vendredi 29 janvier 2016

Le Clan des Otori, tome 2 : Les Neiges de l'exil de Lian Hearn


4éme de couverture : Dans le Japon féodal du XIVe siècle, la guerre des clans fait rage. Sur les montagnes, les premières neiges viennent de tomber et Takeo, seul héritier de la puissante famille des Otori (après la mort de son maître Shigeru), a promis de rejoindre la Tribu, renonçant à la fortune et au pouvoir. Guerrier courageux, prêt à affronter les pires dangers et à assumer les plus lourds sacrifices, Takeo n’en est pas moins homme. Le souvenir encore brûlant de la mystérieuse Kaede – celle qu’il aimerait tant épouser – hante encore son cœur et son esprit. Mais la belle doit elle aussi suivre son destin et sa vie ressemble à un long combat sans répit pour retrouver sa liberté et cesser d’être un objet de convoitise dans un cruel monde d’hommes. Les deux histoires entrecroisées de Takeo et Kaede plongent le jeune lecteur dans une intrigue menée de main de maître où poésie et violence s’affrontent avec une rare beauté.

Aventure  – 336 pages – Editions Gallimard (2003)

Avis : Lors de notre lecture commune du premier tome avec Julia Little Daisy du blog "Come on Chicks", nous avions été tellement conquises que nous nous étions promises de continuer cette saga, avec la ferme intention de ne pas le faire l’une sans l’autre !
Nous voici donc de retour pour ce tome 2, dévoré à quatre mains, comme promis ;)

À la fin de l’épisode précédent, nous avions quitté Takeo le héros, à un tournant de son existence. Un serment le liant désormais à la Tribu (cette caste de guerriers-espions inspirée des véritables ninjas de l’histoire du Japon) l’obligeait à tout quitter ; son titre et son domaine de jeune héritier Otori, ses ambitions de seigneur à la destinée glorieuse, une promesse de vengeance à son maître Shigeru disparu, mais surtout Kaede cette jeune femme dont il était tombé éperdument amoureux et qu’il devait abandonner à l’aube de leur première étreinte, sans espoir de pouvoir l’épouser un jour…

Dans ce deuxième épisode, Takeo mûrit et va devoir découvrir qui il est vraiment ; un invisible, un membre de la tribu, ou bien un seigneur Otori ? Ou bien les trois à la fois ?
Son cœur est pur, mais maintenant qu’il est aux mains de la Tribu, celle-ci est bien décidée à le dompter et l’endurcir à force d’entraînement, de soumission et d’épreuves. C’est un jeune homme qui possède des talents spécifiques devenus rares dans la Tribu. Des facultés attisant la haine et la jalousie, mais dont le potentiel immense pourrait faire de lui un assassin de grand talent permettant  de redorer le blason de la Tribu.
Pour Takeo, ce tome est celui du questionnement et de la mise en abîme pour tenter de trouver sa véritable voie.. L’heure des choix a sonnée, et avec elle, celle des décisions dangereuses et irrévocables !

Keade, de son côté, va elle aussi subir de plein fouet cette séparation forcée. Elle va devoir prendre en main son destin de femme dans un monde essentiellement masculin. Elle ne veut pas appartenir ou être assujettie à un autre homme et doit se montrer forte et ambitieuse pour ne pas devenir l’esclave d’une alliance imposée. C’est un beau personnage féminin, au caractère affirmé, et qui va elle aussi prendre de courageuses décisions devant quantité d’obstacles et de préjugés.

Une fois encore, j’ai été charmée par la plume de Lian Hearn ! C’est fou comme elle sait entremêler les émotions et les destins des personnages avec nuance et lyrisme.
Tout est subtilement romanesque, ni blanc ni noir, et la brutalité côtoie la délicatesse, tout comme la raison peut se faire l’écho de la passion.
Un kaléidoscope de sentiments aux couleurs douces ou chatoyantes, mais qui peut brutalement s’obscurcir où se teinter de rouge sang.

Et puis n’oublions pas l’une des grandes forces du récit : son environnement !
Je trouve déjà qu’à l’origine, le Japon se prête à merveille aux ambiances contemplatives ^^

Juste derrière le passage étroit, le fleuve tombait de nouveau de quelques pieds pour former une série de bassins profonds. Je perçus un mouvement soudain et me rendis compte qu’un héron au plumage immaculé péchait dans l’un de ces bassins, sans se soucier de la neige. C’était comme un signe – l’emblème des Otori à la frontière de leur fief –, peut-être un message de sire Shigeru m’indiquant que j’avais enfin fait le bon choix.

Dans cet épisode intitulé "Les Neiges de l’exil", toute la beauté et la poésie de la nature nous entoure avec harmonie ! À l’image de l’histoire d’amour de Keade et Takeo et de leur séparation forcée, j’ai senti le paysage se refermer tout autour de moi, et au fil des pages, la saison hivernale a pris sa place comme un personnage qui se révèle peu à peu. Les montagnes enneigées, les flocons duveteux, le murmure d’une source qui se fige par le gel…, tous ces éléments sauvages et authentiques m’ont fait entrer dans une torpeur, symbolisant merveilleusement bien l’exil des cœurs vécu par nos deux héros.

Suivant le cycle immuable des saisons, et après l’engourdissement hivernal, le roman se termine au retour du printemps, à la floraison des cerisiers, et avec cette renaissance, l’avènement de grands bouleversements à venir pour la suite, à n’en pas douter !

Un moment de lecture à part, et partagé avec bonheur :)
Merci Julia, je suis absolument ravie de cette lecture commune, et me réjouis à l'avance de découvrir la suite en ta compagnie !!!
Le billet de Julia, superbe !

Tome 1


jeudi 21 janvier 2016

Planète à gogos de Frederik Pohl et Cyril M. Kornbluth

Résumé : Il y a beau temps que la Terre n'est plus gouvernée par les politiciens mais par les publicitaires. À coups d'annonces directes sur la rétine ou de pin-up en trois dimensions qui vous susurrent des slogans à l'oreille. Et qu'importe si notre planète est polluée jusqu'à l'os ! La nature nous aurait-elle donné l'intelligence de synthétiser l'acide ascétique si elle tenait à nous voir manger des fruits frais ? Seul problème : l'espace. Où loger les consommateurs nécessaires ? Sur Vénus ! Il suffit de les persuader que l'existence y est délicieuse. Ce à quoi s'emploie M. Courtenay... Jusqu'au jour où une agence rivale tente de l'éliminer en toute illégalité — c'est-à-dire sans notification de meurtre préalable — et ébranle du même coup ses certitudes...

Science-fiction – 220 pages – Editions Denoël (Présence du futur) (1993)

Avis : Place aujourd’hui à un roman de science-fiction qui n’est pas tout jeune ; plus de 60 ans d’âge, rien que cela ! Et comme le bon vin, son millésime est d’exception puisque 1953 fut un très bon cru pour la science-fiction, voyez plutôt :


Pfiou..., tout ça ne nous rajeunit pas, même si je n'étais pas née et que ma mère jouait encore à la poupée :)
Une chose est sûre, Planète à gogos, écrit à quatre mains et considéré comme un classique de la SF, mérite de figurer dans le haut du tableau du hit-parade de cette florissante année, et son grand succès (critique & commercial) n’est pas usurpé.
D’où mon rapprochement avec le vin, qui résulte de la forte intuition que ce roman s’est bonifié avec le temps.
Je suis certaine que cette satire sociale du capitalisme et de la publicité a pris davantage d’envergure au fil des décennies, pour arriver aujourd’hui à faire résonner autant d’échos.

Ses deux auteurs nous présentent un monde futur régenté par les agences publicitaires, et divisé en deux catégories :

D’un côté, les pauvres, toutes ces Mesdames et Messieurs Tout-le-monde, réduits à de vulgaires consommateurs. Incapables de penser par eux-mêmes, ils sont les lobotomisés de la réclame, devenus moutons dans un troupeau dirigé par les grandes firmes publicitaires, et marionnettes tirées par les ficelles de leurs addictions quotidiennes.

« Dans la soirée, la faim me prenait et il y avait toujours une cantine où je pouvais sans difficulté trouver des biscuits Craquesel à crédit. Les Craquesel vous laissaient dans la bouche un goût un peu salé dont on ne pouvait se débarrasser qu'en allant boire deux autres rations de limonade au distributeur. La limonade, par contre, vous donnait envie de fumer des cigarettes Starr, après quoi vous aviez de nouveau faim de Craquesel... Etait-ce bien ainsi que Fowler Schocken avait conçu avec Starrzelius Verily le premier trust sphérique ? Limonade-Craquesel cigarettes-limonade... le cycle infernal. »

De l’autre, les riches, les publicitaires, cette caste dite "supérieure", chargée de guider d’une main de pub les choix, les envies, les besoins des premiers. Gravitant au sein d’agences sans scrupules, ils sont les têtes pensantes d’une société exclusivement basée sur la consommation. Au mépris des ressources naturelles, ils ne mangent, dorment, pensent que pour augmenter leur rendement à coups de campagnes publicitaires, tout est bon !
Et quand notre héros, Mitchell Courtenay "publiciste de première classe" comme il s’enorgueillit, se voit nommé par sa société à la tête d’un projet de colonisation de la planète Vénus, c’est la consécration pour lui ! D’autant que c’est un rédacteur talentueux, de la trempe de celui qui le matin se lève avec une illumination du genre : « On se lève tous pour Danette ! »
Imaginez un peu, toute une planète à exploiter et de futurs colons à endoctriner, une véritable manne !!! 
Sauf qu’au milieu de tout ça, il y a les « écolos », et qu’ils n’ont pas encore dit leur dernier mot !

« Les écologistes étaient des proies rêvées, des fanatiques stupides qui prétendaient que la civilisation moderne "gaspillait" les ressources de notre planète. Ridicule. La science est toujours d'une étape en avance sur les défaillances des ressources naturelles. Quand la viande commença à se faire rare, les soyaburgers étaient déjà prêts ; quand les réserves de pétrole donnèrent des signes d'épuisement, la technique mit au point le péditaxi. »

Conseillé par un ami amateur de SF (que je remercie chaleureusement au passage) pour une lecture commune, je repars enjouée de cette trouvaille que j'ai trouvée pétulante et débordante d’ironie envers l’univers du marketing.
Les péripéties rocambolesques du héros, embarqué malgré lui dans de fumeuses combines entre gros bonnets de la pub, écolos énigmatiques, et gente féminine, nous catapultent au sein de guéguerres de pouvoir réservant leur lot de situations cocasses dans une ambiance délicieusement pulp !

Je ne vous pondrai pas de slogans du genre :
« Plutôt que de danser le tango, 
lisez donc Planète à gogo !!! » 
Ne vous ferai pas non plus de propagande à grands renforts d’annonces pour vous vendre ce roman. N’est pas Mitchell Courtenay qui veut ^^
Non, sachez juste que 63 ans plus tard, c'est toujours aussi bonnard !!!

samedi 16 janvier 2016

Challenge En 2016, je compte mes pages


A chaque début d'année, je me demande combien j'ai lu de pages l'année précédente ! Non par esprit de compétition - je sais déjà que mon débit n'est guère conséquent - mais plutôt pour analyser mon année livresque et la comparer aux précédentes...

C'est pourquoi le challenge organisé par Kyradieuse tombe à pic, d'autant que le principe en est simple et peu contraignant :

- Lire un nombre défini de pages tout au long de l'année 2016, et se tenir au palier choisi. 
Sachant que seules les pages de romans comptent (pas de mangas / BD / livres pour enfants / livres de cuisine / livres photos, etc...). Et qu'Aucune marge d'erreur n'est acceptée, (seules les pages lues entre le 1er janvier 2016 et terminées au 31 décembre 2016 comptent).
Les paliers :
De 5 001 pages à 10 000 pages : Lecteur novice
De 10 001 pages à 20 000 pages : Lecteur émérite
De 20 001 pages à 30 000 pages : Lecteur inné
De 30 001 pages à 40 000 pages : Lecteur expert
De 40 001 pages à 50 000 pages : Lecteur de compétition
Plus de 50 001 pages : Lecteur marathonien 

Après un rapide calcul de mes pages lues en 2015 (environ 15300), j'ai choisi de m'inscrire en tant que lecteur émérite !  GO !!!
Mes billets trimestriels Séance de rattra'pages serviront au décompte de mes pages et seront répertoriés ci-dessous :

1er trimestre 2016 :    3899 pages.  Détails des lectures dans la séance de rattra'pages #5
2ème trimestre 2016 : 3405 pages.  Détails des lectures dans la séance de rattra'pages #6
3ème trimestre 2016 : 2966 pages.  Détails des lectures dans la séance de rattra'pages #7
4ème trimestre 2016 : 3761 pages.  Détails des lectures dans la séance de rattra'pages #8

TOTAL de l'année 2016 : 14 031 pages lus
CHALLENGE REUSSI !!! Je suis une lectrice émérite ;-)

mercredi 6 janvier 2016

Séance de rattra’pages #4

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel permettant de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois d'octobre, novembre et décembre 2015, classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches Livr'addict)
  • Rêves et Cauchemars, tome 1 de Stephen King (507 pages) Un recueil de nouvelles digne du Maître King ! Si ses rêves et cauchemars ressemblent à ce florilège, nul doute que ses nuits doivent être bien agitées ^^ Merci de nous en faire profiter Mr King, ce fût un régal !!!


  • Derniers jours d' Adam Nevill (456 pages) : Une histoire de secte avec des "compagnons de sang", brrr... Je peux vous assurer que ce roman m'a flanqué les chocottes pendant un moment, j'ai même failli dormir la lumière allumée ^^ Ambiance garantie, dont l'intensité retombe un peu à la fin, sans quoi il serait monté d'un cran dans ce classement... 
  • Les Vestiges de l'aube de David S. Khara (264 pages) : Un thriller fantastique avec un duo de personnages fichtrement bien campé, ce qui donne une tonalité toute particulière à ce premier tome. Rien que pour le retrouver (ce duo), le tome 2 ne prendra pas la poussière dans ma bibli, c'est moi qui vous le dis ! Ma chronique.
  • Newsflesh, tome 1 : Feed de Mira Grant (450 pages) : Un roman post-apocalyptique tonique, avec des complots politiques et des journalistes éthiques, tout ça dans un univers technologique et copieusement zombique, bref... tout sauf apathique :D Ma chronique.
  • La véritable histoire de Noël de Marko Leino (300 pages) : Pour la période des fêtes, un petit conte de Noël ne se refuse jamais ! J'ai trouvé que l'origine de la légende du Père Noël était ravissante et pleine de charme. Une jolie découverte avant d'ouvrir ses cadeaux de Noël :)

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  • Si je reste de Gayle Forman (185 pages) : Une belle histoire avec un thème fort ! Mais l'émotion n'a pas été aussi puissante qu'espérée, il m'a manqué ce petit "je ne sais quoi" pour être vraiment conquise. Peut-être seulement une question de mauvais timing pour le lire, qui sait ?
  • Le lac de Yasunari Kawabata (126 pages) : Un auteur dont j'adore la plume, mais qui cette fois m'a laissé un avis mitigé... Le héros m’a semblé pathétique voire malsain, trop pour m’y attacher, mais le style de l'auteur est juste inimitable pour parler de la beauté des femmes ! Je ne regrette pas la lecture de ce deuxième Kawabata, même si « Les belles endormies » fût une bien plus jolie découverte :)
  • La tombe des lucioles d'Akiyuki Nosaka (139 pages) : J'étais totalement tombée sous le charme de l'adaptation cinématographique, c'est pourquoi j'attendais beaucoup du roman. Finalement j'ai été un peu déçue de ne pas y retrouver la même poésie, et de ne pas avoir été aussi bouleversée que devant mon écran. Mais l'histoire reste terriblement touchante malgré tout.

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    Nouvelles :
      




  • Petit Papa Errant de Denis Labbé : Une nouvelle de circonstance puisque lue le 25 décembre, et qui m'a donné très envie de découvrir les romans de l'auteur. Du potentiel, voilà ce que m'inspire ce petit récit !
  • Les nouvelles aventures de Carnacki, saison 1 : La chambre rouge de Frédéric Livyns : Très sympathique petite enquête paranormale, mettant en scène un enquêteur assez doué, il faut bien l'avouer ^^
  • De spiritiS de Tesha Garisaki (25 pages) : Celle-ci m'a moins emballée ! Je ne pense pas garder un souvenir impérissable de l'histoire, mais le style d'écriture était néanmoins très agréable.

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    Bilan de ce dernier trimestre de l'année :
    7 romans, 1 recueil de nouvelles, 3 nouvelles, mais aucun coup de cœur (environ 2500 pages).
    Je vous avais prévenu lors du précédent que celui-ci ne serait pas bien lourd. Des soucis m'ayant tenue éloignée des livres durant quelques semaines…

    J'ai vaillamment clôturé mon challenge ABC Imaginaire 2015 sur une médaille de platine avec 15 livres lus sur 26, un résultat que je n'osais espérer vu mes lectures en dent de scie ^^

    Je démarre l'année 2016 plus motivée que jamais à découvrir de nouvelles pépites livresques !
    Évidemment, vous en serez les premiers avertis :)
    Je vous dis donc à très bientôt, en vous souhaitant de très belles pages également ;-)

    vendredi 1 janvier 2016

    Meilleurs vœux 2016

    Je vous souhaite une
    remplie de merveilleuses découvertes livresques !



    de continuer à me suivre,  et d'illuminer ce blog au quotidien avec vos fidèles commentaires qui me vont toujours droit au cœur !