dimanche 18 novembre 2018

L'Heure du Loup de Robert McCammon

Synopsis : Michael Gallatin est un as de l’espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l’éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s’acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l’opération « Poing d’Acier », le mieux gardé des plans secrets nazis.

Thriller d'espionnage fantastique - 693 pages - Editions Milady Terreur (2011)
Aouuuuh... Aouuuuh... Aouuuuh... Rejoignez-moi... Ralliez-vous à la meute...  
L'Heure du Loup vient de sonner !

Vous ne trouvez pas que mon animal totem se faisait trop rare par ici ? Moi si ! (😉 à celui qui se reconnaîtra, à qui je dédie cette chronique, et avec qui j'ai eu le grand plaisir de partager cette lecture).
Près de 700 pages dévorées goulûment, ça n'arrive pas tous les jours, et je m'en pourlèche encore les babines rien qu'en évoquant ce savoureux mélange d'espionnage, épicé de fantastique et d'horreur.

D'abord pour le héros, car Michael Gallatin (Mikhaïl Gallatinov de son vrai nom) n'est pas un espion anglais ordinaire : en plus d'être fascinant, courageux, et attachant, c'est un lycanthrope ! Autant dire que pour s'attaquer à la barbarie nazie, et déjouer les projets diaboliques du régime hitlérien, ses capacités hors du commun sont des atouts de grande valeur pour les alliés. Mais pour découvrir ce que l’ennemi manigance seulement quelques mois avant le débarquement, une sanglante et éprouvante course contre la montre l'attend.

Ensuite parce que ce roman est un page-turner redoutablement efficace. La toute première scène d'introduction donne le ton d'entrée de jeu : les affrontements seront sans concession, et la fureur déchaînée proportionnelle au sadisme rencontré.
Une barbare chasse à l'homme dans un train, ou un glaçant séjour dans un camp d'extermination ne seront que les quelques déclinaisons de la folie inhumaine que Mikaël devra braver face aux nazis. La bestialité n'est pas du côté que l'on croit malgré les crocs qui déchiquettent, le museau rougi d'un loup galvanisé de fureur, et l'ivresse de sang versé.
Une telle sauvagerie organisée dépassait tout ce qu’il avait connu dans les forêts russes. Ici étaient assemblées les véritables bêtes fauves.
Mais davantage que l'action débridée ou le déferlement de violence furieuse de certaines scènes, ce sont surtout les chapitres revenant sur l'histoire de Mikaël qui m'ont littéralement captivée. Devenu orphelin dans des circonstances tragiques, blessé ce même jour funeste par une meute de loups, et ensuite élevé parmi eux. J'ai trouvé dans les forêts de sa Russie natale les moments les plus forts et émouvants du roman, et ceux qui me resteront longtemps en bouche pour leur saveur toute particulière, entre douleur et nostalgie. Des retours dans le passé qui donnent de la profondeur à l'histoire, et apportent toute l'envergure à cet excellent personnage qu'est Mikaël.

Une heure lupine furieusement bondissante donc, située entre le thriller d'aventure aux crocs bien aiguisés, et le récit d'espionnage d'une rare intensité, qui vous fera certainement hurler avec les loups vous aussi ! Il mérite amplement son GRAND PRIX DE L'IMAGINAIRE, et une adaptation cinématographique en devenir, espérons-le :)
C'est avec une faim de louve que je découvrirai l'autre titre de Robert McCammon déjà présent dans ma PAL : La malédiction de Bethany

Grand Prix de l'Imaginaire, roman étranger 1992