mardi 9 octobre 2018

Les Aventuriers de la Mer, tome 2 : Le Navire aux esclaves de Robin Hobb

Synopsis : Kyle, désormais aux commandes de la Vivacia, la vivenef récemment éveillée de la famille Vestrit, a décidé de l'utiliser pour transporter des esclaves. Et son impérieuse volonté ne saurait souffrir la moindre opposition. Son épouse Keffria en vient même à douter de son mari quand il veut débaucher leur fille Malta, et obliger leur fils Hiemain À travailler à bord de l'embarcation et à abandonner l'apprentissage qui le destinait à la carrière de prêtre de Sa. Sa belle-soeur Althéa, elle, se fait de son côté passer pour un jeune homme et se démène sur le Moissonneur, un navire abattoir, Elle doit prouver à Kyle qu'elle est un véritable marin pour récupérer Vivacia...

Fantasy - 380 pages -  Editions J'ai Lu (2008)

Neuf mois se sont écoulés entre ma découverte du premier tome et celui-ci... et pourtant c'est comme si je n'avais jamais vraiment quitté le quai d'embarquement tant la magie du voyage a repris ses droits dès les premiers embruns !

Quel joie de retrouver tous les personnages qui n'attendaient que mon bon vouloir pour reprendre la mer. Je vous avais déjà parlé d'eux dans mon billet sur le tome 1 (souvenez-vous), de mon attachement immédiat pour le sensible petit Hiemain (qui reste définitivement mon préféré), et de la jeune et intrépide Althéa.
Deux héros phares qui, pourtant éloignés l'un de l'autre, ont une lueur et un destin qui semblent presque parallèles dans les ténèbres qu'ils traversent, chacun des deux devant puiser dans des ressources insoupçonnées.

Hiemain, qui est enrôlé de force sur le navire familial par son père, le détestable Kyle, souffre le martyre et ne désire qu'une chose : retourner à la prêtrise. Comment se résigner à vivre une existence qu'il n'a pas choisi, maltraité et humilié en permanence par l'équipage ? Seule la Vivacia, cette vivenef magiquement animée, attentive et avisée dans ses conseils, peut percevoir l'intensité de son désespoir en raison du lien filial qui les unit. Mais Hiemain ne peut lui ouvrir son coeur sans réticences ; la magie nichée dans le bois sorcier n'est pas sans bousculer sa foi en Sa, et la relation qui s'établit entre le navire et le jeune mousse suscite un intérêt grandissant.
Toi et moi, nous sommes comme des bourgeons greffés sur un arbre : nous pouvons nous efforcer de rester fidèles à notre nature en nous développant, mais seulement dans la mesure où nos racines nous le permettent. »
Dans un brouillard d'adversité tout aussi rude, Althéa se bat pour pouvoir prétendre un jour récupérer le commandement de la Vivacia. Mais pour cela elle doit d'abord faire ses preuves et gagner ses galons sur d'autres navires afin de prouver ses compétences et sa légitimité de capitaine. Une jeune fille parmi tous ces marins n'a qu'une solution pour ne pas s'attirer de terribles ennuis : se grimer pour ressembler à l'un d'entre eux, être forte, courageuse, et se distinguer du reste de l'équipage afin de ne pas rester un simple moussaillon toute sa vie.

En attendant, c'est le mari de sa sœur, l'haïssable Kyle (encore lui, décidément !) qui a hérité de la fascinante Vivacia. Et il n'a rien trouvé de mieux que de la réduire en navire aux esclaves pour tenter d'en tirer un maximum de profit. Comment ce bateau d'une sensibilité extraordinaire va supporter cette inacceptable cargaison et les tourments qui vont lui être infliger ?
À terre, la fille de ce tortionnaire en devenir, Malta 11 ans, se révèle déjà sous les traits d'une petite peste digne de son méprisable père (l'abruti me donne envie de le rhabiller pour l'hiver à l'aide du dictionnaire des synonyme, tiens !) en donnant du fil à retordre à sa mère et sa grand-mère, deux femmes très intéressantes à suivre également.
La première pour son début de sursaut face à la tyrannie de son époux, une prise de conscience attendue et prometteuse, je l'espère...
Et la deuxième pour sa force de caractère et sa perspicacité devant l'infortune de sa famille, elle semble détentrice de secrets et de serments absolument magnétiques pour nous, avides lecteurs.

Il y a aussi la mystérieuse Ambre, qui promet du lourd, j'en suis sûre.
Il ne faut pas confondre coïncidence et destin ; je suis toute prête à me dresser contre le hasard, mais les rares fois où j’ai voulu résister au destin, j’ai perdu, et rudement.
Parangon, une vivenef échouée au destin tragique, qui commence à attirer la convoitise pour son bois sorcier, et m'émeut tout particulièrement.
Kennit, le pirate aux dents longues qui raclent le pont des navires qu'il réquisitionne par la force, et s'improvise roi des esclaves, dans l'attente du gros coup de ses rêves : une vivenef.
Les serpents, toujours prompts à se régaler d'un festin inattendu, et qui s'insinuent dans le sillage de nos extrapolations, comme le nuage toxique de leur crinière...
Et tous ces mystères qui planent sur Le Désert des Pluies, son Fleuve, et son Peuple extrêmement intrigants.
— Le fleuve du Désert des Pluies, qui roule des eaux froides, puis brûlantes, marron puis blanches... D’où viennent-elles, ces eaux ? Vous avez entendu comme moi les légendes, celles d’un immense lac bouillant, lieu de nidification des oiseaux de feu. On dit que, là-bas, la terre tremble sans arrêt et que la brume ne se lève jamais. 
Pour cette odyssée livresque de grande envergure (9 romans), j'ai décidé de voyager léger, avec le coeur et l'esprit grands ouverts, et de ne pas m'encombrer d'un baluchon. Lever l'ancre avec Robin Hobb, c'est le plaisir de larguer les amarres avec la conscience éveillée d'une vivenef, sachant que le voyage sera forcément inoubliable, c'est inscrit dans les abysses, j'en jurerais sur Poséidon !!!
Je laisse de côté la longue-vue, sans désir de tenter d'apercevoir l'horizon par avance ! Je veux le découvrir sans précipitation, et seulement me délecter de chaque traversée et de chaque escale. En revanche, j'ouvre mes ouïes au maximum pour écouter le doux mais vivifiant murmure en provenance du large, il me berce et me promet un vent d'aventure unique, assez puissant pour gonfler les voiles d'un enthousiasme déjà débordant.
Cette onde provoquée par la plume "hobbienne" pourrait bien devenir une houle tumultueuse, puis un puissant tourbillon qui m'emportera, c'est certain, vers de fascinants rivages *_*

Bon, je crois avoir fait suffisamment de vagues pour cette fois ! Vous avez compris combien cette saga promet de me faire chavirer d'émotions.
Merci à toi Itenarasa d'avoir vogué à mes côtés pour cette lecture commune :)

Ne manquez surtout pas la chronique de bord d'Itenasara
SFFF 1/3 - 6 Points

12 commentaires:

  1. :)
    Il ne pouvait en être autrement : que nos deux avis enthousiastes se rejoignent. Il est plaisant de trouver un écho ici à mes propres émotions.
    Hiémain nous touche, Kyle nous horripile à égales mesures. Promis au prochain voyage, lui on le jette par dessus bord!

    Fitz me manque, mais je m'attache petit à petit à ce cycle marin.

    Aux prémices de l'hiver nous reprendrons la mer et cela m'amène déjà un large sourire :) Hâte hein ^^

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    1. Hiémain est tellement attachant, comme Fitz d'ailleurs, puisque tu l'évoques !
      Bonne idée pour Kyle, nous ferons ça de nuit, lorsque le pont sera désert, ou presque, et sans nous préoccuper de ce qui grouille dans les fonds marins pour l'accueillir dignement ;-)
      Avec joie et impatience pour la suite, c'est sûr !
      Et merci pour l'échange de comm' qui prolonge avec plaisir ce mémorable voyage :)

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  2. J'ai toujours entendu énormément de bien de cet auteur mais jamais rien tenté j'avoue

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    1. Robin Hobb est géniale ! Si tu en as l'occasion, commence par L'Assassin Royal, c'est la chronologie idéale ;-) Merci de ta visite :)

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  3. J'aime tellemeeeeent cette série, toutes les séries se plaçant dans cet univers.... Et par dessus tout, je vénère littéralement Robin Hobb ♥♥♥♥♥ !!!

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    1. Je te rejoins totalement dans ce grand élan d'enthousiasme !!! Robin Hobb nous emporte toujours plus loin, et c'est troooop bien ♥_♥

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  4. avant de lire cette saga, il faut que je lise l'assassin royal. Je vais me les procurer en ebook. Je m'étais arrêté au tome 2. Ainsi, je pourrais découvrir aussi les aventuriers de la mer

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    1. Apparemment, la chronologie idéale est d'aller jusqu'au tome 6 de L'assassin Royal pour enchaîner sur Les Aventuriers de la Mer. C'est ce que j'ai fait, et je pressens déjà une conjonction palpitante des deux univers ! Merci d'être passée Chris :)

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    2. Oui je vais le faire aussi. Tien rien à voir mais si ca t intéresse j ai lu 22/11/63 j ai adorer

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    3. Ohhh, mais c'est génial ça !!! Dès que j'ai une minute, je file voir ton blog, promis !

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  5. Je n'en suis qu'au T2 de l'assassin royal mais j'aime beaucoup les écrits de Robin Hobb

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    1. Ses univers me transportent à chaque fois *_* C'est magique en fait ! Merci Elhy :)

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