mardi 20 février 2018

La malédiction de Norfolk de Karen Maitland

Synopsis : 1208. Le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d’Angleterre. Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements – ni confession, ni mariage, ni extrême-onction. S’ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, en particulier chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours. C’est dans ce contexte particulièrement difficile qu’une jeune paysanne, Elena, est appelée au service du seigneur de Gastmere, dans le comté de Norfolk. Là, on l’oblige à s’adonner à un étrange rituel, celui des « mangeurs de péchés », consistant, en l’absence d’extrême-onction, à prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés d’un mourant. Cette cérémonie va être le début d’une véritable descente aux enfers pour la jeune fille qui se retrouve bientôt accusée de meurtre. Son cauchemar ne fait que commencer…

Thriller historique - 652 pages - Editions Sonatine (2014)
Cette première lecture commune avec Tanuki ne fût malheureusement pas à la hauteur de nos attentes ! Pourtant, nous étions impatientes de retrouver l'engouement suscité par La Compagnie des menteurs, que nous avions beaucoup appréciée toutes les deux.

Le souvenir que je garde de cette histoire est celui d'une succession de PLOUFS, voyant tous mes espoirs tomber à l'eau, et couler, un à un 😔

- L'espoir que l’héroïne envoie valser son air de bécasse et ses pleurnicheries, pour enfiler le vrai costume du rôle et susciter un minimum d’intérêt... PLOUF !
- L'espoir que l'intrigue tournant autour de la trahison remplisse son rôle et nous apporte un dénouement cohérent et abouti... PLOUF !
- L'espoir que la sorcellerie prenne davantage d'envergure, et que l'essence des sortilèges sorte enfin des chaudrons, que diable !... PLOUF !
- L'espoir que la mandragore, quitte plus souvent ses chiffons, et s'illustre dans toute la puissance de sa magie... PLOUF !
- L'espoir que le final rattrape un peu le reste, et ramène à la surface un bon twist, où tout au moins une conclusion moins soluble... PLOUF !

Quelques bouées auraient pu sauver ces naufrages successifs, si elles avaient été mieux utilisés, et c'est un peu bêta 😕

Par exemple, le contexte historique du récit aurait pu être passionnant et bien plus intriguant. L'Interdit qui frappait l'Angleterre en 1208, et qui signifiait plus d'hommes d'église, d'offices divins, ni de sacrements ou sépultures en terre consacrée, ouvrait la voie à toutes les diableries possibles. Imaginez un peu la terreur engendrée par cette interdiction, elle entrebâillait un passage directement vers l'enfer pour tous ces gens gavés de superstitions. Vade retro satana !!!

L'ambiance bien glauque et mystérieuse fût réussie également. Mais là encore, le mélange aurait pu être bien plus poisseux, si seulement deux femmes aux pouvoirs singuliers n'avaient pas été sous-exploitées. Dites-moi à quoi servent de puissantes sorcières si elles restent dans l'ombre de leur cabane au fond des bois, à jouer aux osselets, durant quelques pages seulement ? 

Mais j'ai gardé le plus positif pour la fin, et ce que j'ai aimé sans réserve dans ce roman : L'herbier de la mandragore ! Des pages semées à chaque début de chapitre, comme pour se prémunir des événements qui vont suivre. Révélant l'étendue des croyances de l'époque, reprenant les propriétés de plantes, animaux, etc. et de leurs usages au quotidien, j'y ai recueilli le seul charme a avoir œuvré... :

 Morelle noire – Encore appelée belladone ou baie du diable. Plante qui embrouille l’esprit et apporte la mort, car son autre nom est dwale, qui signifie « deuil ». Dans la mesure où elle est vénéneuse, elle est sacrée pour la déesse Hécate, qui a appris à ses filles à connaître toutes les plantes.Les mortels confectionnent des couronnes de cette plante pour guérir les chevaux victimes d’un sort et pour préserver leur personne des sortilèges. Mais le diable veille jalousement sur elle, car elle est à ses ordres. C’est pourquoi ceux qui voudraient la cueillir doivent d’abord lâcher une poule noire que le diable ne pourra s’empêcher de pourchasser, en suite de quoi la plante devra être rapidement ramassée avant le retour du diable.Car l’homme qui veut apporter la mort doit d’abord tromper. L’Herbier de la mandragore

Bon, force est de constater que Karen Maitland n'a pas su m’ensorceler sur ce coup-là, mandragore ou pas, la potion s'est avérée inefficace... Mais je suis enchantée de l'avoir goûtée en compagnie de ma Tanuki préférée.

samedi 17 février 2018

Challenge Les 4 éléments


Un nouveau challenge fait son entrée ici : Le challenge de lecture d‘Un Rat des villes, alias Adlyn.
Très original dans ses thématiques, mettant à l'honneur les 4 éléments, il a aussi un énorme avantage : n'être soumis à aucune contrainte de temps, exactement ce qu'il me faut !
Un livre peut répondre à plusieurs consignes (20 en tout), mais je vais corser l'affaire en tentant de m'imposer une lecture par critère (rempli au fur et à mesure dans ce billet), ce sera plus drôle 😉

L’eau :

Un livre à la couverture bleu océan
Un personnage mélancolique
Un être aquatique, réel ou imaginaire : poisson, dauphin, hippocampe, sirène, naïade…
Un récit dans le froid
Une histoire de sang

La terre :

Un livre à la couverture vert feuille
Un personnage très terre à terre
Un habitant de la forêt, réel ou imaginaire : cerf, sanglier, renard, centaure, licorne, botruc…
Un récit dans le désert
Une histoire avec du métal

Le feu :

Un livre à la couverture rouge feu
Un personnage tout feu tout flamme
Une créature fantastique en rapport avec le feu : dragon, phénix, élémentaire…
Un récit où la guerre fait rage
Une histoire d’éclairs

L’air :

Un livre à la couverture blanche éthérée
Un personnage qui a la tête dans les nuages
Un animal menacé, disparu ou menacé de disparition : dodo, tigre, baleine, ours polaire…
Un récit où règne la paix
Une histoire avec un vol dans les cieux
 C'est parti pour affronter les éléments 💪 Même pas peur ! 😁

lundi 12 février 2018

Neverwhere de Neil Gaiman


Synopsis : Richard Mayhew vit à Londres une vie sans histoire, travaille dans un bureau, s'apprête à se marier, lorsqu'il sauve la vie de Porte, une jeune fille qui a le don de savoir ouvrir tout ce qui peut s'ouvrir. Cet évènement fait basculer sa vie. Sa fiancée le quitte, ses proches ne le voient plus, sa vie semble n'avoir jamais existé.

Il découvre alors qu'il existe un Londres d'En Bas, souterrain, peuplé de mendiants qui parlent aux rats, et de toute une société féodale et magique. Il décide de suivre Porte à la recherche des assassins de son père, dans l'espoir de trouver un moyen de reprendre une vie normale.


Fantasy urbaine - 495 pages - Editions Au Diable Vauvert (2012)
Ne le dites à personne, mais... j'ai un petit rituel de nouvel an : franchir le seuil de la nouvelle année en compagnie de Neil Gaiman !

Pourquoi ? Mais parce que Gaiman est le meilleur passeur qui soit, pardi ! C'est LE Maître des clés. Vous ne le saviez pas ? Bah maintenant, vous le savez !
Il est celui qui ouvre les portes d'univers parallèles et insoupçonnés. Qui déverrouille les grilles d'accès aux mondes souterrains, et c'est aussi lui qui détient le fameux sésame pour entrebâiller les passages secrets et les portails dérobés, derrière lesquels se dissimulent des endroits bien flippants, et peuplés d'étranges créatures, pas toujours très recommandables. J'dis ça, j'dis rien 😏


Et là, je sais ce que vous vous dites :
 - Ok, c'est reparti !!! Elle a encore fumé la moquette, comme la dernière fois avec Ça...
D'abord, je n'ai pas de moquette, tenez-vous-le pour dit !
Alors elle s'est tapée sa bouteille de Chèpakoi le soir du 31, elle a comaté, et voilà le résultat !"
Nan mais, c'est quoi ces accusations ? Il n'est pas nécessaire de picoler pour se faire un bon trip ! Bon, c'est fini ? On peut discuter sérieusement maintenant ?

Donc, je reprends : J'ai quitté 2017 en m'engouffrant dans ce Neverwhere (avec un taux d'alcoolémie en dessous du niveau de la mer, je le précise au cas où), et lorsque j'en suis ressortie... nous étions en 2018 😜 Si si ! C'est dingue, hein ? 
Et maintenant, curieux comme vous êtes, vous désirez savoir ce que j'ai fait pendant ce laps de temps ? J'en étais sûre !

Eh bien... Disons que... c'est compliqué ^_^
NON, je n'ai pas tout oublié !!! C'est juste que pour votre propre sécurité, je me dois de rester discrète, et même de me faire un peu oublier, pendant quelques temps peut-être...

Je peux seulement vous assurer qu'il s'en est passé des choses ! Tellement de choses... Par exemple, je suis allée à Londres ! Aux deux, en fait... le Londres d'en haut, le normal quoi ! Et l'autre, celui d'en-bas... (mince, ça sent la boulette ça 😳).
J'ai fait des tas de rencontres, comment dire... plutôt étonnantes et déstabilisantes ! J'ai vu un ange, un Marquis, une grosse bébête, et j'ai même copiné avec des rats 🐀 (heu... re-boulette 😬)
J'ai visité des lieux, disons... insolites, voire très bizarres ! Il y a trop de secrets là-dessous, et pas tous très jolis-jolis à voir, et encore moins à raconter... Ce que je ne ferais en aucun cas, vous l'avez bien compris (là, j'ai fait gaffe, no boulette 😉).
Déjà, parce que vous me prendriez pour une foldingue (comment ça, c'est déjà fait ?).
Mais surtout parce que je risque de m'attirer de gros... très gros ennuis, et de me faire remarquer par deux zigotos absolument cauchemardesques. 

Vous ne me croyez pas ? Très bien !!! Alors le mieux, c'est encore de vous laisser le découvrir par vous même, mais à vos risques et périls... Mais vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu ^^
Et si vous y allez, passez le bonjour à Dame Po... 🤐 à... Personne ! 
Je ne connais personne ! Nobody !! Nessuno !!! D'ailleurs, je n'ai jamais mis l'ombre d'un orteil là-bas. Pour le réveillon ? J'étais chez moi, tranquillou, à lire... Bien sûr que j'ai des témoins 😏
Neverwhere a d'abord été une série TV écrite par Neil Gaiman et diffusée sur la BBC en 1996, puis un roman publié la même année. En 2006, il a été adapté en roman graphique par Mike Carey et Glenn Fabry.
Recommandation flairée chez : ChessL'ourse bibliophileFan2polar, Livrement

dimanche 28 janvier 2018

Séance de rattra'pages #12

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois d'octobre, novembre et décembre 2017, classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  
  • Ça (2 tomes) de Stephen King (1438 pages) : Waouh !!! Combien de 💗 me faudrait-il pour illustrer l'étendue de mon engouement pour Ça ? Une flopée, croyez-moi ! Ce titre du King est incontestablement LE big winner de ce trimestre, et peut-être même de l'année (voir mon podium 2017 en fin d'article). Inoubliable, hallucinant, intense... Vive les superlatifs, et vive le King aussi ! J'en suis encore toute étourdie, et irrévocablement tourneboulée, comme l'attestent les séquelles manifestes et joyeusement revendiquées de ma chronique ;-) N'hésitez pas à aller lire aussi celles de Maned Wolf et Marinette.
  • Notre-Dame des loups de Adrien Tomas (181 pages) : Une super découverte chipée chez Elhyandra, et grâce à laquelle j'ai passé un délicieux moment westernesque. Après une chasse aux loups-garous dans des paysages enneigés made in USA, j'ai rangé les colts fumants, les balles en argent, et laissé sur place tous les cadavres répandus, tant pis ! Adrien Tomas a bigrement bien su faire monter le suspens, et m'offrir une chevauchée qui a éperonné mon imagination !!! Vivement ma prochaine cavalcade avec l'auteur ;-)
  • Dragon de glace (recueil) de George R.R. Martin (196 pages) : Lorsqu'il s'agit de ce cher George, je suis toujours partante ! Repéré chez Lutin, et réservé pour la période de fin d'année, ce recueil de quatre textes a su me séduire ! Seul le titre (tiré de la première nouvelle) peut surprendre, puisqu'il ne reflète pas une thématique "dragonnesque". L'hiver est bien présent dans la deuxième histoire intitulée Dans les Contrées Perdues, mais les deux autres : L’Homme en forme de poire, et Portrait de famille, n'ont rien à voir avec le titre du recueil. Ce sont d'ailleurs ces deux dernières, très captivantes, qui m'ont le plus plu, et j'en suis ressortie folle d'appétit pour un autre George R.R. Martin, plus copieux cette fois !
  • La pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan Coe (267 pages) : Après La maison du sommeil, ces retrouvailles avec l'auteur m'ont irrémédiablement convaincu de son talent ! Mais en réalité, je le savais déjà, grâce à C'era una volta et Licorne :) Imaginez toutes une série de photographies, 20 au total, décrites par une vieille femme sur un enregistrement fait peu avant sa mort, qui prennent vie et vous emmènent sur les traces de trois femmes. Trois destinées étroitement liées à Rosamond, qui nous fait revivre avec ses mots et ses émotions, une histoire familiale teintée de tragédie. Un roman qui s'écoute autant qu'il se lit, comme un album photo rempli de souvenirs bouleversants, que l'on referme avec un serrement au cœur. 
  • Une terre d'ombre de Ron Rash (275 pages) : La littérature américaine regorge de sensations brutes et puissantes, sans doute à l'image de ses terres sauvages ! Comme le prouve ce roman d'une grande intensité, Ron Rash ne nous épargne pas, et nous fait descendre dans un vallon à l'ambiance sombre et inhospitalière, où la nature n'est pas celle qu'il faut le plus craindre. Ma chronique vous éclairera peut-être davantage sur cette histoire, mais j'espère surtout qu'elle vous guidera vers ce super écrivain ! Merci au coup de cœur partagé du Chat du Cheshire :)
    • Effroyables jardins de Michel Quint (75 pages) : Un texte court mais très marquant ! Je l'ai lu d'une seule traite, et me suis retrouvée sonnée par son message ! Ne vous fiez surtout pas à son petit nombre de pages, car elles sont d'une profondeur telle, qu'elles pourraient bien vous engloutir sous un torrent d'émotions ! Ce livre, on ne peut en parler à sa juste valeur, il faut seulement LE LIRE !!! Merci à Tanuki pour cette découverte :)
    • L'oiseau d'Amérique de Walter Tevis (386 pages ) : Avec un titre original si mélodieux : Mockingbird, et la promesse de découvrir une dystopie considérée par certains comme immanquable pour les amateurs de SF plus "ancienne", je suis ravie d'avoir sorti de l'oubli ce récit, emprunt de poésie et à la portée de tous ! Pour qui souhaite remonter avec fluidité aux sources d'un genre aujourd'hui largement célébré, je le conseille sans hésiter ! Et en passant, allez donc lire ma chronique ;-)
    • L'étrange histoire de Benjamin Button de Francis Scott Fitzgerald (108 pages) : Mon intention de lire toute l'oeuvre de Francis Scott Fitzgerald a repris ses droits, et j'en suis fort aise ! Un seul regret, la brièveté de cette histoire douce-amère qui avait de quoi nous emporter bien plus loin ^^ Je me console en pensant au prochain titre qui m'attend déjà : La sorcière rousse :)
    • Talulla de Glen Duncan (560 pages) : Dans ce deuxième tome de la saga Le dernier loup-garou, j'ai retrouvé le style très particulier de Glen Duncan : on ne peut plus tapageur ! Pour être honnête, j'ai préféré le précédent, peut-être en raison du changement de personnage principal, qui a mon sens, était bien plus fascinant ^^ La sauce a moins bien pris, faisant ressortir le côté très cru de certaines scènes, mais sans pour autant gâcher une histoire bien ficelée, et une écriture maîtrisée à merveille. Moins emballée donc, mais pas déçue pour autant ;-)
    • Monestarium de Andrea H. Japp (353 pages) : Je suis tiraillée par des souvenirs contradictoires à propos de cette lecture ! C'est indéniablement un bon thriller historique, avec des personnages bien campés, un huis-clos réussi, et une intrigue prenante ! Mais la chute de l'histoire, et notamment les révélations tant attendues n'ont pas été à la hauteur de mes attentes. Je suis restée avec l'impression d'avoir loupé un truc, à un moment donné, et suis même revenue en arrière pour tenter de le repêcher, et... il s'en est fallu de peu ^_^
    ⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄⛄

    Ce dernier trimestre 2017, qui totalise 11 titres (soit 3839 pages), fût plutôt bon, puisque sans déception. Objet de nombreuses retrouvailles réussies, notamment avec Stephen King, George R.R. Martin, ou encore Jonathan Coe, il fût également rehaussé par la découverte de deux auteurs que je compte bien retrouver dans mes futures lectures : Adrien Tomas, et Ron Rash 😍

    Trêve de bilan, statistiques, récapitulatif de fin d'année ! 2017 n'ayant pas été à la hauteur de mes attentes, quantitativement parlant, je vous invite à aller plutôt consulter mes précédentes séances de rattra'pages si vous souhaitez en savoir davantage sur mon année livresque.

    Voici seulement une petite rétrospective de mes challenges (tous réussis !) de l'année écoulée  :

    - Le challenge de la Licorne 3ème édition : Réussi ! (La 4ème édition est en cours)
    Challenge Printemps Elfique 2017 Réussi ! 
    Challenge Littérature de l'Imaginaire - 5e édition Réussi ! 
    - Challenge Un genre par mois 2017 Réussi ! 

    Ainsi que mon podium 2017, très "Kingien" comme vous pourrez le constater 😉

    Pour 2018, ma seule résolution est : N'en prendre aucune, afin de ne pas me mettre la pression !

    Je ne sais pas encore quel chemin va prendre le blog dans les mois à venir, comme je vous l'ai déjà expliqué dans mon billet Hapiness Therapy bloguesque, mais j'envisage de changer la périodicité de ces séances de rattra'pages. En 2018, elles deviendront certainement mensuelles, et on verra ce que cela donnera...
    Bonne année livresque, et encore merci pour votre réconfortante fidélité 😘

    samedi 20 janvier 2018

    Happiness Therapy bloguesque !

    Hello !!!
    Vous l'avez remarqué, le blog souffre d'un gros manque d'activité, et ce, depuis un bon moment déjà. Début d'année oblige, je suis actuellement dans une phase d'intense réflexion quant à son avenir... 
    Je ne publie pas suffisamment, et bon nombre de chroniques passent par la fenêtre...
    Les émotions sont bien au rendez-vous, mais je ne trouve plus l'énergie/l'envie/l'inspiration (les mots, quoi !) pour écrire à leur sujet, et en parler de manière satisfaisante...
    Je lis, et c'est tout !
    Heureusement que mes séances de rattra'pages sont là pour que l'intégralité de mes découvertes figure ici, sinon je n'aurais même pas l'occasion de vous en parler... 
    D'où l'éventualité d'en changer la périodicité. Le revers de la médaille serait qu'en devenant mensuelles, leur contenu perdrait de la consistance, et cela ne me satisferait pas vraiment non plus...
    Je ne sais pas trop comment remédier à cette apathie, et espère trouver un bon compromis dans les semaines futures, déjà bien chargées... 
     
    Relooking total, présentation radicalement différente des romans lus, énergie renouvelée. On y croit !
    Avant d'en arriver à mettre ce blog en pause, je veux explorer un maximum de pistes, afin de lui donner la chance de retrouver un second souffle...
    Si vous êtes déjà passés par cet état d'engourdissement bloguesque, et avez trouvé le moyen d'en sortir, je suis à l'écoute de vos suggestions ;-)
    Souhaitons que ce début 2018 m'apportent des solutions à long terme. J'aimerais tant être en harmonie, et plus assidue dans l'animation de cet espace.
    D'autant que VOUS êtes là, toujours fidèles, bienveillants, et attentifs, malgré mon manque d'assiduité ! Et cela me fait carrément réfléchir afin de prendre la bonne décision...
    Alors c'est décidé, je vais tout tenter pour VOUS !

    dimanche 31 décembre 2017

    L'oiseau d'Amérique de Walter Tevis

    Synopsis : Walter Tevis, qui vit à New York, est l'auteur de plusieurs romans réputés — dont L'arnaqueur et L'homme tombé du ciel, tous deux portés à l'écran avec succès.
    Sous la chape d'acier du XXVe siècle technologique, l'Amérique s'éteint, doucement mais sûrement. Automatisée, « tranquillisée », stérilisée. Et l'un de ses maîtres est un robot, Spofforth, splendide prototype de race noire, aux facultés intellectuelles inouïes. Mais les systèmes trop parfaits sont fragiles... Ainsi Spofforth, par la faute de son concepteur, a gardé un coupable souffle d'âme... Ainsi Paul, petit fonctionnaire soumis, découvre par hasard, soudain émerveillé, les secrets de la lecture depuis longtemps bannie. Il les partagera avec Mary Lou, la jolie rebelle qui refuse ce monde mécanisé. Un robot capable de souffrir, un couple qui redécouvre l'amour et les mots, est-ce l'ultime chance de l'humanité ?


    Science-fiction - 386 pages - Editions Folio SF (2005)

    Avis : Pour cette dernière chronique de l'année, j'ai choisi de vous parler d'une dystopie ! Non pas que je veuille plomber d'avance 2018, ni jouer les oiseaux de mauvais augures, mais il se trouve que j'ai eu envie de vous faire partager mon retour de lecture, pour un titre qui n'est finalement pas très représenté sur la blogo, et c'est bien dommage ^_^

    À un élan de nostalgie pour les : 1984 de George Orwell, Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, où encore Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, se sont greffés la curiosité, et le plaisir anticipé de le découvrir en lecture commune avec un ami co-lecteur de bon goût, à qui je dédie ce billet ;-)

    J'ouvre une parenthèse pour dire que Walter Tevis est aussi celui qui a écrit L'Homme tombé du ciel, le roman ayant inspiré le film L'Homme qui venait d'ailleurs, dans lequel David Bowie tenait le premier rôle. Un rôle qui a profondément marqué l'artiste, au point de l'inspirer pour composer sa dernière oeuvre, la comédie musicale Lazarus à la toute fin de sa vie.

    Passablement lassée par les Hunger Games, et autres Divergente, je suis contente de sortir des étagères un roman dystopique plus "ancien".
    Attention, il ne s'agit pas d'une antiquité non plus ! Il n'a que 38 ans (deux de moins que le premier film Blade Runner, soit dit en passant), mais a été nommé, en son temps, pour les prix Locus et Nebula du meilleur roman, et revient régulièrement dans des listes de romans d'anticipation préférés chez certains lecteurs.
    La Chute d'Icare est un tableau de Pieter Brueghel l'Ancien.
    Il prend une place toute particulière dans le roman.
    Analyse de l'œuvre ici
    Avec un roman de ce genre, vous ne serez pas surpris d'apprendre que le XXVe siècle dépeint ici est sinistre et déprimant. D'ailleurs aucune date précise ne filtre avant le dernier chapitre pour millésimer ce monde. On ne parle plus en mois ou en année, mais en bleus ou jaunes pour se représenter le temps passé.
    Une façon de nous aviser que le temps, et l'histoire elle-même, n'ont plus de signification pour le peu d'humains qui restent sur terre, puisqu'ils ne travaillent plus, ne raisonnent plus, ne communiquent plus, ne savent même plus lire, ni même ce qu'était un livre !
    Ils se laissent vivre, où plutôt végètent, devant leurs écrans. Ils absorbent des pilules de drogues comme des bonbons, pour ne plus penser, sauf à eux-même, et sont conditionnés pour se répéter inlassablement :
    « Pas de questions, relax. ». 
    Ils ne sont même plus capables de s'interroger sur les causes du déclin démographique qui s'est dangereusement aggravé, ni même de se rendre compte qu'il n'y a plus eu la moindre naissance d'enfant depuis une trentaine d'années.

    Dans cette société déshumanisée à l'extrême, ce sont les robots qui ont entièrement pris le contrôle. Et lorsque le roman commence, nous rencontrons le plus intelligent, évolué, puissant, et éminent d'entre eux, Spofforth. Les premières lignes le concernant nous démontrent que c'est un être sensible et doté d'une conscience. Sa mélancolie et l’obsession provoquées par des rêves récurrents, conséquences du transfert de ceux d'un être humain, font que Spofforth se languit de son immortalité.

    Il était le dernier d’une série de cent robots nommés Classe 9, les créatures les plus puissantes et les plus intelligentes jamais conçues par l’homme.
    Il existait une technique permettant de faire l’enregistrement de chaque influx neural, de chaque schéma de connaissance d’un cerveau humain et de le transférer dans le cerveau métallique d’un robot. Cette technique n’avait été utilisée que pour les Classe 9.

    Tout le récit tourne autour d'un trio : Spofforth, et deux humains, un homme et une femme :
    - Mary-Lou, la rebelle, enfuie des dortoirs très jeune. L'insoumise, ayant toujours refusé de prendre les pilules abrutissantes. La marginale, squattant le zoo et se nourrissant des sandwichs excédentaires du distributeur robotisé. L'intuitive, que seul l'instinct guide hors des circuits d'une société réglementée par les IA.
    - Paul Bentley, le professeur de l’Ohio formaté, et discipliné depuis l'enfance. Celui par qui tout va commencer, ou finir, selon les points de vue. Celui qui découvre par hasard un savoir depuis longtemps oublié des humains, et qui pourrait bien être au centre de ce récit.
    Ce savoir c'est la lecture, et par extension, les livres, la connaissance, l'histoire, le patrimoine de l'humanité, et la liberté !

    Le propos central de l'auteur tourne effectivement auteur de cette idée, que l’abrogation de la lecture  et la prohibition de l'accès à la connaissance engendreraient l’aliénation et l'effondrement à terme de l'humanité. Et que par opposition, de la résurrection du savoir naîtrait la rédemption du monde des hommes et l'accès à leur libération.

    Toutes ces thématiques ne sont pas nouvelles, et je vous mentirais en disant que cette histoire déborde d'originalité, tant les thèmes évoqués ont déjà été traités dans bon nombre de romans ou de films. Mais son attrait n'est pas là !
    J'ai d'abord été frappée par la simplicité et la pureté du style, entraînant une aisance à faire défiler les pages assez étonnante, et qui pour moi, s'apparente à de l'habileté.

    La surprise m'attendait aussi au tournant face à la poésie teintée de mélancolie de certaines scènes, et ce, dès le premier chapitre, sur le toit de l’Empire State Building. Je me suis d'ailleurs fait la réflexion comme quoi le titre original de "Mockingbird" était bien plus beau que celui de la traduction.

    De la poésie encore, dans le parcours initiatique de Paul, qui découvre l'existence et sa richesse, une fois affranchi de l'aliénation de son ancienne vie. On la retrouve aussi dans des petites phrases, répétées régulièrement dans le récit, pour illustrer l'empreinte et la force que peuvent laisser les mots sur la délivrance de l'esprit, jusqu'ici emmuré.
    « Seul l’oiseau moqueur chante à l’orée du bois »
    « Ma vie est légère qui attend le vent de la mort, comme une plume sur le dos de ma main. »

    L'impression que ce roman n'est pas une dystopie traditionnelle ou un roman de SF classique perdurera en moi ! Je garderai à l'esprit l'image d'une parabole aux contours philosophiques, centrée sur l'âme humaine, la force de l'amour, le recouvrement de toutes les libertés, en passant par celle de vivre ou de mourir. Le futur de l'humanité pourra-t-il être secouru par le pouvoir de la connaissance ? C'est une petite lueur d'espoir qui refusera de s'éteindre une fois le livre refermé.