vendredi 22 février 2019

Séance de rattra'pages #17 [janvier 2019]

C'est décidé, cette année les séances de rattra'pages seront désormais mensuelles ! Après moultes tergiversations, je ne peux me résoudre à laisser le blog sans un minimum d'activité, en tout cas pour l'instant ^^ Même si je ne parviens pas à publier de vraies chroniques, un billet mensuel me permettra de garder le contact avec vous, et c'est le plus important à mes yeux ! 
Je ne sais pas ce que me réserve l'avenir - des épreuves, ça c'est sûr ! - d'où l'absence de résolutions ou promesses impossibles à tenir. Peut-être que le blog s'éteindra tout doucement, ou du jour au lendemain ? Peut-être qu'il renaîtra sous une nouvelle forme, ou stagnera lamentablement ? À moins qu'il ne vivote, bon gré mal gré ^^ Nous verrons bien... Mais en attendant, je me dois de faire encore preuve d'actes de résistance car il m'a énormément apporté, et me donne encore tellement d'ondes positives et bienveillantes, et ce grâce à vous ! 

Ce rendez-vous mensuel est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques du dernier mois écoulé. Il me permet de les passer en revue, et d'échanger à leur sujet en votre enrichissante compagnie. C'est aussi un bon moyen de ne pas laisser tomber dans l'oubli les titres évoqués, et d'en garder la trace, comme dans les précédentes séances.

Nouvelle année = nouvelle présentation. N'hésitez pas à me dire si vous préfériez l'ancienne 😉

Mes lectures de janvier 2019 sont dévoilées en ordre de préférence, de la première à la dernière place
(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
Les Aventuriers de la Mer T4 Brumes et tempêtes de Robin Hobb 381 pages
Un souvenir classé : ✨✨✨✨💜
Encore une fois, cette lecture commune avec Itenasara a été des plus réjouissante !!! Robin Hobb est définitivement une Capitaine hors pair. L''inquiétude mêlée d'un début de clairvoyance gagne en intensité. Dans ce maelstrom d'événements, nos personnages préférés, tellement charismatiques, font preuve d'une combativité incroyable, en suivant des buts et chemins pourtant séparés. Même si de nombreuses questions se posent encore, et que les spéculations bouillonnent pour la suite, j'ai eu l'impression de commencer à entrapercevoir des éléments qui jusqu'à présent étaient noyés dans la brume. Dans ce 4ème tome se révèle une multitude de fragments encore épars mais si brillants *_* Je veux croire qu'une fois rassemblés, ils mèneront immanquablement à l'émerveillement de la découverte d'un trésor enfoui.
Nom de Sâ ! J'ai adoré, comme le confirme ma chronique fraîchement sortie de l'eau 💦


DE BELLES RETROUVAILLES :


L'étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman 320 pages
Prix HugoPrix Locus
Un souvenir classé : ✨✨✨✨✨
Qu'avez-vous fait vous, pour le jour de l'An ? Moi, j'ai répondu à la traditionnelle invitation de Mr Gaiman. Les réveillons passés avec lui sont toujours réussis. Que ce soit dans une ambiance de conte nordique avec Odd et les géants de glace. Au sein de l'effrayante réalité alternative de Coraline. Ou encore vers les souterrains glauques du Londres d'En Bas de Neverwhere, il m’emmène toujours dans d'étonnants endroits. Cette fois, les festivités ont encore été follement baroques, le lieu de rendez-vous étant un cimetière 😁 Le transparent petit Bod, Maître de cérémonie, m'a présenté son étrange et bienveillante famille d'adoption, des ectoplasmes un peu blafards et désuets, mais très gentils ! Heureusement, on m'avait prévenue que le thème de la soirée était "sépulture", j'avais prévu la tenue de circonstances👻 Nous avons valsé dans les caveaux poussiéreux sur la traditionnelle Danse macabre, qui n'avait pas eu lieu depuis 80 ans, quelle chance ! Bon, les invités n'étaient pas tous amicaux, c'est vrai. J'ai vu des goules assoiffées, et un sale type qui voulait forcer les grilles pour s'en prendre à ce gentil Bod. Mais heureusement Silas son tuteur, jouait aussi les videurs.
Hé, ne faîtes pas ces têtes d'enterrement, c'était encore une fois un moment livresque d'exception, et digne des plus belles réceptions :)
Dans ses remerciements de fin d'ouvrage, N. Gaiman dit : « j’ai une dette énorme – consciente et, je n’en doute pas, inconsciente – envers Rudyard Kipling et les deux volumes de son remarquable Livre de la jungle. Je les ai lus enfant, passionné et impressionné, et les ai relus et rerelus maintes fois depuis. Si vous ne connaissez que le dessin animé Disney, vous devriez lire les livres. »
Merci Mister Gaiman ! 


Persuasion de Jane Austen 316 pages
Un souvenir classé : ✨✨✨✨✨
Après Orgueil et Préjugés, le petit bijou de cette illustre femme de lettres anglaise, comment résister à un autre de ses indispensables titres. Persuadée que son dernier roman, publié à titre posthume en décembre 1817, saurait lui aussi me conquérir, je n'ai pas été influencée dans mon choix, contrairement à son héroïne Anne Elliot, qui a écouté les conseils d'une amie la persuadant de refuser une demande en mariage huit ans auparavant, sous prétexte que le soupirant n'avait pas de titre ni de richesse (bonjour la copine ^^). J'ai retrouvé avec bonheur le piquant bel esprit de cette plume ravissante. Toujours si habile pour mettre en exergue les affres du coeur, écrasé par le poids des regrets et de l'éternel dilemme entre mariage d'amour et mariage d'intérêt, mais où le droit à la seconde chance est aussi mis à l'honneur. On retrouve également dans cet ultime roman sa brillante éloquence pour nous brosser un tableau sans concession de la snobe et superficielle vie mondaine du Bath de l'époque. Du pur et savoureux Jane Austen dans ce qu'elle maîtrise à la perfection ! Alors, êtes-vous convaincu.e, ou dois-je encore prendre quelques leçons dans l'art de la persuasion ?
Extrait : « Si j’ai eu tort en cédant autrefois à la persuasion, souvenez-vous qu’elle était exercée pour mon bien, je cédais au devoir. Mais ici on ne pouvait invoquer aucun devoir pour me faire épouser un homme qui m’était indifférent. » 

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LE PLOUF DU MOIS
Coldtown de Holly Black 471 pages
Un souvenir classé : ★☆☆☆☆
L'unique petite étoile que j'octroie à ce roman tient à l'intérêt trouvé dans les citations célèbres des débuts de chapitres, et toutes sur le thème de la mort. Voici un florilège de mes préférées, en ultime geste de compassion, avant de le laisser couler à pic dans les abysses de l'oubli 😁
- Nous nous battons tous contre notre propre remède, car la mort est le remède à tous les maux. Sir Thomas Brown
- Nos morts ne meurent que quand nous les oublions. George Eliot.
- Quand chagrine est la vie, L’espoir anéanti, 
« Va ! » dit le monde, « Viens ! » dit la tombe. Arthur Guiterman
- La mort est reine en ce bas monde : c’est le pré où elle élève les vivants pour s’en nourrir. La mélopée des douleurs est la musique qui accompagne son banquet. George Eliot
- Toutes les reliques des morts sont précieuses, quand on les chérissait vivants. Emily Brontë
- Alors que je croyais apprendre à vivre, j’apprenais à mourir. Léonard de Vinci
- La mort de ta grâce a paré ses ténèbres. Alfred Tennyson




UN NOUVEAU RENDEZ-VOUS :


Objectif : diffuser les résonances de mon exploration auditive de l'oeuvre d'un auteur classique.
Fréquence : indéterminée.
Premier invité : Howard Phillips Lovecraft.

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Voilà ! C'est fini pour aujourd'hui ! Rendez-vous le mois prochain ;-)
Et en attendant, la consigne reste la même : LIRE SANS MODÉRATION ! Ciao 😘

vendredi 15 février 2019

🎧 Écoute tes classiques 📚 #1 : [H. P. Lovecraft]

En ce début d’année, je pense avoir trouvé un stratagème pour sustenter mon appétit de lectrice ! Après tout, pourquoi ne pas mettre à contribution mes 👂👂 au lieu de les laisser oisives, à se rouler bêtement les tympans, dans l'attente du train en partance pour Morphée, je vous le demande ? D'autant que ces temps-ci, les heures d’arrivée en gare de mon "wagon-roupillon" subissent de gros GROS retards. Alors autant être pragmatique, et enfiler mes écouteurs, plutôt que de rester sur le quai à laisser mes pensées battre la noire campagne 😉

Place donc à ce nouveau rendez-vous, inauguré par le célébrissime Howard Phillips Lovecraft,
et ayant pour objectif de vous offrir les résonances de mon exploration dans l'univers d'un auteur.

Children of Lovecraft par Mike Mignola

Je n'aurais pas la prétention de vouloir vous dresser un portrait de cet écrivain que l'on ne présente plus, vous trouverez sur le net d'exhaustives et abondantes sources pour cela. Je souhaite seulement mettre en avant ma perception auditive et sensorielle de cette incursion absolument saisissante dans l'oeuvre de l'auteur ! Je ne reprendrais donc que quelques lignes pour situer le personnage :
Howard Phillips Lovecraft, né le 20 août 1890 à Providence (Rhode Island) et mort le 15 mars 1937 dans la même ville, est un écrivain américain connu pour ses récits fantastiques, d'horreur et de science-fiction.
Ses sources d'inspiration, tout comme ses créations, sont relatives à l'horreur cosmique, à l'idée selon laquelle l'homme ne peut pas comprendre la vie et que l'univers lui est profondément étranger. Ceux qui raisonnent véritablement, comme ses protagonistes, mettent toujours en péril leur santé mentale...
L’Appel de Cthulhu – illustré par François Baranger

Et là, je sais ce que vous pensez : En choisissant les mots de Lovecraft pour me bercer jusqu'aux portes du sommeil, je suis un peu siphonnée... mouais, peut-être bien 😋 
Et pourtant, si je vous dis que les visions torturées et cauchemardesques de ces textes ont été des compagnons de minuit assez captivants, qui ont su me plonger dans une atmosphère unique et très enveloppante. En fait, écouter du Lovecraft dans le noir n'est-elle pas la meilleure façon pour s'en imprégner ? Je réponds oui, sans hésiter !
Mon esprit s'est immergé dans les abysses de la mythologie lovecraftienne avec une étrange avidité. Des histoires que je n'avais fait qu’effleurer lors de précédentes lectures datant de plusieurs années, ont pris soudain une ampleur insoupçonnée dans ce contexte d'écoute nocturne. En faisant se succéder les récits, soir après soir, j'ai eu la sensation d'assister à une naissance fantasmagorique, une ombre qui prenait forme et consistance sur les murs de ma chambre, au fil des récit, pour devenir une étrange entité aux dimensions surprenantes. 


Après avoir assimilé les paroles de tous ces textes, - certains ayant été plus envoûtants que d'autres, notamment en raison du talent de conteur perçu (mention spéciale à Jean-Luc Fischer) - j'ai choisi de simplement vous les lister dans l'ordre de mes préférences (étoiles à l'appui), sans les détailler individuellement étant donné que pour moi, ils font partie d'un chœur de sensations que je ne souhaite pas dissocier, mais dont j'espère diffuser l'écho jusqu'à vous, en partageant cette indéfinissable virée noctambule 🌛 (un petit clic sur les titres vous emmènera vers leurs pistes audio) : 

La couleur tombée du ciel
illustration de Paul Flanders
Á la suite de ce substantiel tour d'horizon, ma première réflexion a été de me dire que les méninges du Monsieur ne devaient pas baigner dans un océan de sérénité ^_^ Plus d’une fois, je me suis étonnée du nombre de terreurs cosmiques et d'ambiances méphitiques ou pestilentielles croisées dans ces histoires, comme un flot sinistre contre lequel Lovecraft ne pouvait lutter, usant et abusant des adjectifs et superlatifs sépulcraux ^^ L'étendue grise et macabre de ses songes était certainement envahie de monstres et de funestes naufragés qu'il n'avait de cesse de vouloir faire émerger par l'encre de sa plume fascinante.

La récurrence de thèmes chers à l'auteur m'a interpellée :

- La découverte de savoirs interdits (L'Appel de Cthulhu), ou l'excavation de forces surnaturelles incontrôlables (Le molosse), condamnant ses personnages à une peur rampante les menant jusqu'à l'inexorable folie, faisant entrevoir la mort comme seule issue.
Le Cauchemar d'Innsmouth,
illustration de Mushstone
- La révélation d'entités extraterrestres ou de civilisations immémoriales, poussant irrémédiablement ses protagonistes dans un abîme de terreur (Les montagnes hallucinées, Le Temple, Chuchotements dans la nuit, ou La cité sans nom).
- L'omniprésence d'odeurs putrides et infâmes dans tous les récits, annonciatrices des pires abominations, et de la piste à suivre vers l'innommable.
- La préoccupation obsédante d'une malédiction héritée d'une lignée de descendants corrompus (Les Rats dans les murs, La peur qui rôde, Le Cauchemar d'Innsmouth, L'Affaire Charles Dexter Ward), poussant le héros vers un néant mortifère.
- La confiante rationalité de départ et l'affirmation du besoin de compréhension des personnages, forts de confronter leur érudition à des phénomènes étranges ou surnaturels (La couleur tombée du ciel), suivies de leur impuissante reddition face à l'invincibilité de l'horreur révélée.
- La réutilisation d'éléments retrouvés dans différentes histoires (comme le grimoire secret d'Abdul al-Hazred) et destinés à façonner le mythe.
- Le goût très prononcé des décors cyclopéens, abysses spectrales, tombeaux profanés, lieux maudits, campagnes hantées, catacombes impies... souvent localisés dans sa Nouvelle-Angleterre natale, mais pas toujours.

Derrière le côté obsessionnel et délirant de ses écrits, s'élève un édifice forgé dans l'art de l'aliénation, dont les perspectives m'ont donné le vertige, comme si j'étais à proximité d'un gouffre insondable, curieuse d'éprouver la profondeur de son mystère. En cela, j'ai véritablement senti sa faculté exceptionnelle d'emmener son lectorat dans un trip dément :)
Je mets volontairement de côté la face obscure de l'homme (même si elle me met profondément mal à l'aise ^^), et préfère séparer l'oeuvre de son créateur, sans intention de vouloir juger les pensées crépusculaires d'un écrivain aussi singulier...
Seules ses créations, sources d'inspirations passées, et d'influences futures inépuisables, ont aiguillonné mon désir d'approfondir l'édifice littéraire de l'un des auteurs les plus marquants du vingtième siècle. Après tout, l'oeuvre lovecraftienne est incontournable dans la culture d'aujourd'hui, et mon initiation quoique tardive aux chants de Cthulhu, n’en était que plus pressante et justifiée. 
J'ai été aimantée et entraînée presque malgré moi dans les méandres caverneux d'un talent hors du commun, avec l'espoir de parvenir à esquisser les contours d'une création ayant enflammé tant de générations d'artistes, alors que Lovecraft ne rencontra jamais la célébrité de son vivant.
« Au-delà de simples adaptations, Lovecraft et ses récits ont un impact profond sur la culture populaire et ont été loués par de nombreux écrivains contemporains. [...] D'autres artistes plus jeunes ont été influencés par Lovecraft : Clive Barker, Stephen King, Alan Moore, Neil Gaiman, John Carpenter, Stuart Gordon, Guillermo del Toro, Junji Itō et H. R. Giger. Le Mythe de Cthulhu a été une source d'inspiration pour les auteurs de par le monde, et on retrouve des éléments lovecraftiens dans des romans, des films, de la musique, des jeux, des bandes dessinées et même des dessins animés. L'écrivain argentin Jorge Luis Borges a écrit sa nouvelle There are more things en pensant à Lovecraft. Michel Houellebecq écrit Contre le monde, contre la vie, essai sur Lovecraft, une biographie littéraire. Joyce Carol Oates a fait une introduction à une anthologie de récits de Lovecraft. La Library of America a publié un volume dédié à Lovecraft, en 2005, en le qualifiant d'écrivain américain canonique.  En outre, « des versions fictionnelles de H. P. Lovecraft, des personnages basés sur Lovecraft ainsi que des références explicites à Lovecraft en tant qu'auteur d'histoires du mythe de Cthulhu apparaissent dans plusieurs fictions »
Mais (car il y a bien un mais), même si l'expérience fût stupéfiante, j'ai dorénavant la certitude que H. P. Lovecraft ne prendra pas place dans le panthéon de mes auteurs préférés. Une question de sensibilité sans doute ^^
Malgré tout, grâce à ces édifiantes nuits d'écoutes, je crois être parvenue un tant soit peu à comprendre pourquoi Stephen King a dit de lui qu'il était, je cite « Le plus grand artisan du récit classique d'horreur du vingtième siècle », même s'il me reste encore les différents tomes de la saga Cthulhu : Le mythe à exhumer de ma bibliothèque pour atteindre l'ultime révélation. 

Et vous, avez-vous lu (ou écouté) du H. P. Lovecraft ? Aimez-vous sont univers lugubre ? L'appel de Cthulhu a-t-il résonné dans votre esprit ? En êtes-vous sorti indemne ? Racontez-moi tout ;-)

Ah, je vous vois venir... Vous voulez savoir si je n'ai pas cauchemardé un max ?
En fait, non, pas plus que d'habitude !
Bon, c'est vrai que j'ai un peu (beaucoup 😬) creusé dans la cave parce que j'entendais des drôles de bruits... Et puis il fallait que je trouve l'origine de cette odeur... beurk ! Je crois que j'ai trouvé ! Dans une infecte substance verdâtre, j'ai découvert une statuette plutôt flippante, et aussi un livre très bizarre intitulé Le Necronomicon.
Drôle de coïncidence... Il faudrait que j’éclaircisse tout ça...
Mais pas tout de suite, je suis rassasiée de voyages hallucinatoires pour l'instant... 😵  

jeudi 7 février 2019

Les Aventuriers de la Mer T4 : Brumes et tempêtes de Robin Hobb

Synopsis : Quelle ironie ! Alors qu'Althéa prend enfin le chemin du retour, après une année d'absence, la famille Vestrit, à l'image de Terrilville, est plus menacée et divisée que jamais. Ignorant tout des dangers qui pèsent sur elle, la jeune femme espère que Kyle Havre tiendra sa promesse et lui rendra sa vivenef Vivacia, dont elle n'aurait jamais dû être dépouillée. Mais le destin a plus d'un tour dans son sac... Kyle ne possède plus la Vivacia, qui a été arraisonnée par le terrible pirate Kennit. Sa vie et celle de son fils Hiémain ne tiennent maintenant plus qu'à un fil, car le jeune homme doit amputer la jambe gangrenée de Kennit : si le pirate venait à mourir, Kyle et Hiémain passeraient immédiatement de vie à trépas !

Titre original : The Liveship Traders Trilogy, book 2 : Mad Ship (1999)

Fantasy - 381 pages - Editions J'ai Lu (2005)

🔔 Ohé ohé, moussaillons ! Nous revoilà sur le pont ! 🔔
Accrochées au bastingage, Itenasara et moi avons repris le large 🌊

Encore une fois, Robin Hobb a été une Capitaine hors pair pour prendre la tête du convoi, et fendre les flots de mes émotions. Une quatrième traversée à l'ambiance particulière. Presque étrangement calme, comme si l'histoire se trouvait dans l’œil du cyclone, au sein de ce trompeur moment d'accalmie passager qui ne dure jamais, et précède toujours le retour des terribles bourrasques .

Je ne suis pas en train de dire qu'il ne s'est rien passé dans ce tome, bien au contraire ! Durant ce semblant de répit illusoire, les personnages et les événements se sont retrouvés à des croisements décisifs, dont seul l'avenir pourra nous livrer les conséquences. D'ici-là, ce sont de nouvelles craintes, et les contours de lendemains incertains qui semblent jaillir en divers endroits.

D'abord sur les ponts de trois merveilleuses vivenefs, où le roulis forcit à mesure que l'inquiétude gagne en intensité. 
- La Vivacia, capturée par des pirates, et dont l'avenir s'engouffre dans une tempête d'incertitude, est en grand danger.
- La sage Ophélie au caractère bien trempé, est aussi menacée depuis que les mercenaires de cet imbécile de Gouverneur l'ont attaquée.
- Et ce cher et attachant Parangon, échoué depuis des années sur le sable, se retrouve dangereusement convoité pour son bois sorcier.

À terre, les ombres s'allongent sous un ciel chargé de menaces. Les rues de Terrilville deviennent inquiétantes, les taxes étranglent les marchands, les traités passés sont foulés aux pieds, et la colère devrait bientôt gronder. 

Dans ce maelström d'événements en devenir, nos personnages préférés mûrissent par la force des choses, et se trouvent confrontés à des choix qui n'en sont pas vraiment. 
La famille Vestrit, au centre des bouleversements, voit ses membres, tous différents et tellement charismatiques, faire preuve d'une combativité incroyable, en suivant des buts et chemins pourtant séparés.

Hiémain reste mon élu ! De ce jeune homme irradie une authentique lumière, une chaleur bienfaitrice qui inondent les pages qui lui sont dédiées. Sans trop en dire à son sujet, j'ai eu le sentiment d'assister à l'émergence d'une libération multiple : libération du joug paternel, libération d'un pouvoir refoulé (ou sincèrement ignoré ?), libération d'une forme d'acceptation de sa destinée... Il sort peu à peu de sa chrysalide, nimbé d'une force qui le dépasse encore, mais qu'il commence néanmoins à entrevoir, et j'en suis ravie !
« Accepte et tu pourras survivre. Si tu restes en arrière, en répétant que ce n’est pas ta vie, que tu n’es pas fait pour ça, tu passeras à côté. Il se peut que tu n’en meures pas mais autant être mort, pour ce que ça te rapportera, à toi ou aux autres. »
Althéa, Ronica, ou Keffria incarnent la force féminine inébranlable de cette famille, droites et presque stoïques dans l'adversité, elles gardent le cap avec détermination.

De détermination, la perfide et calculatrice Malta n'en manque pas non plus, mais seulement pour servir ses propres ambitions. Elle va leur en faire baver, c'est une certitude. Je suis convaincue qu'elle tient davantage des Havre, patronyme de son exécrable père Kyle, et que rien de bon ne coulera de sa malignité. 

Ce même Kyle, qui est en fâcheuse posture pour l'instant, n'a pas dit son dernier mot, c'est certain. J'ai dans l'idée qu'il mijote un mauvais coup, et qu'il serait prêt à s'allier à un ennemi passé (un individu aussi peu recommandable que son nom est imprononçable) pour reprendre la main. Ces deux-là pourraient former un sinistre binôme, j'en frémis d'avance 😨

Un nouveau personnages issu du Peuple du Désert des Pluies m'intrigue énormément : Reyn ! Je pressens qu'il va jouer un rôle important, et suis un peu attristée à l'idée que cette peste de Malta se joue de lui. Je ne le sens pas mal intentionné, mais empli d'ardents espoirs face aux mystères endormis de la Cité des Anciens.

Le fruit de mes plus grande délibérations se porte sur Ambre. Qui est-elle vraiment ? D'où tient-elle ce savoir, ces informations, et cette capacité presque intuitive à envisager les événements passés et à venir ? Elle est la plus magnétique du récit. Ses paroles semblent toujours tirées d'un puits de sagesse immémorial. Je fonde de grands espoirs sur son acuité, ainsi que sur son désir de protéger Parangon de ces vautour prêts à le débiter en fagots magiques. J'espère que le lien qui les unit se transformera en une inattaquable corde d'amarrage.
« La fatalité fond sur nous. Le temps s’étire, les jours se suivent pesamment, en nous berçant de l’illusion que le désastre redouté va être différé. Puis, brusquement, les jours sombres que nous avons tous prédits sont sur nous, et l’heure est passée où nous aurions pu éviter le sort funeste. »
Et pendant ce temps, dans les fonds marins, les serpents attendent la révélation, qui sera ardente et d'envergure, j'ai déjà ma petite idée là-dessus ^_^ Et croyez-moi, elle m'enchante par avance !!!

De nombreuses questions se posent encore pour la suite : Qui est Celle-Qui-Se-Souvient ? D'où peut bien venir tout le savoir d'Ambre ? Que mijote Brashen ? Quel place va occuper Le Peuple du Désert des Pluies ? Que cache cette mystérieuse cité des Anciens ?
Ahhh... Que de perspectives... Que de bouillonnements futurs...

Mais j'ai l'impression de commencer à entrapercevoir certains contours, qui jusqu'à présent étaient dans le noir total des fonds marins. Dans ce 4ème tome se révèle une multitude de fragments encore épars mais si brillants *_* Je veux croire qu'une fois rassemblés, ils mèneront immanquablement à l'émerveillement de la découverte d'un trésor enfoui.
« Je crois qu’il y a dans le cœur des hommes une place créée pour l’émerveillement, une place endormie qui attend de s’épanouir. Durant toute la vie, on amasse des trésors pour la remplir. Parfois, ce sont de minuscules bijoux étincelants : une fleur éclose à l’abri d’un arbre mort, l’arc de sourcils d’un petit enfant conjugué à la rondeur de sa joue. »
Nom de Sâ ! 
Moi qui ne pensais écrire que quelques lignes, me voilà avec une petite chronique toute frétillante et fraîchement sortie de l'eau ! 💦 Il y a assurément de la magie hobbienne là-dessous 😍

Mille mercis à toi Itenasara, d'avoir vogué à mes côtés :) 
J'invite tous ceux qui passe ici à vite aller lire Ton journal de bord !