jeudi 30 octobre 2014

Mauvaise étoile de R.J. Ellory

En l'honneur du premier challenge de Léa Touch Book , je me suis inscrite avec joie à ce super événement, me permettant ainsi de découvrir l'univers d'un auteur très talentueux : R.J. Ellory !
Événement R(ead) J(ust) Ellory


Le principe : 1 mois pour lire le roman de son choix. 




J'ai donc choisi de participer avec : 




Résumé : Texas, 1964. Après l'assassinat de leur mère, Elliott et Clarence ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maison de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otage pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, les deux adolescents se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, les policiers, lancés à leurs trousses, et en particulier l'inspecteur Cassidy, ne sont pas au bout de leurs surprises.


Policier Thriller  - 535 pages - Editions Sonatine (2013)



Mon avis : Il y a des livres comme ça dont le titre est déjà un personnage à lui seul, et quel personnage ! 

La nuit nous enveloppe très vite comme pour mieux accentuer cette impression de prédestinée accablante qui nous saisit dès le début. 
Cette mauvaise étoile dirige et manipule les événements, selon son bon plaisir. Elle règne quasiment en maîtresse absolue, et reste omniprésente à l’esprit du lecteur tout du long, 
Une enfance désastreuse, le hasard d’une terrible rencontre, et le road trip assassin dans une Amérique des années soixante commence ! 
Le destin peut réserver de sombres apparences et celui de ces deux demi-frères ressemble à une longue et inexorable descente aux enfers. Les événements s’emballent à une vitesse vertigineuse, comme une chevauchée meurtrière se déroulant sous nos yeux impuissants. 
R.J. Ellory nous prend avec habileté à témoin et parvient à nous imposer ce sentiment de malaise inhérent à cette sensation de fatalité écrasante. Est-il possible de lutter contre ces hasards qui jalonnent notre existence pour les tourner à notre avantage ? D’en détourner les effets néfastes par des choix et des décisions ultimes ? 
Ce roman est noir, très noir, puisqu’il raconte l’enfantement du mal, la naissance d’un tueur et d’une aliénation macabre. 
Révélé par son modèle, on assiste effrayés, à ses premiers pas, à ses balbutiements, ses délires et ses leitmotivs, jusqu’à devenir complètement terrifiés par sa résolution de soif de sang, comme unique et seul mode de fonctionnement. 
Le besoin d’exister et de prendre le pouvoir poussés à leurs paroxysmes ! 



Alors oui ! J’ai souffert plus d’une fois pour les victimes évidemment, mais ce Challenge aura été pour moi l’occasion de découvrir un auteur avec un grand A.

Roger Jon Ellory vous présente son ouvrage :


Un immense merci à  R.J. Ellory et à Léa Touch Book de m'avoir permise par la même occasion de participer au concours et de gagner l'Album promotionnel du groupe de musique d'Ellory :) Je suis ravie et honorée !!

mardi 28 octobre 2014

Docteur Sleep de Stephen King



Résumé : Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi... Hanté par l’idée qu’il aurait pu hériter des pulsions meurtrières de son père Jack, Dan Torrance n’a jamais pu oublier le cauchemar de l’Hôtel Overlook. Trente ans plus tard, devenu aide-soignant dans un hospice du New Hampshire, il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser les mourants, gagnant ainsi le surnom de « Docteur Sleep », Docteur Sommeil. La rencontre avec Abra Stone, une gamine douée d’un shining phénoménal, va réveiller les démons de Dan, l’obligeant à se battre pour protéger Abra et sauver son âme...

Horreur - 584 pages - Editions Albin Michel (2013)
Fait partie de la saga Danny Torrance (Suite de Shining)



Mon avis : Il eut été vraiment dommage que S. King nous prive de cette suite de Shining ! D’ailleurs, cela a presque failli se produire, puisqu’il nous explique dans une note à la fin du livre que c’est lors de la tournée promotionnelle de son roman Sac d’os publié en 1998, au cours d’une séance de signatures, qu’un de ses lecteurs lui a lancé : 
- « Hé, vous avez une idée de ce qu’est devenu le gosse de Shining ? ». 
Une question qu’il s’était souvent posée d’ailleurs, ainsi que d’autres, comme il nous l’explique dans cette même note de fin d’ouvrage.
Alors merci à ce lecteur qui a fait germer la petite graine permettant d’engendrer ce Docteur Sleep très réussi.
Mais surtout un immense bravo à Monsieur King qui ne nous déçoit pas avec une suite qui aurait facilement pu s’avérer une chausse-trappe redoutable tellement l’attente était exigeante.
Toutes ces années de mûrissement ont portées leurs fruits puisqu’au travers du personnage de Dan, la maturité de l’écrivain, mais aussi ses expériences (notamment face à l’alcoolisme et aux A.A.), et même ses craintes ou ses angoisses (la vieillesse, l’approche de la mort) s’expriment remarquablement.
C’est aussi l’histoire d’un homme qui, à un moment de sa vie, va toucher le fond, et qui va devoir porter sur ses épaules le poids terrible de la culpabilité jusqu’au moment où il acceptera (ou pas...) de poser ce sac, et de le déballer en public.
J’ai trouvé l’empathie du Docteur Sleep dans le rôle qu’il s’est attribué au sein de cet hospice bouleversant, si seulement il pouvait en exister dans chaque établissement ! Mais évidemment, il faudrait le chat qui va avec…
Je ne dois pas oublier de parler des méchants qui n’ont pas été lésés dans l’histoire ! Sous leurs aspects de Monsieur et Madame Toulemonde, ils n’en sont que plus terrifiants et je vous mets au défi de ne pas penser à eux lorsque vous croiserez un rassemblement de camping-cars sur la route ou sur une aire d’autoroute. En même temps, si vous n’avez pas de vapeur, vous ne risquez pas grand-chose ;-)

Alors pour finir, Monsieur King, si vous me lisez... (bah quoi ? Peut-être est-il un assidu de la blogosphère !) et si vous en avez d’autres comme celui-là dans vos tiroirs, ne nous faites pas languir trop longtemps :)
D'ailleurs, histoire de gagner du temps je vous pose la question dès maintenant : 
- « Hé, la gamine, Abra, que devient-elle ? »

lundi 27 octobre 2014

World War Z de Max Brooks


Résumé : La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité. L'auteur, en mission pour l'ONU - ou ce qu'il en reste - et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d'hommes, de femmes, parfois d'enfants, ayant dû faire face à l'horreur ultime. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence - de la survivance - humaine au cours de ces années maudites. Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l'épidémie a débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu'aux forêts du Nord dans lesquelles - à quel prix ! - nombre d'entre nous ont trouvé refuge, en passant par les Etats-Unis d'Afrique du Sud où a été élaboré l'odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l'humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l'épidémie. Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la 2ème Guerre mondiale sera la dernière.

Fantastique -  544 pages - Editions Livre de Poche (2013)

Mon avis : Mon premier livre de zombies. Du coup, n’étant pas une experte de ce thème, je peux difficilement établir de comparaison. Mais, j’ai tout de même la nette sensation en refermant ce livre, que cette lecture m'a permis de découvrir un des meilleurs du genre.
L'idée de raconter ce conflit au travers de différents témoignages venus des quatre coins du monde est ingénieuse, elle permet de passer d'un chapitre à l'autre sans lassitude, car le danger d'aborder un tel sujet, est de vite tomber dans le côté gore répétitif et caricatural (préjugé que j’ai dû surmonter avant d'entamer cette lecture d’ailleurs).
Or, ce n'est pas du tout le cas, et grâce à l'expérience vécue des personnages interviewés, on aborde une multitude de thèmes : le risque d’anéantissement causé par le manque d’humilité de nos dirigeants, la géopolitique et ses aberrations, les dangers de l’endoctrinement et du jusqu'au-boutisme, les ravages du désespoir, mais aussi le salut trouvé dans l’espoir, le dépassement de soi,  etc…  et qui font de ce livre un hymne à l'humanité.
Il nous rappelle que l'exode, la famine, la terreur, la perte des êtres que l’on aime, sont autant de dénominateurs communs à tous les peuples du monde et que nous sommes égaux devant les ravages et l'atrocité de la guerre, quel que soit l'ennemi…
Évidemment celui-ci est quelque peu hors du commun, et dépasse l'entendement, ce qui en fait une menace encore plus terrifiante.
Si je devais avoir un seul petit regret dans le déroulement des événements, ce serait l'absence d'un témoignage scientifique comme fil conducteur.
J'imagine très bien le récit d'un spécialiste en épidémiologie, relatant les différentes étapes des recherches scientifiques, allant des premiers cas observés jusqu'à la découverte et l'isolement d'un éventuel virus, en passant par les différentes options « d’armes biologiques » envisagées. A l'heure de la biotechnologie, cela me semblait incontournable. Mais je suppose que c'était le choix assumé de l'auteur.

Je donne donc une note de 3/5 pour un ouvrage qui m'a agréablement surpris et qui est probablement une référence en la matière, mais dont je n'affectionne pas particulièrement le genre...

Je précise que, selon moi,  l'adaptation cinématographique avec Brad Pitt n'est pas du tout à la hauteur du roman !


Bande-annonce du film sorti 2013 et réalisé par Marc Forster :

Sa Majesté des Mouches de William Golding





Résumé : Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L'aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances : ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s'organiser et, suivant les meilleures traditions des collèges anglais, ils élisent un chef... Un grand roman d'aventures, mais surtout un magnifique roman d'apprentissage de la vie en société avec ces règles et ses cruautés.



Aventure - 245 pages - Editions Folio (1983)



Mon avis : Une histoire dure et d’une violence assez dérangeante sur la cruauté du monde de l’enfance.
Je ne peux pas dire que j’ai passé un bon moment avec ce livre même si c’était une découverte singulière à laquelle je me promettais de céder depuis très longtemps.
Un sentiment de malaise s’est vite insinué en moi plus j’avançais dans ma lecture, un peu comme si j’allais devoir assister à la résurgence des instincts les plus violents au sein d’une bande de gamins sans limites.
En même temps on peut très bien imaginer la férocité dont peuvent être capables les enfants livrés à eux-mêmes sans la pondération des parents ou adultes, et c'est justement pourquoi cette histoire fait froid dans le dos.
De tels comportements sont forcément décuplés dans un lieu aussi isolé et hostile qu’une ile déserte, d’où cet effet de loupe grossissante extrêmement bien perçu par le lecteur.
La quête de pouvoir et le besoin de domination envers les plus faibles sont des déviances facilement envisageables, mais la brutalité et la sauvagerie qu’ils y mettent pour y parvenir nous choquent d’autant plus qu’elles apparaissent contre nature face à l’innocence que les enfants sont censés représenter.
Une innocence qui sera d’ailleurs bien vite balayée par la bestialité tapie chez certains d’entre eux, prenant le pas sur la raison de manière effrayante, je pense notamment à Jack, qui ne fait preuve d’aucune clémence.
J'ai eu du mal à accepter le fait que l’instinct de chasseur ait aussi vite repris ses droits chez une bande de garnements supposés être civilisés et subitement devenus sans foi ni loi.
J’ai tremblé tout du long pour Piggy, souffre-douleur et détenteur du Graal allume-feu.
J’ai souffert avec Ralf d’une sensation d’impuissance terrible et d’un sentiment d’inexorabilité croissante face à cette horde incontrôlable. Sa façon de chercher ses mots et de perdre le fil de ses pensées traduisant toute sa désillusion.
Il m’a manqué une petite lueur d’espoir. Jusqu’à la fin j’ai espéré une prise de conscience...

Je ressors donc un peu remuée par cette œuvre immanquable, consciente que c’était bien le but de celle-ci, mais aussi de son intérêt dans la réflexion qu’elle provoque.

Bande annonce du film sorti en 1963 et réalisé par Peter Brook :

Grand Maître de Jim Harrison


Résumé : Sur le point de prendre sa retraite au terme d'une longue carrière dans la police du Michigan, l'inspecteur Sunderson enquête sur une secte hédoniste qui a pris ses quartiers à quelques kilomètres de chez lui. Simple hurluberlu innofensif au premier abord, le gourou se fait appeler le Grand Maître. Au fil de leurs recherches, Sunderson et son improbable acolyte de seize ans, Mona, découvrent un personnage bien plus sinistre qu'il n'y paraît. Lui-même poursuivi par ses propres démons, imbibé d'alcool et obsédé par les femmes, Sunderson traque sa proie des bois du Michigan jusqu'à une petite ville d'Arizona qui fourmille de criminels transfrontaliers avant d'atterrir dans le Nebraska, où les adpetes du Grand Maître espèrent s'établit pour de bon. Un chef-d'oeuvre tragicomique étincelant d'humour et de désespoir.

Policier -  350 pages - Editions Flammarion (2012)


Mon avis : Je quitte ce Grand Maître avec un sentiment mitigé…
Je ne peux pas dire que c’est un livre que j’ai vraiment aimé et pourtant le fond de l’histoire et les thèmes abordés sont vraiment puissants et suscitent la réflexion.
Jim Harrison a des choses à dire, et par l’intermédiaire de son personnage de flic à la retraite, féru d’histoire et qui en a vu de toutes les couleurs tout au long de sa carrière, il aborde des thèmes qui lui sont chers.
Sous son aspect un peu trivial et bourru, cet homme se sent investi d’une ultime mission, où la mémoire et le questionnement se délient tout au long du roman au fil d’un flux de pensées tous azimuts.
Ses réflexions pétries de culpabilité nous font prendre conscience de l’importance du génocide des Indiens, ce drame ayant  irrémédiablement entaché l’Histoire des États-Unis.

Extrait :

Pour Sunderson, les Indiens étaient le squelette monstrueux enfermé dans le placard de l'Amérique. Il imaginait volontiers un grand drap blanc étendu sur tous les États-Unis, et à des centaines d'endroits le sang des Indiens faisait des tâches rouges sur ce drap. À l'université du Michigan il avait été pris de nausée en écoutant un professeur expliquer le massacre de Sand Creek. Comme disaient les Russes, la conscience est parfois une maladie.

D’autres interrogations comme le lien qui pourrait exister entre la religion, le sexe et l’argent se posent au travers de sa dernière enquête, mais pas seulement...

Pour finir, je dirais que j’ai été un peu désappointée par la forme, ainsi que par un dénouement un peu abrupte et déconcertant.

Mais je suis, malgré ces réserves, pleinement satisfaite d’avoir lu l’une des œuvres de ce grand écrivain américain et peut-être n’ai-je pas choisi le meilleur de ses livres pour vraiment apprécier son univers à 100% ?

jeudi 23 octobre 2014

Les Douze enfants de Paris de Tim Willocks

Résumé : 23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la Cour et comprend très vite que le sang va couler dans les rues de Paris. Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla est impliquée au même moment dans une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour tenter de la retrouver et la sauver d’un funeste destin. Tim Willocks est sans aucun doute l’un des plus grands conteurs de notre temps.
Thriller historique -  936 pages - Editions Sonatine (6 mars 2014)
Fait partie de la saga Tannhauser Trilogy (Suite de La Religion)

Mon avis : Lorsque que l’on referme un roman comme celui-ci, il est difficile de résister à l’attrait des superlatifs pour en parler !
Incroyablement fort, terriblement flamboyant, extrêmement puissant, que sais-je encore…
Bon, comme vous l’avez deviné, j’émerge une fois de plus éblouie par la plume de Tim Willocks.
Je ne devrais guère m’en étonner puisque le premier volet de cette ˝Trilogie Tannhauser˝ : La Religion, m’avait déjà enthousiasmé, et que je n’avais eu qu’une idée en tête depuis ; découvrir la suite !
Voilà qui est chose faite ;-) Et quelle claque !!!
Je dois, tout d’abord prévenir les âmes sensibles que l’on ne sort pas indemne d’un tel roman !
Et je crois être passée par toutes les couleurs de l’arc en ciel durant ma lecture, passant tour à tour d’une émotion à l’autre, sans jamais avoir l’impression que l’auteur en faisait trop…
Pourtant, il envoie du lourd Mr Willocks ! Il ne nous ménage jamais, et nous pousse dans nos retranchements les plus obscurs.
Et pour cause, en sa qualité de médecin (à la fois chirurgien et psychiatre), mais aussi ceinture noire de karaté, il nous fait profiter pleinement de ses talents, c’est le moins que l’on puisse dire... Il va même jusqu’à nous apprendre l’art et la manière de… mais je ne vous en dis pas plus ;-)
Il faut dire que le contexte s’y prête à merveille !
Quoi de plus sanglant que le massacre de la Saint Barthelemy pour mettre en exergue la barbarie à l’état brut ?
Théâtre idéal que ce Paris de juin 1572, où la folie règne en maitresse absolue, donnant aux scènes de tueries, avec geysers et force détails sanguinolents, une résonnance encore plus sinistre. Car, comme toujours, les faits historiques sont si fidèles au récit que notre sang se glace plus d’une fois à l’évocation que de telles horreurs aient pu exister.
L’immense force de ce roman est, une fois de plus, le charisme époustouflant des personnages.
Nombre d’entre eux ont une personnalité complexe, à multiples facettes, et recèlent une part d’ombre et de lumière qui en font des êtres d’une richesse incroyable.
Evidemment, j’ai retrouvé Mathias Tannhauser avec un plaisir non feint, c’est le héros par excellence, la pierre angulaire du récit, un homme aux multiples visages, mais pas seulement…
Dès le début on assiste à cette première rencontre avec un jeune garçon nommé Grégoire, et là, tout s’enclenche puisque l’histoire de cette virée en enfer va être jalonnée de multiples rencontres, comme un fil d’Ariane le reliant à sa quête initiale.
Des liens forts vont être tissés, et des bouffées d’émotions m’ont fait monter les larmes aux yeux plus d’une fois, chose assez rare pour être soulignée.
Intense, ce roman aura été un véritable coup de cœur !
Il ne me reste plus qu’à patienter jusqu’à la parution du dernier volet de cette trilogie…
A l'occasion du festival Quais du Polar 2014, Tim Willocks présente son ouvrage



Lu dans le cadre de la 1ère session du Challenge de La Licorne