mardi 14 juin 2016

Le Livre de Perle de Timothée de Fombelle

Synopsis : Tombé dans notre monde une nuit d’orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle et commence une vie d’exilé. Cette nouvelle vie fugitive, déchirée par un chagrin d’amour, est aussi une quête mystérieuse. Au fil du siècle, Perle rassemble un trésor pour défaire le sort qui l’a conduit loin de chez lui. Mais ceux qui l’ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour? Perle a-t-il raison de penser que la fille qu’il aime l’attend toujours là-bas?

Conte – 297 pages – Editions Gallimard (2014)

Avis : Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé d’un coup de cœur !
Eh bien le voici enfin, l’heureux élu, celui qui aura fait vibrer mon cœur à l’occasion de mon Challenge Printemps Elfique 2016 !
Ce Livre de Perle ne pouvait porter un autre titre, car nous détenons là une vraie petite perle, précieuse et unique <3
Une perle aux pouvoirs magiques, que j’ai gardée longtemps entre mes mains après avoir tourné la dernière page, de peur qu’elle ne s’évapore entre mes doigts… il me fallait la placer dans l’écrin de mes souvenirs, afin qu’elle y reste éternellement !

Cette histoire, JE VEUX qu’elle soit vraie, JE VEUX y croire !

JE VEUX imaginer que l’auteur, celui qui nous raconte cette merveilleuse histoire, ait véritablement rencontré Joshua Perle en se réveillant dans une cabane après une course éperdue dans la forêt à l’âge de 14 ans. Que cet évènement, enfoui dans ses souvenirs d’enfance comme un rêve, et brusquement ressurgit 25 ans plus tard, à l’occasion d’un bal des pompiers de 14 juillet, soit on ne peut plus réel.

Mais il avait un espoir. L’espoir qu’un jour on puisse raconter cette histoire qui parlait d’amour et d’exil, et qui finissait mal. Les histoires ne relèvent pas les morts mais elles rendent leurs amours immortelles

JE VEUX croire qu’il existe un autre temps, une autre terre, un autre univers ; celui des contes, et des royaumes enchantés, où les fées tombent amoureuses des princes, et où un sortilège de bannissement exile un jeune garçon pour le parachuter dans notre monde, devant un magasin de guimauves.

Plutôt que de chercher la sortie, il devait changer ce monde qui s’interdisait de croire aux autres royaumes. Le doute était sa prison. Il la briserait par la preuve. Voilà qui déferait son sort et le ramènerait chez lui.

JE VEUX que les trois récits - celui d’Ilian le prince exilé, de Joshua Perle et de l’auteur de ces pages - étroitement liés par un fil de féérie auquel je me suis accrochée avec mon âme d’enfant -, me laissent ce sentiment d’émerveillement encore longtemps. 

JE VEUX aussi espérer qu’il existe une brèche entre nos deux mondes, et que tous ces "fragments perdus des féeries" que Joshua cherche à retrouver pour ouvrir cette brèche et retourner dans le royaume de sa bien-aimée, existent réellement.

Comment parler à cet homme de son royaume et de l’amour qui l’y attendait peut-être ? Ilian avait été abandonné dans les grands bois de notre planète. Et les petits cailloux ou les écailles venus d’ailleurs dessinaient le seul chemin pour son retour.

À défaut d’avoir la chance de tenir un jour entre mes mains un de ces fragments, où même une des photos volées par ce jeune garçon, JE VEUX lire tous les autres romans de Timothée de Fombelle, pour qu’ils me fassent rêver les yeux ouverts comme celui-ci.

JE VEUX croire de toutes mes forces à cette célèbre citation de Peter Pan, reprise à la fin du roman, et me dire qu’aucune petite fée ne disparaîtra jamais à cause de moi.
Chaque fois que quelqu’un dit : « Je ne crois pas aux contes de fées », il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. - J. M.Barrie, Peter Pan
Et JE VEUX également dire merci à la petite fée (qui se reconnaîtra), de m’avoir guidée de ses petites ailes scintillantes vers cette parenthèse livresque enchantée, son Challenge Printemps Elfique étant à l’origine de la découverte d’une VÉRITABLE PERLE DE FÉERIE qui jamais ne devrait cesser de briller dans ma mémoire.

L'avis de Céline, en résonance avec mon ressenti, et que je remercie pour la confiance qu'elle m'a témoigné en découvrant ce merveilleux roman :)

dimanche 5 juin 2016

Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit

Synopsis : Lilas, une naine flamboyante, a choisi, depuis la disparition de Frêne, son époux, de prendre sa retraite de Chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l'endroit même où Frêne s'est "ancré" pour l'éternité. Entourée de quelques amis et d'Errence, un elfe qui est aussi son amant, elle mène une existence un peu trop paisible à son goût.
Alors qu'elle s'interroge avec angoisse sur son devenir, son fils Saule, pourchassé par un groupe de miliciens au service de la Haute Fée, fait irruption dans l'auberge. Il serre dans ses bras une adolescente de 16 ans, Brune, qui est à l'agonie.
Après quelques heures d'hésitation, et bien que pressentant l'immense danger qui émane de façon indiscible de la personnalité de Brune, Lilas décide de les protéger envers et contre tous.

Fantasy – 298 pages – Editions Le Pré aux Clercs (2011)

Avis : Chronique du Soupir… Un bien joli titre, s’intégrant à merveille dans mon Challenge Printemps Elfique, et qui a immédiatement fait soupirer d’attente la lectrice que je suis, me susurrant déjà à l’oreille mille promesses d’émotions garanties !
La faute à Mr Larousse aussi, il m’avait bien alléchée avec sa définition, le bougre ! :
Soupir : Expiration forte et prolongée occasionnée par une sensation, une forte émotion. Expression du chagrin, de la peine, de la passion amoureuse...
Me voilà donc prévenue ; le soupir, ça doit remuer un minimum, quoique…

Ce que Mr Larousse ne disait pas, le petit cachottier, c’est que le soupir peut aussi être à l’origine de tout un tas d’autres sentiments, comme par exemple d’un espoir déçu, ou d’un simple désenchantement face à une attente surdimensionnée… 
Et c’est un soupir de cet ordre-là qui s’est échappé de ma bouche à la fin du roman !

Un autre soupir s’évade aussi en écrivant ce billet, tiraillée et mise en difficulté par les sentiments mitigés que m’évoque cette lecture.

De soupirs, il est ici effectivement question, tant les personnages en sont lestés. 
Mais aussi de leurs souffles, infiniment lourds lorsqu’ils nous arrivent en plein visage dès les premières pages, asphyxiant toute envie d’en ignorer les causes.
Indéniablement, j’ai aimé l’originalité de l’histoire, et toutes les belles idées venues s’y engouffrer.


— Écoute-moi bien. Il y a la fée dans ton cœur et le souffle qu’elle te donne. Ce souffle, c’est un don, c’est une magie qu’il faut honorer. Mais ce n’est pas sa magie, tu comprends ? Ta fée n’est que le métal dont on fait les épées.

Partant du principe que tout être vivant (humains, nains, elfes...) vit avec une petite fée nichée à la place du cœur, j'ai été propulsée dans un monde singulier où les nains s’ancrent pour l’éternité en devenant des statues de pierre, où le pouvoir individuel du souffle est primordial et au centre de l’existence, où les sirènes peuvent nous bercer de chants polyphoniques ensorcelants,... bref, en pleine bourrasque fantasy, faisant voler en éclat tous mes repères, comme j'aime !!!

Certaines scènes m’ont fait soupirer d’aise pour leur créativité, et ont diffusé de sacrés flux d’inspiration de la part de l’auteur, comme ce baiser aux souffles mêlés...

La sensation d’être un oiseau qui avance à une vitesse prodigieuse, mais par à-coups. Portée par le souffle, sa conscience marque de brusques accélérations alternées avec des moments suspendus. Les champs féeriques acceptent le passage des deux souffles entremêlés. Le désir qui les lie agit comme un sésame.

Mais alors pourquoi ce sentiment de désappointement persiste-t-il me direz-vous ?

Sans doute parce que j’ai été frustrée de ne pas réussir à m’ancrer davantage dans le récit, à l’instar des nains ! Pas pour me changer en pierre, mais pour au contraire ressentir les sensations que l’histoire aurait pu m’insuffler, celles qui auraient pu faire s’agiter la petite fée dans ma poitrine.
Malheureusement, celle-ci s’est laissée engourdir par l’absence de lumière en général ! Je suis restée trop longtemps dans l’obscurité, sans petite lueur féerique pour me guider dans les méandres des lignes de vie. Les réponses sont arrivées trop tardivement, provoquant une sensation d'errance (comme Errence, un des personnages justement !) pendant une bonne partie de l'histoire ^_^

Privée de ce frémissement que j’aurais tant prisé, mon souffle n’a pas été coupé par l’émotion…  *soupir*…  et c'est bien dommage car je voulais tant soupirer à l'unisson.
Mais le souvenir restera bon, et porteur de l'ambition de lire d'autres romans de Mathieu Gaborit :)