lundi 31 août 2015

Les Quatre Eléments, tome 1 : Une Ère Nouvelle de Chris Red

Résumé : 24 juin 2016. Une Apocalypse a frappé la Terre. Le monde tel que nous le connaissons a été détruit. Cependant, l'Humanité n'a pas été anéantie dans son intégralité. Natan parcourt la planète, accompagné de son oncle Yizrah, à la recherche de son frère, Eyal, qu'il a perdu ce fameux jour. Leur quête va les emmener à découvrir un nouveau monde, à rencontrer des gens de différents horizons et à vivre des aventures plus trépidantes que leur ancienne vie ne pouvait prétendre à leur offrir.
Ils vont réaliser que cette Apocalypse représente une seconde chance pour l'Humanité.

Science-fiction  – 394 pages – Editions Christophe Demarcq (2014)


Avis : Tout d’abord un grand merci à l’auteur, Chris Red, pour ce partenariat et la confiance qu’il m’a témoigné en m’envoyant son premier roman !

Une Ère Nouvelle ; voilà un premier tome qui porte bien son nom ! L’humanité a subi de graves déboires, les hommes ont perdu la tête, la troisième guerre mondiale a explosé, faisant régner la violence un peu partout à la surface du globe. Mais surtout la terre s’est révoltée contre ces mêmes hommes qui ne la respectaient plus, entraînant ouragans, tremblements de terre, tsunamis, volcans, et autres dévastations en tous genres.
Le roman commence après cette Apocalypse qui a laissé quelques humains errants sur la planète. Il faut tout reconstruire, tout reprendre à zéro, mais avant ça, il faut réapprendre à vivre différemment en tenant compte des erreurs du passé…

Nous faisons progressivement la connaissance des humains qui ont survécus et qui se retrouvent sur une terre aride et inhospitalière dans un tout petit village nommé Jahalah qui a vu le jour grâce à une petite famille du même nom qui est venue s’installer là.
Si Natan est bien l’élément central (dans tous les sens du terme) du récit, Chris Red n’est pas avare de personnalités différentes qui vont venir progressivement agrandir le paysage.
C’est ainsi qu’il construit peu à peu toute une gamme d’individualité qui va prendre une part active à la trame d’une histoire dont les ramifications et les aboutissements sont multiples.
Si les gentils aux sentiments nobles sont bien représentés, les méchants ne sont pas oubliés pour autant, ils forment une sale équipe, et ont quelques représentants à l’ambition dévastatrice notoire.

Quand je parlais d’éléments à propos de Natan, ce n’est pas un hasard ; l’histoire se situe à un carrefour crucial de l’humanité, c’est ce que l’on comprend dès les premières pages grâce à un dialogue très court entre deux personnages mystérieux au tout début du roman !
Ainsi, on apprend un peu plus tard que d’un univers en quatre dimensions, régi par les quatre éléments fondamentaux de la nature à savoir ;  le feu, la terre, l’air, et l’eau, s’amorce une période de transition vers la cinquième dimension… Mais quelle est cette cinquième dimension ?
Je vous invite à le découvrir dans ce premier tome !

Le respect de la nature, le retour à la solidarité et l’égalité entre êtres humains, mais aussi le rejet d’un matérialisme nuisible, et le besoin de spiritualité, sont autant de messages envoyés aux lecteurs afin d’éveiller les consciences, à l’image des personnages de cette histoire qui trouvent leur lumière intérieure et les portes à déverrouiller pour atteindre l’illumination salvatrice.
Il est certain que l’auteur parvient à faire ressortir une dimension spirituelle mais aussi morale au travers de son récit que le lecteur ne peut ignorer.

La fin laisse quelques personnages sur le bas-côté tandis que d’autres prennent un chemin qui augure bien des événements pour la suite... Evénements qui ouvrent d’ailleurs une nouvelle dimension prometteuse et davantage tournée vers la science-fiction sur les dernières pages !
Encore merci à Chris Red pour cette découverte dont l’univers se trouve par ici !

dimanche 16 août 2015

Une aventure d'Alexia Tarabotti - Le Protectorat de l'ombrelle- Tome 1 - Sans âme - de Gail Carriger

Résumé : Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Steampunk  – 425 pages – Editions Le Livre de Poche (Orbit) (2012)

Avis : je n’en pouvais plus d’entendre parler de ce Protectorat sans avoir encore fait la connaissance de Mademoiselle Alexia Tarabotti, l’héroïne de cette saga… et c’est un sacré numéro, moi je vous le dis !

Quand vous aurez lu le résumé, vous aurez vite compris qu’elle s’est mise dans de beaux draps dès que le récit commence. Remarquez, pour les lecteurs que nous sommes, c’est une excellente entrée en matière, nous n’allons pas nous en plaindre, bien au contraire !

Nous faisons sa connaissance lors d’un bal dans la demeure du duc de Snodgrove, et plus précisément dans la bibliothèque, son sanctuaire favori, où Alexia s’est réfugiée pour tromper son ennui mais surtout pour prendre le thé et grignoter quelque chose au passage si possible… Mais c’était sans compter sur une rencontre imprévue ; un vampire affamé et visiblement très mal éduqué !
Alexia n’est pas du genre à se laisser intimider pour si peu, elle a plus d’un tour dans son sac, ou devrais-je dire dans son ombrelle ;-)

1) C’est une vieille fille de caractère, intelligente et courageuse et qui n'a pas froid aux yeux. 
2) Elle possède une ombrelle du tonnerre : “Elle l’avait entièrement conçue et réalisée elle-même : un objet noir à fanfreluches sur lequel étaient cousues des pensées mauves ; la structure était en cuivre et sa pointe en argent contenait de la chevrotine“
3) Mais surtout c’est une paranaturelle : “Elle devait son état, tout comme ses cheveux noirs et son nez proéminent, à son défunt père italien. Cela signifiait en fait que des mots comme je et moi étaient plus que théoriques pour elle. Il ne faisait aucun doute qu’elle avait une identité et un cœur qui ressentait des émotions et tout ça ; mais elle n’avait tout simplement pas d’âme.“
Une condition bien utile pour annihiler tous pouvoirs surnaturels ! Un simple contact de sa part et hop, vampires et loups-garous redeviennent de petits agneaux sans défense, pratique n’est-ce pas ;-)
Bref…, la voilà donc impliquée dans une sale histoire, de la tarte à la mélasse plein ses jupons, un service à thé en miettes ainsi que son précieux contenu répandu au sol, son estomac qui gargouille toujours, et accessoirement un cadavre au goût vestimentaire douteux à côté… Un sacré branle-bas quoi !

L’autre personnage réjouissant du roman ; Lord Conall Maccon, comte de Woolsey, écossais de naissance, mâle Alpha des loups-garous locaux, ministre en charge des relations avec les surnaturels du BUR (Bureau du registre des non-naturels). C’est LE séducteur de ces dames, celui vers qui toutes les têtes se tournent, séduisant et mystérieux, nimbé d’une aura de danger animal, sous le vernis de son titre de noblesse.
Entre eux deux, l’ambiance est électrique, vous imaginez bien le tableau entre un attirant Comte au charme dévastateur et une vieille fille qui n’a pas la langue dans sa poche et n’hésite pas à le traiter effrontément de… louveteau, pas moins !!! D’où des dialogues savoureux dès le premier chapitre, puisqu’ils se connaissent déjà, et ont même un contentieux à régler au sujet d'une histoire de hérisson apparemment ^^

Comme vous le laisse envisager ce préambule, l’auteure Gail Carriger nous parachute sans chichi et avec une grande aisance dans un univers cocasse vraiment soigné. Tout est arrangé pour que l’on se sente immédiatement à l’aise dans le bruissement de nos nouveaux jupons !
Pourtant, elle n’est pas allée vers la facilité, son petit monde version steampunk est structuré, parfaitement huilé même ! Les idées sont bien là, et les strates d’une société où coexistent humains et surnaturels sont crédibles et assez ingénieuses. 
Dans cette ambiance victorienne, au milieu des frous-frous, chapeaux, et convenances aristocratiques, se côtoient à merveille loups-garous, vampires, espions fantômes et autres créatures surnaturelles !
Tout ce beau petit monde déambule parmi les machines à vapeur et les dirigeables, dans une intrigue où la science et les expériences en tout genre sont forcément de la partie. Imaginez un peu des savants fous au milieu de tout ce maelström, un véritable chaudron en ébullition !!!

L’humour et les situations comiques (je pense notamment à une scène dans une cage où nos deux héros se retrouvent enfermés) ne sont pas en reste. Impossible de garder son sérieux très longtemps, et ce n’est pas tous les jours que je me suis autant amusée dans un roman.
Une part de romance ajoute du piment à cette bonne virée en terrain steampunk, parfois rocambolesque mais étudiée, élégante, et saupoudrée d’une bonne dose d’humour !

Ce fut une lecture gourmandise, qui s’est judicieusement invitée dans ma liste de romans de l’été, acidulée et piquante à la fois, elle m’a fait pétiller les papilles et m’a donné envie de remplir ma boîte à friandises avec les quatre autres tomes, d'autant que pour les jours de pluie ou un peu tristounets, ils devraient bien remplir leur rôle :)
Pour aller plus loin, une version manga existe aussi ! Et même un blog créé par Gail Carriger où elle revient sur le style vestimentaire d'Alexia ;-)

Lettre U - 11 sur 26

dimanche 2 août 2015

Magicienne de Didier Quesne

Résumé : La tradition veut que les enfants roux soient suspectés d'être liés avec le Diable. Alors, quand on s'aperçoit que la petite fille née le jour de la fête des morts est rousse, il y a de quoi déclencher la vindicte populaire. Il est vrai que Sylve n'est pas une petite fille comme les autres. Bien qu'elle ne comprenne pas ce qui la différencie des autres. C'est vrai qu'elle possède de nombreuses facultés qui feraient trembler le moindre habitant de son village. Toutefois, il s'avèrera qu'elle n'est pas un suppôt du Diable, mais une vraie magicienne ...

Fantasy  – 315 pages – Editions Nestiveqnen (2003)

Avis : ce roman de Didier Quesne est un peu tombé par hasard entre mes mains ! Au départ, il me fallait trouver un auteur commençant par la lettre Q pour mon challenge ABC de l’imaginaire, et puis de fil en aiguille cette lecture s’est également imposée pour la session fantasy du challenge de La Licorne… C’était aussi une excellente occasion de découvrir un auteur de fantasy française !

L’histoire débute dans un petit village médiéval reculé, dominé par un château en ruines, où la vie est rude à force de travail, et les rires absents ou exprimés en cachette. 
La seule fête de l’année, où plutôt réunion de village est Samheïn, la fête des morts. Il faut dire que pour perpétrer de lointaines croyances toujours bien ancrées, Samheïn était à l’origine destinée aux anciens dieux qui pouvaient encore roder près du village. Avec le temps elle est plutôt devenue un devoir, une sorte de passage obligé qui fait se rassembler les villageois  autour du puits pour conjurer le sort lié aux trépassés. 
Une année, Samheïn se déroule sous un ciel anormalement clément, pas de vent ni de pluie comme à l’accoutumé, mais au contraire un ciel clair où brillent de nombreuses étoiles autour d’une imposante pleine lune ! C’est sous ces curieux et inhabituels auspices météorologiques qu’Annie met au monde une petite-fille pas comme les autres ; Sylve.
Sylve est une "roussotte" comme on l’appelle, et à peine sortie du ventre de sa mère elle ne crie pas mais observe son entourage avec des yeux vifs et intelligents.

Le roman est bien construit, on assiste d’abord à l’enfance de cette petite fille différente qui va se voir très vite rejetée par l’ensemble des villageois, mais heureusement soutenue par une mère aimante et affectueuse ! Mais, quand la doyenne du village meurt, celle qui garantissait une certaine retenue dans le rejet dont elle et sa mère font l’objet, l’histoire commence à prendre un tournant peu réjouissant pour elles deux, et débutent alors les premières manifestations du pouvoir de cette étrange petite fille. 

Le récit se met en place peu à peu et nous laisse entrevoir la frontière entre magie noire et blanche au travers d’une histoire simple et bien tournée. Sylve devra choisir entre bien et mal, envahie de ce pouvoir qui la dépasse, rejetée et détestée des autres, avec l’amour de sa mère et l’attraction de la forêt pour seuls guides. Le récit nous emmène sur le chemin tortueux des croyances, de la peur du courroux de Dieu, où les manifestations attribuées au Malin laissent la part belle au pouvoir arbitraire de l’inquisition.
L’amour éclaire malgré tout cet univers rude et obscur, notamment grâce à de belles rencontres comme celle de Louise et son fidèle compagnon Baal !
Mais aussi par l’entrée en scène d’un Duc taciturne au cœur pur…

Didier Quesne a choisi d’utiliser du vieux français dans les dialogues entre ses personnages, et c’est justement ce langage inaccoutumé qui permet au lecteur d’entrer directement dans une ambiance moyenâgeuse, où les expressions et le vocabulaire rustiques volent presque la vedette à l’histoire en elle-même…

— Je n’aime point aller au puits, mère, disait-elle invariablement.
— Je sais, ma fillote. Tous les jours tu me le répètes. Et tous les jours je te dis que je nouls que tu restes pareille à une bête, sans envisager tes semblables. 
— Mais ils ne ragoûtent point ma présence à leurs côtés. Dès que j’apparais, il y a mésaise sur leurs minois. Je le sens. Même s’ils le tiennent fermement clôt en leur bec muselé, j’ois à demi ce qu’ils machèlent dans leur cap épais.
— Ne t’en va jamais narrer ça à quiconque, Sylve ! s’exclamait Annie quand elle entendait ces propos dans la bouche de sa fille.
— Je sais bien qu’il n’y a que toi qui le puisses entendre, mère. Même au François, je tais ce caractère.

Si je parle d’histoire dont on a volé la vedette, c’est que quelque chose a cloché pour moi de ce côté-là !
Le manque d’originalité a, sans doute, pas mal joué, car très vite je me suis attendue à la suite des événements, ne trouvant aucune surprise dans le déroulement de l’histoire. J’ai vaillamment tenté de me rattraper sur les personnages, mais sans grand succès car je me suis sentie un peu trop étrangère à leurs destins, tout en devinant ce qui allait leur arriver bien trop à l’avance. Du coup, je n’ai pas ressenti l’émotion souhaitée, et suis restée une spectatrice trop passive à mon goût.
Dernier petit regret ; le côté fantasy un peu trop « light » pour me rassasier pleinement… Les manifestations de pouvoir à coups de boules de feu où de télékinésie destructrice ne m’ont pas emportée dans leurs déferlantes vagues ! Je suis restée à côté, où plutôt derrière mes pages, bien à l’abri, sans même que l’odeur de soufre ne me chatouille les narines, un peu dommage !

Malgré ces petites déconvenues, j’ai puisé dans ce roman de bons moments de lecture et de généreux dialogues à l’empreinte adroitement médiévale ! Je le quitte avec un ressenti final en demi-teinte, très certainement dû à une attente trop grande !

Lettre Q - 10 sur 26
Lu dans le cadre de la 6ème session 
du Challenge de La Licorne