissante compagnie. C'est aussi un bon moyen de ne pas les laisser tomber dans l'oubli, et d'en garder la trace, à l'image des précédentes.

Voici donc le tour d'horizon de mes lectures du mois de mars 2019
Les favoris sont facilement repérables grâce à leur indice de réminiscence, révélé en nombre de ✨
(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)

MARS
    
   

Les Aventuriers de la Mer, T5 : Prisons d'eau et de bois de Robin Hobb (315 pages) : J'ai l'impression que cette LC avec ma fidèle amie co-lectrice Itenasara remonte à une éternité tant il s'est passés de sombres moments dans ma vie juste après... Mais le souvenir de ce coup de coeur n'en a pas perdu de son intensité pour autant ^^ On ne peut pas dire que ma participation ait été à la hauteur de cette saga (encore pardon Itenasara), et pourtant, je trouve ces Aventuriers de la Mer toujours aussi enchanteurs, ils me transportent à chaque voyage *_* Je me répète sans doute, mais tant pis, on ne le dira jamais assez : Robin Hobb est une magicienne ! Toute à mon impatience de retrouver cet univers et ses personnages que j'affectionne tant, je suis heureuse de savoir que le tome 6 me tend déjà les bras 😍
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨💜


24 vues du mont Fuji, par Hokusai de Roger Zelazny (136 pages) : Quand la plume de Zelazny imagine un court récit cyberpunk et prend pour décors les célèbres vues du mont Fuji d'Hokusai, cela offre un circuit d'exception, croyez-moi *_* Chaque chapitre dévoilant l'une de ces 24 vues légendaires, je vous conseille de les admirer au rythme de cette novella de SF, et de vous laisser envelopper par la poésie mystique de l'auteur. Les panoramas en surimpression des estampes font de cette lecture un pèlerinage contemplatif incomparable, teinté d'illusions et de virtualité, et oscillant entre pigments et pixels, tout en délicatesse. Le mot de la fin revient à notre cher Georges R.R. Martin : « Roger Zelazny est un poète. D’abord. Encore. Toujours. Ses mots chantent. » Tout est dit ! 😉
Prix Hugo de la novella / Court roman 1986.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨✨


Qui a peur de la mort ? de Nnedi Okorafor (503 pages) : Impossible de ranger cette lecture dans une seule case tant ses couleurs sont chamarrées. Roman de fantasy imprégnée de magie et de sorcellerie africaine. Prophétie invoquée et parcours initiatiques d'une jeune fille dans un désert post-apocalyptique impitoyable. Ode à la féminité, cri de révolte contre le viol comme arme de guerre, et chant de ralliement pour les peuples opprimés. Violente et implacable, cette histoire parle d'extermination, d'injustice, d'exclusion, de rébellion, mais aussi d'amour et de désir de paix entre les peuples, sur fond de traditions culturelles et ancestrales. Une romancière américaine d'origine nigériane dont je suivrai les publications avec un immense intérêt.
Prix World Fantasy du meilleur roman 2011, et prix Imaginales du meilleur roman étranger 2014.
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨


Simetierre de Stephen King (636 pages) : Revenir vers le King dans les moments de tourmente, c'est un peu comme une évidence pour moi. Et je n'ai pas choisi ce titre par hasard, il a immanquablement produit l'écho que je recherchais... Même s'il n'a pas réussi à détrôner Ça, ni même à talonner 22/11/63, j'ai retrouvé ce que j'adore dans les romans de l'auteur : la lente et inexorable descente en enfer du héros, celle qui le mènera jusque dans l’abîme par amour, et avec toujours cette stupéfiante acuité dans la conception et le développement de la psychologie de ses personnages. Cette histoire de cimetière indien aux pouvoirs résurrectionnels aborde le thème du deuil, et pose la question de savoir jusqu'où serions-nous prêts à aller pour retrouver nos chers disparus ? Un moment de lecture dévorant et apaisant à la fois, je ne saurais vous expliquer pourquoi...
Indice de réminiscence : ✨✨✨✨


La guerre des mondes de Herbert George Wells (300 pages) : Et pour finir, faisons maintenant un grand bond dans le passé jusqu'en 1898 pour revenir à l'oeuvre immanquable de Wells, source des innombrables adaptations ciné (celle de Steven Spielberg étant la plus présente dans nos mémoires), BD, séries, jeux de rôle, etc. Saviez-vous que ce roman a même eu droit à une mémorable interprétation dramatique radio, diffusée en 1938, écrite et racontée par Orson Welles, étant à l'origine de la légende d'un vent de panique. Et l'on comprend pourquoi tant cette invasion d'extraterrestres hostiles est proprement terrifiante et novatrice pour son époque ! J'aurais aimé que la narration de ma version audio soit aussi captivante, et me fasse davantage trembler face aux tripodes. La platitude du ton ne convenait pas au récit, et si c'était à refaire je choisirais une version beaucoup plus vivante. Mais cela n'a rien enlevé à l'admiration que je porte à cette oeuvre fondatrice, et au génie de son créateur, véritable pionnier de la SF.
Indice de réminiscence : ✨✨✨

Connaissez-vous ces titres ? Certains vous tentent-ils ?
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🎧 RUBRIQUE PODCASTS écoutés dans le mois 🎧
France Culture
🎤- Batman, 80 ans de voltige (16/03/2019)


Je suis toujours ébahie de voir combien la lecture peut nous emmener dans des contrées incroyables en abolissant les frontières de l'imagination. Que d'évasions diverses et multiples se nichent entre ses pages ! Quel intarissable panel d'émotions elle nous procure également ! 
Ce serait vraiment dommage de ne pas les partager avec vous, n'est ce pas ? Bonnes lectures à vous 😊