lundi 14 mai 2018

L'Aube de la Nuit (7 tomes) de Peter F. Hamilton

Attention, aujourd'hui, je vous envoie du lourd, du consistant, du volumineux ! Et pour partager ma monumentale révélation en science-fiction de ces derniers mois, savourée avec un estimé ami co-lecteur qui se reconnaîtra et que je remercie infiniment au passage, je vous préviens que les superlatifs seront largement utilisés et abusés, impossible d'y échapper devant un tel coup de 💙

L'Aube de la Nuit se compose de 7 tomes, découpés en 3 épisodes, comme suit :

- Rupture dans le réel (The Reality Dysfunction), publié en 1996 en 3 tomes :
  Genèse, Émergence, & Expansion
- L'Alchimiste du Neutronium (The Neutronium Alchemist), publié en 1997 en 2 tomes :
  Consolation, & Conflit
- Le Dieu nu (The Naked God), publié en 1999 en 2 tomes :
  Résistance, & Révélation

Pour moi, ces tomes forment un tout indissociable, expliquant mon choix de ne pas les chroniquer séparément. Ils sont la somme d'un seul et même copieux roman. On me souffle d'ailleurs dans l'oreillette qu'il compte plus de 10 millions de signes, soit plus de 6000 pages en version livre de poche, ce qui en fait le plus long roman de science-fiction !
Humm, je ne résiste surtout pas à l'envie de jouer la fiérote en l'exposant, tel un trophée *_*

Vous savez que je n'aime pas trop en dire sur une histoire, afin d'en préserver la saveur inédite. C'est pourquoi ce billet n'aura pas la prétention de réussir à vous révéler l'étendue de cette oeuvre unique, d'ailleurs la tâche serait bien trop inaccessible à mes modestes capacités de blogueuse...
Ce que je peux tenter de vous communiquer en revanche, c'est combien je suis encore ébahie par le vertige ressenti, et par cette impression durable qu'il y aura un avant et un après Aube de la nuit dans ma vie de lectrice, me rappelant d'une pierre deux coups, combien la SF de ce niveau comble mes attentes, et ce, bien au-delà de mes espérances.
L'Aube de la nuit, est un savant mélange de space opera teinté d'horreur. Mais il s'agit avant tout d'un roman de SF foisonnant de très grande envergure !

Son scénario repose sur l'idée d'une crise sans précédent que doit affronter l'humanité du XXVIIe siècle, à savoir l'ouverture d'une brèche avec l'au-delà, permettant aux morts de prendre possession du corps des êtres humains vivants, et d'en faire des êtres dotés de pouvoirs énergétiques terrifiants.
Oui, mais pour couvrir l'équivalent de 6000 pages, vous imaginez bien que nous sommes loin d'une simple histoire de revenants version inter-galactique. Surtout si vous connaissez un tant soit peu Peter F. Hamilton.

Cet auteur britannique de science-fiction, surtout connu pour ses œuvres de space opera, n'a pas la réputation de ménager ses effets. Preuve en est : avec cette Aube de la nuit, la corne d'abondance de Peter F. Hamilton a fait jaillir un fleuve (n'ayons pas peur des mots) prodigieusement bouillonnant.
Une histoire passionnante, servie par une débauche d'effets spéciaux et de planètes et mondes sidérants, tous habilement imaginés pour servir de décor à une flopée de personnages, humains et espèces xéno confondus, et en faire un univers débordant d'imagination.
L'action est également au rendez-vous grâce à des combats spatiaux captivants et maîtrisés, des scènes d'affrontements entre humains vs possédés à couper le souffle, et un suspens de folie, sans tomber dans l'écueil du too much, tant l'équilibre est juste parfait !

Mais avant d'en arriver là, il faut poser les bases ! Ce que fait l'auteur avec force minutie dans Genèse, le premier tome, dont les 200 premières pages ne sont pas toujours d'une grande fluidité. Il faut laisser le temps à la colossale machinerie hamiltonienne de se mettre en branle, à l'instar de nos neurones, pour assimiler quantité d'informations. Mais croyez-moi sur parole : cela vaut vraiment le coup !!!
Tout est soigneusement pensé, finement élaboré, pour faire décoller une histoire qui se révélera impressionnante.

D'abord, visualisons le contexte de ce XXVIIe siècle : La Confédération est ce qui pourrait s'apparenter à un rassemblement interplanètaire de l'humanité, divisé en deux : d'un côté les adamistes, et de l'autre les édénistes.

- La plupart des humains sont adamistes (tous les non Édénistes en fait), dont la majorité possèdent une religion et rejettent du même coup les technologies ou biotechnologies (améliorations bioteks) bannies par le pape durant le XXIe siècle, sans pour autant écarter l'utilisation d'implants nanotechnologiques (appelés « naneuroniques »). Leurs vaisseaux étant propulsés à l'He3 (combustible sur lequel est basé l'économie humaine), et utilisant la technologie TTZ pour voyager plus vite que la lumière, ils ont colonisé quantité de planètes ou d'astéroïdes.

- Les Édénistes quant à eux, ont développé une culture unique, idéaliste et égalitaire ne reposant sur aucune religion. Se revendiquant athées, ils sont fondamentalement tolérants, utopistes, et ont un gouvernement unique nommé « Consensus », composé de tous les Édénistes incorporés dans une conscience collective représentant la volonté de chacun. Ils vivent sur d'immenses stations spatiales appelées « habitats » qui orbitent autour de géantes gazeuses, et qui s'apparentent à des organismes vivants dotés de conscience. Pour communiquer, ils utilisent l'affinité (sorte de télépathie hyper avancée) avec n'importe quel organisme biotek possédant le gène de l'affinité.

Voilà pour les bases !
Ensuite, dans une alternance de lieux et d'environnements assez bluffants, Hamilton fait les présentations de tous ceux qui vont nous accompagner durant plusieurs semaines de lecture, et malgré leur nombre, impossible de ne pas les garder en tête tant ils sont charismatiques.
Deux se détachent dès le début, tels l'ombre et la lumière du roman :

- Joshua Calvert, est un récupérateur (sorte de fouilleur de détritus) qui explore l'anneau d'un habitat biotek établi en orbite, à la recherche du gros coup qui lui permettrait de changer de vie. Ce jeune homme hardi et ambitieux, rêve de pouvoir faire réparer le vaisseau de feu son père, et de piloter le Lady Mac, afin de sillonner la galaxie et quitter son existence actuelle. Joshua est intelligent, pilote hors pair, courageux, doué d'un intuition étonnante, et très séduisant de surcroît. Vous avez certainement deviné de quel côté il se trouve ;-)

- Quinn Dexter, après une enfance désœuvrée passée dans un ghetto sur Terre, a trouvé la révélation au sein d'une secte sataniste glorifiant un dénommé Porteur de Lumière luciférien. Devenu un déporté suite à une arrestation, il est envoyé sur Lalonde, une planète au stade 1 de la colonisation, sur laquelle ce prétendu envoyé du "Frère de Dieu", empli de vengeance et de malfaisance, entend bien mettre ses sombres projets à exécution. Je parie qu'il vous glacera le sang dès les premières minutes !

En dehors de ces deux-là, les chapitres ne nous ménagent pas niveau casting ! Les personnages féminins sont d'envergure et détiennent des positions cruciales dans l'histoire. Que se soit Ione Saldana, subtile et étonnante seigneur d'un habitat. La vaillante Louise Kavanagh fille d'un riche propriétaire mêlée malgré elle aux terribles événements. Ou encore la double et indomptable Marie Skibbow / Kiera aux ressources inépuisables, elles sont toutes sensationnelles, et en ont, si vous voyez ce que je veux dire ;-)

Mais comme si cela ne suffisait pas, bon nombre de protagonistes non secondaires, ainsi que d'étonnantes races extraterrestres, entrent aussi dans la dance, et s'invitent dans cette gigantesque fresque interstellaire. Passant des uns aux autres avec un intérêt grandissant, c'est sans embûche que les différents décors prennent forme autour d'eux, comme autant de portes ouvertes sur des lieux démesurés dont l'exploration promet des moments passionnants.
Pour une telle épopée spatiale, Hamilton nous prouve qu'il sait modeler l'espace à sa guise ! C'est au sein d'une confédération grouillante d'inventivité que va se jouer l'avenir de l'humanité avec cette crise de la possession. Voilà encore une autre, et non des moindres, multiples raisons de la réussite de cette histoire : la richesse de son environnement.
Tenez-vous le pour dit : Peter F. Hamilton est un habile façonneur de planètes ! Un magicien de l'univers que rien n'arrête, et dont les mondes vous scotchent à votre fauteuil, les yeux remplis d'admiration *_*

Cette idée de brèche ouverte avec l'au-delà, donnant la possibilité aux morts (célèbres pour certains d'entre eux, imaginez un peu "THE big circus" !) de récupérer un corps et de mettre la galaxie en effervescence, est furieusement géniale, pour peu que l'on s'en donne les moyens. Et c'est le cas ! Question ressources, déploiement, action, terreur, péripéties... j’en passe et des meilleurs, sachez que ça dépote à l'antimatière !

Mais derrière cette folle démonstration se cache aussi une véritable et intense réflexion sur l'humanité et son devenir spirituel. Nous ne sommes pas face à une vaine dépense d'énergie et d'exhibitions pyrotechniques, mais plutôt devant une oeuvre de SF qui n'en finit pas de nous questionner et de nous ouvrir l'esprit, à l'exemple de cette fin, que je qualifierai de magistrale !!!

Mais voilà... c'est fini ! Et depuis, tout me semble fade et inconsistant, réalisant du même coup que ce sentiment durable est un effet "post-reading" assez déstabilisant, mais aussi gage d'une intensité trop rarement éprouvée !

J’espère sincèrement ne pas vous avoir perdu en cours de route, mais comment en faire moins ?
Et au cas où je n'aurais pas été suffisamment explicite : je vous autorise à ne garder à l'esprit que l'essentiel de ce billet, à savoir que j'ai été captivée, épatée, émue, étourdie, et surtout définitivement possédée *_*
En bref : IL FAUT ABSOLUMENT LIRE L'AUBE DE LA NUIT, les 7 tomes ou rien, c'est aussi simple que ça ! Ne vous laissez pas intimider devant l'ampleur de la tâche, surtout si vous devez en ressortir dans le même état d'esprit que moi : durablement transformée 😍

22 commentaires:

  1. Un moment que j'attendais ta dernière chronique ! ben Mazette, je comprends ta longue absence... C'est vrai que comme ça je ne pencherai pas forcément sur cette saga ! mais tu défends bien tes impressions et ça donne envie, il y a de fortes chances que ça me plaise, je sais qu'on a beaucoup de gouts communs, je le note donc et si j'en crois les couvertures ... ce n'est pas tout jeune !

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    1. Ohhhh, merci ma Lili ! C'est vrai qu'elle s'est fait attendre cette chronique ! Je ne savais même pas par quel bout la prendre, impressionnée que j'étais, et ce fût la plus difficile à rédiger depuis la création du blog ^_^ Alors autant te dire que ton retour positif me comble de joie, surtout si elle a atteint son but ultime : donner envie ;-)
      Pour te répondre à propos des couvertures de mon édition Pocket, elles font un peu vieillottes en effet, mais il y eu une réédition chez Robert LAFFONT plus attractive. Bises à toi, et merci encore :)

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  2. J'ai un peu peur que ça soit un peu trop science fiction pour moi pour le coup

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    1. Je comprends tout à fait ! C'est un genre qu'il faut aimer pour véritablement l'apprécier ! Merci de ta visite et à bientôt :)

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  3. Je constate que tu t'en es sortie haut la main avec cette chronique :)
    7 tomes à chroniquer, je comprends que la tâche ait été ardue ma cocotte. Tu peux être fière de toi car outre ton enthousiasme communicatif, tu parviens à dégager l'essentiel du contenu de cette série.
    Je suis intriguée.
    Et je ne connais pas du tout cet auteur (sauf de nom, comme souvent avec les auteurs SF ou fantasy).

    Une nouvelle série à commencer? Peut-être bien...

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    1. C'est top si j'ai réussi à en faire une synthèse suffisamment claire et attrayante ! D'autant que j'ai comme qui dirait la forte intuition que cette série hors normes te plairait beaucoup ;-)
      Merci pour ton adhésion à ce billet, qui est une bien belle récompense pour le temps passé dessus à me demander s'il rendait suffisamment justice à cette faramineuse découverte :)

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  4. Je ne suis pas forcément une grande amatrice de SF, mais pour le coup, tu me tentes beaucoup quand même !
    Et je n'ai même pas petite de l'ampleur de la chose. Plus du manque de place chez moi, à vrai dire huhu. Je risque de mettre un moment à tout lire, surtout que je n'aime pas trop enchainer les tomes, mais je note tout ça ! Merci pour cette découverte, j'espère être aussi emballée que toi !

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    1. Je suis ravie de t'avoir tentée ! Moi non plus je ne les ai pas enchaînés. Je ne voulais surtout pas prendre le risque de saturer. Et malgré les pauses entre les tomes, je n'ai jamais perdu mes repères en m'y replongeant, ce qui est un signe d'addiction qui ne trompe pas.
      J'espère que tu seras aussi conquise que moi, si tu décides de t'y mettre. Et d'ici là, c'est moi qui te remercie pour ton commentaire enthousiaste :)

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  5. Depuis le temps qu'il faut que je tente.... Tellement de choses à lire ^^ !

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    1. Eh oui, c'est notre éternel problème : faire des choix ! J'espère que tu trouveras tout de même du temps pour cette Aube de la nuit. Merci :)

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  6. Que d'amours pour cette série en tout cas ! Je n'ai pas encore lu d'Hamilton (shame on me), mais je note cette série !

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    1. Je me suis un peu laissée déborder par l'enthousiasme, mais tant pis, c'était tellement bien !
      T'inquiète, nous en sommes tous là ! Je ne compte même plus le nombre d'auteurs qu'il me reste à découvrir ^_^ Merci de ta visite :)

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  7. Et bien et bien ! Je partais sur le principe que 7 tomes c'est trop pour moi mais j'avoue que tu as chamboulé ma première impression ! Ahaha j'aime énormément les univers pensés pour que tous est un sens et une place importante dans le récit toute la complexité qui rend le tout à couper le souffle alors clairement je suis tentée !

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    1. C'est sûr que 7 tomes cela semble beaucoup de prime abord ! Mais une fois embarquée dans l'aventure, tu te laisses prendre par cette crise de la possession et tu n'as plus qu'une idée en tête : savoir quelle issue elle va trouver ? C'est addictif ! Et tu seras copieusement servie question univers, c'est le moins que l'on puisse dire ^_^ Merci pour ton commentaire à l'enthousiasme préalable :)

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  8. Waouh ! Ça c'est de l'enthousiasme ! Je ne connaissais pas, merci pour la découverte. Si j'en ai l'occasion, il est clair que je n'hésiterai pas. Tu m'as rendu curieuse.

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    1. C'est sûr ! J'ai tellement été bluffée, qu'il fallait au moins ça pour le transmettre dans mon billet !!! Je suis contente d'avoir su titiller ta curiosité ;) C'est cool, merci à toi :-)

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  9. Je ne connaissais pas du tout, merci de la découverte !

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  10. Et be quelle chronique que tu défend bec et ongle. La tache peut à avérée ardu mais tu t y ai pris comme un chef bravo. Mais il est vrai que perso je n aime pas trop la sf mais peut être que je serais surprise. A voir peut etre

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    1. Merci beaucoup Chris :) C'est vrai que j'ai eu envie de brandir un étendard et de crier haut et fort combien je me suis éclatée avec ces 7 tomes ! Et je suis contente que mon enthousiasme se ressente. Si la SF n'est vraiment pas ton truc, tu peux faire l'impasse, les autres genres ne manquent pas de tentations ;-)

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  11. Waouh!Waouh!Waouh! Quelle chronique! Quelle passion communicative!
    Je viens d'achevé L'Etoile de Pandore et j'ai la sensation de lire mes impressions concernant ce cycle. De l'ambitieux, de l'intrigue soignéee de chez soignée, un florilège de personnages,... Et un livre passionnant!

    Et il paraît que l'Aube de la nuit est encore au-dessus!

    Je m'y lance l'année prochaine!

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    1. Ohhh, merci, merci, merci !!! C'était tellement grandiose que je ne pouvais décemment pas en faire moins !
      Mais je suis certaine que lorsque tu t'y mettras, tu nous rédigeras des chroniques du feu de Dieu, à tomber par terre, tellement c'est géant *_* Tu verras...
      Mais on aura l'occasion d'en reparler, et ça aussi c'est vraiment génial ;-)

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