lundi 27 octobre 2014

Sa Majesté des Mouches de William Golding





Résumé : Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L'aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances : ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s'organiser et, suivant les meilleures traditions des collèges anglais, ils élisent un chef... Un grand roman d'aventures, mais surtout un magnifique roman d'apprentissage de la vie en société avec ces règles et ses cruautés.



Aventure - 245 pages - Editions Folio (1983)



Mon avis : Une histoire dure et d’une violence assez dérangeante sur la cruauté du monde de l’enfance.
Je ne peux pas dire que j’ai passé un bon moment avec ce livre même si c’était une découverte singulière à laquelle je me promettais de céder depuis très longtemps.
Un sentiment de malaise s’est vite insinué en moi plus j’avançais dans ma lecture, un peu comme si j’allais devoir assister à la résurgence des instincts les plus violents au sein d’une bande de gamins sans limites.
En même temps on peut très bien imaginer la férocité dont peuvent être capables les enfants livrés à eux-mêmes sans la pondération des parents ou adultes, et c'est justement pourquoi cette histoire fait froid dans le dos.
De tels comportements sont forcément décuplés dans un lieu aussi isolé et hostile qu’une ile déserte, d’où cet effet de loupe grossissante extrêmement bien perçu par le lecteur.
La quête de pouvoir et le besoin de domination envers les plus faibles sont des déviances facilement envisageables, mais la brutalité et la sauvagerie qu’ils y mettent pour y parvenir nous choquent d’autant plus qu’elles apparaissent contre nature face à l’innocence que les enfants sont censés représenter.
Une innocence qui sera d’ailleurs bien vite balayée par la bestialité tapie chez certains d’entre eux, prenant le pas sur la raison de manière effrayante, je pense notamment à Jack, qui ne fait preuve d’aucune clémence.
J'ai eu du mal à accepter le fait que l’instinct de chasseur ait aussi vite repris ses droits chez une bande de garnements supposés être civilisés et subitement devenus sans foi ni loi.
J’ai tremblé tout du long pour Piggy, souffre-douleur et détenteur du Graal allume-feu.
J’ai souffert avec Ralf d’une sensation d’impuissance terrible et d’un sentiment d’inexorabilité croissante face à cette horde incontrôlable. Sa façon de chercher ses mots et de perdre le fil de ses pensées traduisant toute sa désillusion.
Il m’a manqué une petite lueur d’espoir. Jusqu’à la fin j’ai espéré une prise de conscience...

Je ressors donc un peu remuée par cette œuvre immanquable, consciente que c’était bien le but de celle-ci, mais aussi de son intérêt dans la réflexion qu’elle provoque.

Bande annonce du film sorti en 1963 et réalisé par Peter Brook :

8 commentaires:

  1. Je ne sais pas si j'aimerai mais j'ai très envie de me faire mon propre avis sur ce livre!

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    1. J'étais comme toi, impatiente de me faire ma propre opinion, et je ne regrette pas l'expérience ! Merci de ton intérêt Marie :)

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  2. Voilà un titre dont j'ai fait l'acquisition l'an dernier à la grande braderie solidaire l'an dernier. Il m'intrigue beaucoup et à te lire, je me dis que je vais être chamboulée par cette lecture. Les enfants peuvent être infiniment cruels effectivement, ce livre ne me l'apprendra pas mais je veux savoir comment le thème est traité.

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    1. Je pense vraiment que c'est un livre dont on ne ressort pas indemne, et qui marque de manière plus ou moins forte selon la sensibilité de chacun...
      Merci encore pour ton intérêt C'era :) A presto !

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  3. c'est très sombre mais j'ai bien aimé!
    On ne peut pas s'empêcher de se demander comment on réagirait dans leur situation!

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    1. C'est sûr ! Sombre et cruel sont deux adjectifs qui le définissent bien ^^ Merci de ta visite par ici :)

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  4. Eh bien, ta chronique nous fait bien ressentir l'histoire de ces jeunes garçons :) Un livre qu'il est parfois difficile à lire, dont je ne regrette pas la lecture. Plus qu'à voir le film...

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    1. Merci beaucoup :) Oui, c'est étrange ce que j'ai ressenti avec cette lecture, un malaise indéfinissable... Mais comme toi, je suis vraiment contente de l'avoir lu. À bientôt :)

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