samedi 28 février 2015

Challenge Sur le Fil de la Lame

お早う御座います。Ohayô gozaimasu



Comme vous le savez déjà, j’aime la littérature japonaise et tout ce qui s’y rapporte ! C’est donc tout naturellement que j’ai répondu à l’appel d’Amarüel et de JuliaLittleDaisy :
« Nous avons besoin d’âmes guerrières, de personnes loyales, fiables et que rien, ni personne ne détourne du chemin qu'elles ont choisi ! Arme toi de ton sabre et deviens un samouraï pour parer à ce challenge.»

Modalités : Lire un livre suffit à valider le challenge.


Avant de m’engager, je dois méditer mon code d’honneur et de moral : le bushido


    1. N'oublie jamais le bushido,

    2. Sois toujours prête à servir ton maître,
    3. Respecte tes devoirs envers tes parents,
    4. Sois miséricordieuse à tout moment et assiste les autres.

Les territoires de ma formation seront : La saga Le Clan des Otori de Lian Hearn, 

et peut-être d’autres encore inconnus…

Et je prononce le serment Samouraï :


Je n’ai pas de livres sur les samouraïs, je fais de ce challenge mon défi

Je n'ai pas de pouvoir magique, je fais de ma personnalité mon pouvoir magique
Je n'ai pas de membres, je fais de ma promptitude mes membres
Je n'ai pas de lois, je fais de mon autodéfense ma loi
Je n'ai pas fait de miracle, je fais de la lecture mon miracle
Je n'ai pas de talents, je transforme mon imagination en talent
Je n'ai pas d'armure, je fais de ma bienveillance mon armure
Je n'ai pas de château, je fais de mon esprit inébranlable mon château
Je n’ai pas de sabre, mais mes mots seront mon arme
Je n’ai pas encore lu ces livres mais je m’engage à l’avoir fait d’ici l’année prochaine.

Voilà, je me sens prête à affronter mon destin ;)

lundi 23 février 2015

Anno Dracula de Kim Newman

Résumé : Londres, 1888. La reine Victoria s'est remariée avec le comte Dracula, qui entend répandre le vampirisme dans tout le royaume. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner " le baiser des Ténèbres " et boire le sang qui leur assure l'immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d'argent, en s'attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime.

Fantastique - Horreur – 473 pages – Editions Bragelonne (2012)

Mon avis : Ce roman est un véritable tour de force !
Tant par son originalité que par ses références multiples et diverses.

On comprend rapidement qu’il s’agit là de l’œuvre d’un passionné du monde draculesque, qui a eu l’ingénieuse idée d’extrapoler sur l’éventualité d’un échec cuisant de Van Helsing et de ses comparses.
Partant de cette idée plutôt alléchante d’un Comte Vlad Dracula désormais libre de ses mouvements, il a su exploiter ce point de départ pour nous plonger avec habileté dans ce fog londonien recélant mystères, complots, et révoltes sous-jacentes et y fondre le célébrissime Jack l’éventreur version vengeur masqué anti-vampires.

En effet, quoi de mieux que cette époque Victorienne et ses mouvements de contestations sociales opposant prolétariat et aristocratie pour permettre l’accession au pouvoir de ce monstre sanguinaire en Prince consort prêt à remodeler le monde à son image ?


Les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement, les non-morts deviennent les aristocrates assoiffés et imbus d’eux-mêmes, et les prolétaires de vulgaires "fontaines à sang-chaud sur pieds". 
D’une idée ayant apparemment murit durant plusieurs années, on arrive à cette version finale vraiment aboutie et relevant avec brio un challenge plutôt audacieux.

J’ai été parfois un peu submergée par cet hyper référencement continuel. L’abondance de personnages référents qui défilent tout au long de l’histoire est presque souveraine, et j’ai eu la sensation que Kim Newman avait mis un point d’honneur à faire figurer ou à inclure un maximum de sources, sans que cela apporte toujours un réel bénéfice à l’intrigue (je suis dans l’exagération, mais ce concept s’est imposé à moi !) et je me suis aperçue finalement que l’identité où l’origine de l’être en question tenait parfois plus de l’anecdote que d’un réel besoin dans le déroulement de l’histoire.
Evidemment,  il est  difficile de s’approprier des personnages légendaires, et le choix de les utiliser a forcément un côté très restrictif, puisqu’il ne laisse la part belle qu’aux deux seuls individus vraiment intéressants – Charles Beauregard et Geneviève Dieudonné - entièrement imaginés pour l’occasion et aux charismes un peu sous-exploités.
J’aurais aimé voir leurs personnalités davantage creusées, et cette impression de superficialité a été renforcée par le système de narration que j’ai trouvé un peu haché, sans doute à cause de ses très courts chapitres successifs, qui ne m’ont pas permis d’y puiser l’émotion recherchée.
J’ai eu le sentiment que ce récit était destiné aux puristes du genre, dans lequel ils trouveront tous leurs héros mythiques adroitement intégrés à l’histoire, et se diront :
-« Ah mais oui ! C’est lui !!! » 
Alors rien que pour cela le pari, est brillamment relevé !
Les bonus sont très intéressants et permettent de suivre le cheminement de l’auteur et les différentes étapes de l’œuvre, ainsi qu’une fin alternative que j'ai trouvé vraiment attrayante…
Et puis, n’oublions pas la beauté de l’édition Bragelonne, super réussie !
Voilà mes impressions les plus fidèles, et même si elles peuvent paraître un peu trop mitigées, j’ai globalement beaucoup aimé cet Anno Dracula ! 
Pour preuve, la suite : Le Baron rouge sang m'appelle déjà irrésistiblement :) 
D'autres billets : Mariejuliet , Sanguine

mardi 3 février 2015

Challenge Vapeur et feuilles de thé


Et pourtant j’ai essayé, je vous assure… Mais voilà ! Comment résister à l’appel de Sia ?
Son challenge était bien trop tentant pour moi !
Et pour cause, j’adore la littérature steampunk, et je suis "thé addict" (j’en bois toute la journée !), alors vous comprendrez aisément pourquoi ce challenge était fait pour moi !

Alors, le steampunk, qu’est-ce que c’est ? Voilà la définition du genre (par Sia) :
Le steampunk est un sous-genre de la science-fiction ou de la fantasy qui s’est développé dans les années 80 (de 70 à 90 suivant les sources). Le steampunk implique un cadre narratif où la vapeur est encore largement utilisée (généralement pendant l’ère victorienne en Grande-Bretagne) et qui incorpore des éléments de science-fiction. Le steampunk est caractérisé par des innovations futuristes qui auraient pu être imaginées par des contemporains de l’époque victorienne, tel qu’on les trouve dans les œuvres de HG Wells et Jules Verne.


Des motifs comme la magie ou le voyage dans le temps peuvent y apparaître. Le steampunk évoque souvent des univers urbains sombres, voire franchement glauques, qui peuvent se situer dans des grandes villes, comme Londres – pas le Londres qui a réellement existé, mais un autre Londres, fantasmé et uchronique.

Voilà, si vous voulez de plus amples informations sur ce challenge, cliquez sur le joli logo ci dessus !
En attendant, je vais suivre les bons conseils de Sia et préparer mon dirigeable, dépoussiérer mes disrupteurs, et huiler mes autres machines à mollettes et à vapeur ;)

Challenge réussi !!!

Livres lus et chroniqués :

dimanche 1 février 2015

Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Résumé : Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage: l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.


Classique – 501 pages - Editions Le Livre de Poche (2012)


Mon avis : Difficile de chroniquer Orgueil et Préjugés, car tout a sans doute déjà été dit ! Cette œuvre a été disséquée, interprétée dans ses moindres détails… Elle a fait l’objet de tellement d’analyses, (sans compter toutes les chroniques que compte déjà la blogosphère la concernant), que j’en perds d’emblée tous mes moyens sachant combien sont nombreux les amoureux de l’écriture de Jane Austen
Mais comme ma découverte a fait l’objet d’une lecture commune avec mes deux co-lectrices Chris et Nefer - qui comme moi n’avaient jamais lu cet illustre classique -, je me devais de jouer le jeu en publiant un petit avis, que je souhaite le plus concis possible…

Avant de parler de ce que m’a évoqué ce roman il me paraît essentiel de préciser sa date de parution ; 1813. Imaginez, 200 ans que ce bijou de la littérature anglaise a vu le jour ! Personnellement je n’en reviens toujours pas…
Et pourtant lorsque que l’on apprend que malgré un succès immédiat dès sa parution, Jane Austen n’a pu y apposer son nom et n’en tirer aucune gloire puisqu’elle était une femme et ne pouvait de ce fait ambitionner d’obtenir le statut d’écrivain, on réalise qu’un monde nous sépare de cette période !
Laissons de côté ce fossé infranchissable qu’étaient les mentalités et dont Jane Austen a souffert lorsqu’elle a écrit ce roman, pour nous intéresser plutôt au contenu de celui-ci…
Tant de points positifs peuvent être explorés que je ne me lancerai pas dans une si vaste entreprise, et je me contenterai juste d’évoquer les sentiments qu’ils mont inspirés…
Le style : j’ai été agréablement étonnée par le côté fluide et accessible du style d’écriture de Jane Austen. La facilité avec laquelle je suis immédiatement entrée dans l’histoire. L’envie d’avancer et de tourner les pages sans m’en rendre compte m’a immédiatement séduite. Cela m’a rappelé que les classiques détiennent aussi ce pouvoir-là !

Le ton : j’ai trouvé le récit empreint d’une liberté de ton et d’une dérision des comportements sociaux de l’époque absolument étonnante.
Jane Austen sait utiliser l’ironie avec subtilité, et ridiculise volontiers certains de ses personnages. J’ai souri plus d’une fois en lisant les dialogues et en imaginant les comportements des individus (en particulier Mr Collins et Mrs Bennett) frisant le ridicule et affranchis des codes de la courtoisie. Ils sont horripilants à souhait et d’autant plus crédibles vu le contexte.

Les personnages : sont tous infiniment réussis. Ma favorite est évidemment l’héroïne, Élisabeth ! C’est une jeune fille au tempérament affirmé, franche et hardie. J’ai aimé la façon dont elle sait se libérer des convenances et faire preuve d’indépendance tout en restant intelligente et courtoise dans sa façon d’appréhender les situations. Darcy, moins présent et beaucoup plus énigmatique m’a, à l’instar d’Élisabeth, fait passer d’un sentiment à l’autre… Il incarne à lui tout seul tout ce que peut exprimer le titre de cette œuvre puisque son orgueil ne m’a pas exempté de préjugés à son égard ! Mais n’en disons pas davantage…
Toute la brochette de personnages gravitant autour de ce parfait duo est, je vous en fais le serment, tout à fait digne d’intérêt.

Les passages épistolaires : écrits de la main des différents protagonistes, sont autant de petites pépites disséminées dans le récit. J’ai ressenti beaucoup de plaisir à lire ces lettres. J’ai trouvé qu’elles trahissaient bien la sensibilité et le discernement de Jane Austen pour exprimer les différents états d’esprit de leurs expéditeurs, tout en justesse et finesse 

Le fond : Orgueil et Préjugés est un roman qui n’étudie pas seulement la portée de ces deux sentiments, mais aborde de fondamentaux sujets de la société anglaise des XVIIIe et XIXe siècles. 
Outre une histoire romanesque et romantique, c’est aussi, et surtout, une critique sociale des mœurs et préoccupations de l’époque qui, grâce à cette immersion dans la vie d’une famille de la gentry anglaise, aborde des sujets importants comme l’étiquette sociale, et l’importance du mariage et de l’argent. Je crois d’ailleurs que ce sont ces aspects-là de l’histoire qui m’ont le plus intéressés, davantage que l’issue de la relation entre nos deux héros je l’avoue…

En conclusion : J’ai découvert là une œuvre intemporelle et divertissante, acérée et passionnée, et d’une hardiesse étonnante pour l’époque !

Un grand merci à Chris et Nefer avec qui j'ai eu le plaisir de partager cette lecture. L'avis de Chris et celui de Nefer.