dimanche 22 octobre 2017

Séance de rattra'pages #11

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois de juillet, août, et septembre 2017, classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  • La constellation du chien de Peter Heller (336 pages) : Immense coup de 💗 pour ce roman qui a fait remonter à la surface beaucoup plus d'émotions que je ne m'y attendais ! Une histoire post-apocalyptique puissante, avec un héros attachant, et une vraie réflexion sur l'humanité avec un grand H, la nature, et les trésors dont notre planète regorge ! Je ne peux que vous pousser à lire cet incontournable titre :)
  • Mr Gwyn d'Alessandro Baricco (215 pages) : Après 4 de ses romans lus, j'en viens à me demander si cet auteur parviendra à me décevoir un jour, tant sa plume me touche à chaque fois ! La saisissante histoire de Mr Gwyn est comme les autres, impossible à lâcher avant la fin, et presque douloureuse à quitter ^_^
  • Le lion de Joseph Kessel (256 pages) : Un classique de 1958 que l'on ne présente plus, et qui mérite d'être remis à l'honneur pour son indémodable force et la beauté de son récit ! J'ai dévoré ses 256 pages sans m'en rendre compte, tellement immergée dedans que je n'ai pu m'empêcher de verser quelques larmes à la fin... Si vous ne l'avez encore jamais lu, jetez-vous dessus !!!
  • Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (474 pages) : Ce fût pour moi LE roman "feel good" de cet été ! Une lecture bienfaisante mais pas sirupeuse, comme il est bon d'en lire de temps en temps, ne serait-ce que pour les valeurs positives qu'elle diffuse entre ses pages :) Je ne peux que vous la recommander chaudement !
  • Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé (248 pages) : Un prix Goncourt que je me réservais pour une journée de canicule, à l'ombre de ma terrasse, devant un grand verre de thé glacé ;-) Ambiance réussie pour le récit d'une confession mêlée de fierté et de folie, sous le soleil accablant de l'Italie ☀ À découvrir !
  • Le Dernier loup-garou de Glen Duncan (357 pages) : Violent, funeste, cru, et mélancolique, voilà un roman que je déconseille fortement aux âmes sensibles ! En revanche, pour tous ceux avides de sensations extrêmes, que la brutalité des scènes n'effraient pas, et qui apprécient un style d'écriture soigné (dont je fais partie), je dis : "Foncez !!!"
  • Nous ne sommes qu'ombre et poussière de Lyndsay Faye (448 pages) : Voilà une rencontre bigrement maîtrisée entre notre fameux Sherlock Holmes, et le tout aussi mythique Jack the Ripper ! Les amoureux de l’Holmésologie y trouveront un bon moment de lecture et une cohérence bien agréable. Si vous hésitez à vous lancer dans cette enquête, ma chronique vous convaincra peut-être ;-)
  • Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (139 pages) : Les nombreuses et excellentes critiques, sans oublier le titre et la couverture, ont été à l'origine de la découverte de ce beau roman, d'une rare intensité. Le récit poignant de ces femmes déracinées, face auquel on ne peut rester indifférent, fait trembler et réfléchir. À lire, pour honorer leurs mémoires et ouvrir nos consciences !
  • Nous allons tous très bien, merci de Daryl Gregory (200 pages) : Oui, seulement 200 petites pages, mais ô combien scotchantes, dérangeantes, mais redoutablement efficaces ! Première incursion dans l'univers "monstrueux" de Daryl Gregory, mais certainement pas la dernière ! La preuve à la ligne suivante, s'il vous en fallait une ;-)
  • L'éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory (448 pages ) : Voyez comme je suis de parole, je vous avais bien dit que je retournerai chez Daryl ! Eh bien voilà ! Je vois déjà votre curiosité poindre, et la question qui s'impose avec ce titre est : "Mordue, ou pas mordue ?" À vous de vérifier dans ma chronique à quel point l'atmosphère confiné de la mouvance zombiesque m'a réussi 😁

  • Bowie : L'autre histoire de Patrick Eudeline (144 pages) : Je ne suis pas friande d'essais biographiques, c'est d'ailleurs le premier que je lis depuis l'existence de ce blog. Mais Bowie ne pouvait être que l'exception qui confirme la règle de ne rien lui refuser ;-) Alors autant ne pas laisser le doute s'installer une seconde de plus ; je n'ai pas aimé celui-ci. Bourré d'anecdotes sans intérêt, et de potins volontairement trashs, la fan que je suis n'y a pas trouvé suffisamment de traces du génie de l'artiste, dommage...
  • 🌞🌞🌞🌞🌞🌞🌞🌞🌞

    Ce trimestre totalise 11 lectures (dont une biographie), soit 3265 pages.
    Je n'ai pas suffisamment publié, mais je me dis que je ne dois pas le faire sous la contrainte, sous peine de perdre le goût de bloguer... Alors j'attends que l'envie et l'inspiration me reviennent ;-)

    Septembre a vu se clôturer la 3ème édition du Challenge de La Licorne. J'ai eu la joie de remporter la 1ère place du niveau "Elfes psychopathes", en comptabilisant 29 points dont voici le détail.
    L'adorable Licorne a eu l'extrême gentillesse de me faire parvenir un paquet cadeau dont je vous laisse admirer le contenu 😍 Mille mercis ma Lili pour cette délicate et généreuse attention 💝
    Inutile de préciser avec quel enthousiasme je me suis réinscrite à la 4ème édition de ce challenge que j'apprécie tant !

    Du côté de mes réceptions, je me dois aussi de vous faire partager ma découverte du travail d'apicultrice de mon Lutin préféré !
    En plus de nous concocter de savoureuses et alléchantes critiques sur son blog Albédo, elle a eu la brillante idée de nous proposer, dans son billet du 30/09 intitulé Septembre 2017 au clair de miel, la possibilité de goûter son précieux nectar en achetant un de ses coffrets Gourmiel.
    Chose dite, chose faite, grâce à la réception de ce colis, je vais pouvoir me régaler de ses pots de miel aux étiquettes fantastiques ;-) Merci Lutin !!!

    Voilà que s'achève cette séance de rattra'pages, en espérant qu'elle vous aura donné envie de lire, mais aussi d'échanger avec vos ami(e)s de la blogosphère, car c'est bien là le but de ce beau et enrichissant partage. À bientôt !
    😘

    dimanche 15 octobre 2017

    L'éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory

    Synopsis : Stony a trois sœurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l’aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler... Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu’il est. Il n’a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d’autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage...

    Fantastique - 448 pages - Editions Le Bélial' (2014)

    Avis : Bluffée par ma découverte de Daryl Gregory avec Nous allons tous très bien, merci, c'est avec engouement que je me suis tournée vers cet autre titre !

    Séries, films, BD's, et romans de zombies ne se comptent plus ! Un sujet qui commence sérieusement à faisander, à l'image de la chair de ses protagonistes :) Mais quand un titre se détache de la masse gémissante, autant le signaler !

    Dans Nous allons tous très bien, merci, Daryl Gregory faisait ressortir son talent pour dépeindre la monstruosité en nous faisant partager les séances d'un groupe de parole, composé de survivants confrontés à l'horreur, allant même jusqu'à nous pousser dans les recoins les plus obscurs de leurs consciences post-traumatiques. J'avais été littéralement scotchée et en redemandais, prouvant combien Daryl Gregory a raison lorsqu'il dit :
    Mais je voulais aussi adresser un petit signe au lecteur, lui faire reconnaître qu’il lit volontairement une histoire d’horreur. C’est étrange… Pourquoi dépenser de l’argent pour se rendre dans une salle obscure en quête d’effroi ? Je pense que cela nourrit quelque chose de primitif en nous. Faire face à la terreur et en ressortir vivant est une sensation grisante.
    Avec L'éducation de Stony Mayhall, il nous démontre une fois de plus qu'il sait s'y prendre avec les créatures terrifiantes, allant même jusqu'à nous les rendre attachantes !
    Voilà donc une histoire qui renouvelle la représentation du zombie de bien belle manière !

    Stony, notre héros pas comme les autres, a été trouvé bébé, sur le bord d'une route neigeuse de l'Iowa au cours de l'hiver 1968 par une veuve et mère de 3 filles qui passaient par là.
    Le bébé est glacé, a la peau grise, sa poitrine ne bouge pas... il semble mort.  Pourtant ses yeux s'ouvrent malgré tout ^^ Wanda et ses filles le ramènent chez elles, lui donnent un bain chaud et le frictionnent, tout en réalisant que ce petit être est différent. Une évidence s'impose immédiatement : son existence doit rester secrète, pour sa propre sécurité et celle de sa famille d'adoption.
    Et pour cause ! Suite à l'apparition de zombies, lors d'un début d'invasion rapidement jugulé par le gouvernement quelques temps avant, la population est au aguets. Le moindre mort-vivant signalé est traqué et exterminé.

    Mais Stony a une particularité : il grandit ! Il est également intelligent, sensible, et dénué de la moindre agressivité.
    Son seul ami est le fils des voisins, Les Cho, qui ont accepté de garder le secret.
    Stony, au contact du jeune Kwang, atteint la même taille que son meilleur ami et évolue de paire avec lui. Leurs expériences de gamins donnant l'idée à Kwang de le surnommer l'Inexorable devant sa capacité à ne pas mourir.

    Les années vont passer paisiblement, jusqu'au jour où Stony va comprendre avec terreur qui il est, et combien les êtres comme lui sont pourchassés. Un événement tragique survient avec sa sœur, et Stony doit s'enfuir précipitamment de la ferme où il a toujours vécu à l'écart du monde extérieur.
    Sa fuite va l'amener à découvrir toute une communauté de morts-vivants clandestins. De planques en planques, il va apprendre que différentes factions coexistent.
    Les Gros Mordeurs, prêchant La Grande Morsure, une épidémie de transformation d'humains exponentielle ; les Abstinents, pour qui la morsure est proscrite ; et les Perpétualistes, dont le but est de maintenir la population des MV et d'enrayer leur extinction programmée.
    Curieux et vif d'esprit, Stony va vite se faire une place d'importance parmi eux. Il va se pencher sur les effets de la transformation, et comprendre que passée la fièvre de la morsure entraînant une fureur meurtrière de quelques heures seulement, les nouveaux morts-vivants peuvent ensuite rester pacifiques.
    Son étonnant développement de bébé à l'âge adulte, ajouté à sa sagesse, et à son de chemin de croix, vont l'élever au rang d'être exceptionnel pour faire de lui un guide spirituel, voire un messie qui s'ignore.

    Ce roman est une vraie bouffée d'air frais dans l'atmosphère confiné de la mouvance zombiesque !
    Différent des stéréotypes habituels, l'auteur nous offre le parcours initiatique d'un être souffrant de la monstruosité de son état et de la peur qu'il engendre, pour devenir le porte-drapeau des minorités opprimés. Le personnage irradie de sa lumière malgré son teint cadavérique, et les nombreuses mutilations subies n'altèrent en rien l'humanité qui se dégage de cet attachant personnage.
    Loin des scènes dégoulinantes d'hémoglobine que recèlent ce genre d'histoires, l'angoisse est là malgré tout, mais pas pour les même raisons que d'habitude. Même si la menace de La Grande Morsure plane, et que l'inquiétude pour les souffleux (vivants) monte, le sort de Stony nous est cher !
    Daryl Gregory nous apprend à éprouver de l'empathie pour ce qui nous terrorise, il brouille avec subtilité la ligne de démarcation entre beauté et monstruosité, comme le témoigne ce 2ème extrait d'un entretien avec lequel je choisi de clôturer ce billet d'éclairante manière.
    En bref, nous sommes tous des monstres. J’ai parfois décrit mes textes comme relevant de l’anti-horreur. Si, comme John Clute l’affirme, l’horreur consiste à découvrir l’hideuse vérité cachée et à la rejeter, alors c’est l’inverse qui m’intéresse : découvrir l’horrible vérité, supporter le sentiment de révulsion, et tendre vers l’empathie. 
     Chronique à découvrir chez : Livrement