lundi 14 mai 2018

L'Aube de la Nuit (7 tomes) de Peter F. Hamilton

Attention, aujourd'hui, je vous envoie du lourd, du consistant, du volumineux ! Et pour partager ma monumentale révélation en science-fiction de ces derniers mois, savourée avec un estimé ami co-lecteur qui se reconnaîtra et que je remercie infiniment au passage, je vous préviens que les superlatifs seront largement utilisés et abusés, impossible d'y échapper devant un tel coup de 💙

L'Aube de la Nuit se compose de 7 tomes, découpés en 3 épisodes, comme suit :

- Rupture dans le réel (The Reality Dysfunction), publié en 1996 en 3 tomes :
  Genèse, Émergence, & Expansion
- L'Alchimiste du Neutronium (The Neutronium Alchemist), publié en 1997 en 2 tomes :
  Consolation, & Conflit
- Le Dieu nu (The Naked God), publié en 1999 en 2 tomes :
  Résistance, & Révélation

Pour moi, ces tomes forment un tout indissociable, expliquant mon choix de ne pas les chroniquer séparément. Ils sont la somme d'un seul et même copieux roman. On me souffle d'ailleurs dans l'oreillette qu'il compte plus de 10 millions de signes, soit plus de 6000 pages en version livre de poche, ce qui en fait le plus long roman de science-fiction !
Humm, je ne résiste surtout pas à l'envie de jouer la fiérote en l'exposant, tel un trophée *_*

Vous savez que je n'aime pas trop en dire sur une histoire, afin d'en préserver la saveur inédite. C'est pourquoi ce billet n'aura pas la prétention de réussir à vous révéler l'étendue de cette oeuvre unique, d'ailleurs la tâche serait bien trop inaccessible à mes modestes capacités de blogueuse...
Ce que je peux tenter de vous communiquer en revanche, c'est combien je suis encore ébahie par le vertige ressenti, et par cette impression durable qu'il y aura un avant et un après Aube de la nuit dans ma vie de lectrice, me rappelant d'une pierre deux coups, combien la SF de ce niveau comble mes attentes, et ce, bien au-delà de mes espérances.
L'Aube de la nuit, est un savant mélange de space opera teinté d'horreur. Mais il s'agit avant tout d'un roman de SF foisonnant de très grande envergure !

Son scénario repose sur l'idée d'une crise sans précédent que doit affronter l'humanité du XXVIIe siècle, à savoir l'ouverture d'une brèche avec l'au-delà, permettant aux morts de prendre possession du corps des êtres humains vivants, et d'en faire des êtres dotés de pouvoirs énergétiques terrifiants.
Oui, mais pour couvrir l'équivalent de 6000 pages, vous imaginez bien que nous sommes loin d'une simple histoire de revenants version inter-galactique. Surtout si vous connaissez un tant soit peu Peter F. Hamilton.

Cet auteur britannique de science-fiction, surtout connu pour ses œuvres de space opera, n'a pas la réputation de ménager ses effets. Preuve en est : avec cette Aube de la nuit, la corne d'abondance de Peter F. Hamilton a fait jaillir un fleuve (n'ayons pas peur des mots) prodigieusement bouillonnant.
Une histoire passionnante, servie par une débauche d'effets spéciaux et de planètes et mondes sidérants, tous habilement imaginés pour servir de décor à une flopée de personnages, humains et espèces xéno confondus, et en faire un univers débordant d'imagination.
L'action est également au rendez-vous grâce à des combats spatiaux captivants et maîtrisés, des scènes d'affrontements entre humains vs possédés à couper le souffle, et un suspens de folie, sans tomber dans l'écueil du too much, tant l'équilibre est juste parfait !

Mais avant d'en arriver là, il faut poser les bases ! Ce que fait l'auteur avec force minutie dans Genèse, le premier tome, dont les 200 premières pages ne sont pas toujours d'une grande fluidité. Il faut laisser le temps à la colossale machinerie hamiltonienne de se mettre en branle, à l'instar de nos neurones, pour assimiler quantité d'informations. Mais croyez-moi sur parole : cela vaut vraiment le coup !!!
Tout est soigneusement pensé, finement élaboré, pour faire décoller une histoire qui se révélera impressionnante.

D'abord, visualisons le contexte de ce XXVIIe siècle : La Confédération est ce qui pourrait s'apparenter à un rassemblement interplanètaire de l'humanité, divisé en deux : d'un côté les adamistes, et de l'autre les édénistes.

- La plupart des humains sont adamistes (tous les non Édénistes en fait), dont la majorité possèdent une religion et rejettent du même coup les technologies ou biotechnologies (améliorations bioteks) bannies par le pape durant le XXIe siècle, sans pour autant écarter l'utilisation d'implants nanotechnologiques (appelés « naneuroniques »). Leurs vaisseaux étant propulsés à l'He3 (combustible sur lequel est basé l'économie humaine), et utilisant la technologie TTZ pour voyager plus vite que la lumière, ils ont colonisé quantité de planètes ou d'astéroïdes.

- Les Édénistes quant à eux, ont développé une culture unique, idéaliste et égalitaire ne reposant sur aucune religion. Se revendiquant athées, ils sont fondamentalement tolérants, utopistes, et ont un gouvernement unique nommé « Consensus », composé de tous les Édénistes incorporés dans une conscience collective représentant la volonté de chacun. Ils vivent sur d'immenses stations spatiales appelées « habitats » qui orbitent autour de géantes gazeuses, et qui s'apparentent à des organismes vivants dotés de conscience. Pour communiquer, ils utilisent l'affinité (sorte de télépathie hyper avancée) avec n'importe quel organisme biotek possédant le gène de l'affinité.

Voilà pour les bases !
Ensuite, dans une alternance de lieux et d'environnements assez bluffants, Hamilton fait les présentations de tous ceux qui vont nous accompagner durant plusieurs semaines de lecture, et malgré leur nombre, impossible de ne pas les garder en tête tant ils sont charismatiques.
Deux se détachent dès le début, tels l'ombre et la lumière du roman :

- Joshua Calvert, est un récupérateur (sorte de fouilleur de détritus) qui explore l'anneau d'un habitat biotek établi en orbite, à la recherche du gros coup qui lui permettrait de changer de vie. Ce jeune homme hardi et ambitieux, rêve de pouvoir faire réparer le vaisseau de feu son père, et de piloter le Lady Mac, afin de sillonner la galaxie et quitter son existence actuelle. Joshua est intelligent, pilote hors pair, courageux, doué d'un intuition étonnante, et très séduisant de surcroît. Vous avez certainement deviné de quel côté il se trouve ;-)

- Quinn Dexter, après une enfance désœuvrée passée dans un ghetto sur Terre, a trouvé la révélation au sein d'une secte sataniste glorifiant un dénommé Porteur de Lumière luciférien. Devenu un déporté suite à une arrestation, il est envoyé sur Lalonde, une planète au stade 1 de la colonisation, sur laquelle ce prétendu envoyé du "Frère de Dieu", empli de vengeance et de malfaisance, entend bien mettre ses sombres projets à exécution. Je parie qu'il vous glacera le sang dès les premières minutes !

En dehors de ces deux-là, les chapitres ne nous ménagent pas niveau casting ! Les personnages féminins sont d'envergure et détiennent des positions cruciales dans l'histoire. Que se soit Ione Saldana, subtile et étonnante seigneur d'un habitat. La vaillante Louise Kavanagh fille d'un riche propriétaire mêlée malgré elle aux terribles événements. Ou encore la double et indomptable Marie Skibbow / Kiera aux ressources inépuisables, elles sont toutes sensationnelles, et en ont, si vous voyez ce que je veux dire ;-)

Mais comme si cela ne suffisait pas, bon nombre de protagonistes non secondaires, ainsi que d'étonnantes races extraterrestres, entrent aussi dans la dance, et s'invitent dans cette gigantesque fresque interstellaire. Passant des uns aux autres avec un intérêt grandissant, c'est sans embûche que les différents décors prennent forme autour d'eux, comme autant de portes ouvertes sur des lieux démesurés dont l'exploration promet des moments passionnants.
Pour une telle épopée spatiale, Hamilton nous prouve qu'il sait modeler l'espace à sa guise ! C'est au sein d'une confédération grouillante d'inventivité que va se jouer l'avenir de l'humanité avec cette crise de la possession. Voilà encore une autre, et non des moindres, multiples raisons de la réussite de cette histoire : la richesse de son environnement.
Tenez-vous le pour dit : Peter F. Hamilton est un habile façonneur de planètes ! Un magicien de l'univers que rien n'arrête, et dont les mondes vous scotchent à votre fauteuil, les yeux remplis d'admiration *_*

Cette idée de brèche ouverte avec l'au-delà, donnant la possibilité aux morts (célèbres pour certains d'entre eux, imaginez un peu "THE big circus" !) de récupérer un corps et de mettre la galaxie en effervescence, est furieusement géniale, pour peu que l'on s'en donne les moyens. Et c'est le cas ! Question ressources, déploiement, action, terreur, péripéties... j’en passe et des meilleurs, sachez que ça dépote à l'antimatière !

Mais derrière cette folle démonstration se cache aussi une véritable et intense réflexion sur l'humanité et son devenir spirituel. Nous ne sommes pas face à une vaine dépense d'énergie et d'exhibitions pyrotechniques, mais plutôt devant une oeuvre de SF qui n'en finit pas de nous questionner et de nous ouvrir l'esprit, à l'exemple de cette fin, que je qualifierai de magistrale !!!

Mais voilà... c'est fini ! Et depuis, tout me semble fade et inconsistant, réalisant du même coup que ce sentiment durable est un effet "post-reading" assez déstabilisant, mais aussi gage d'une intensité trop rarement éprouvée !

J’espère sincèrement ne pas vous avoir perdu en cours de route, mais comment en faire moins ?
Et au cas où je n'aurais pas été suffisamment explicite : je vous autorise à ne garder à l'esprit que l'essentiel de ce billet, à savoir que j'ai été captivée, épatée, émue, étourdie, et surtout définitivement possédée *_*
En bref : IL FAUT ABSOLUMENT LIRE L'AUBE DE LA NUIT, les 7 tomes ou rien, c'est aussi simple que ça ! Ne vous laissez pas intimider devant l'ampleur de la tâche, surtout si vous devez en ressortir dans le même état d'esprit que moi : durablement transformée 😍

samedi 17 mars 2018

Les maraudeurs de Tom Cooper

Synopsis : À Jeanette, en Louisiane, on survit tant bien que mal grâce à la pêche, de génération en génération, mais depuis le passage de l’ouragan Katrina rien n’est plus pareil. Et quand la marée noire vient polluer les côtes, les habitants sont de nouveau confrontés au pire. Parmi eux, Gus Lindquist, un pêcheur manchot accro aux antidouleurs, qui rêve depuis toujours de trouver le trésor caché de Jean Lafitte, le célèbre flibustier, et parcourt le bayou, armé de son détecteur de métaux. Ou encore Wes Trench, un adolescent en rupture avec son père, et les frères Toup, des jumeaux psychopathes qui font pousser de la marijuana en plein cœur des marécages. Leurs chemins croiseront ceux de Hanson et Cosgrove, deux losers prêts à tout pour devenir riches, et de Brady Grimes, mandaté par la compagnie pétrolière pour inciter les familles sinistrées à renoncer aux poursuites en échange d’un chèque. Mais tous n’en sortiront pas indemnes…
Alliant humour et noirceur avec une réelle virtuosité, Tom Cooper réussit à rendre presque palpables l’atmosphère du bayou et l’attachement que lui portent ceux qui y vivent, faisant des Maraudeurs un roman tout à la fois profond, inventif et jubilatoire.

Roman noir contemporain - 416 pages - Editions Albin Michel (2016)
Le temps d'une petite virée dans le bayou, revenons ensemble sur les traces d'un premier roman, vraie bonne surprise, fidèle à l'accroche du bandeau de couverture signée Stephen King. 
Direction la Louisiane (j'ai été hypnotisée par cet État 😵, que voulez-vous ^^), au sud de La Nouvelle-Orléans, et plus précisément dans la Baie de Barataria, au cours de l'été 2010, soit cinq ans après l'ouragan Katrina.

Source WikipédiaDes pélicans bruns
mazoutés, attendant d'être nettoyés,
Louisiane, 3 juin 2010.
[Petit aparté : Une coïncidence en amenant souvent une autre, quelques jours avant de lire ce roman, je suis tombée par hasard sur le film Deepwater, qui raconte l'histoire vraie de la plus grande catastrophe pétrolière de l’histoire, lorsque la plateforme Deepwater Horizon a explosé le 20 avril 2010, au large du golfe du Mexique.
Et voilà que j'entame ce roman, en réalisant que l'histoire se déroule justement quelques mois après ce terrible événement écologique, dans une petite ville de crevettiers, directement touchée par la marée noire qui a suivi ce désastre.]

C'est un circuit rude et accidenté que réserve cette lecture couleur d'ébène. Là où elle vous emmène, la nature, les individus, et la vie en général, sont salement amochés.
Les habitants de Jeanette, pêcheurs de crevettes pour la plupart, en ont déjà bien bavé avec Katrina. Depuis, ils tentent de reconstruire en subsistant de leurs maigres pêches, et voilà que 5 ans après, une marée noire se répand dans le golfe du Mexique, réduisant en peau de chagrin le contenu de leurs filets.

Pour bien vous préparer à ce récit, il vaut mieux sortir les cuissardes de pécheur, un sac à dos rempli d'objets de première nécessité (crème anti-moustiques, jumelles, kit de survie, et de self-défense...), et s'attendre à tout !!!
Je peux vous garantir que vous ferez de pittoresques rencontres en chemin, tant les personnages sont authentiques, et consistants ! Ce sont des êtres esquintés, qui vous montrerons la misère, la vraie ! Celle qui engendre la colère, qui érode l'espoir, et qui s'acharne obstinément pour réduire les hommes à néant.

Si vous avez l'âme d'un chercheur de trésors, vous pourrez vous munir d'un détecteur de métaux. Il y a des rumeurs de trésor enfoui dans le coin où vous allez fureter. Il paraîtrait même que la baie fut utilisée par les flibustiers menés par Jean Lafitte, il y a belle lurette...
En tout cas, c'est ce que croit dur comme fer l'un des personnages : Lindquist (mon préféré n°1). Celui dont tout le monde parle comme d'un maboul accro aux médocs, toujours prompt à jouer à toc-toc, et qui déboule au début du roman après avoir égaré sa prothèse de bras myoélectrique.
« Toc toc toc, dit Lindquist.
– C’est une blague ? demanda Wes.
– Ouais, tu dois dire “qui est là”.
– Qui est là ?
– Le petit café.
– Quel petit café ?
– Le petit café dans sa culotte. »
Bref, que ce foutu trésor ne vous monte pas à la tête, comme lui, car cela pourrait vous jouer de sales tours... Je vous signale qu'il y a des alligators dans les parages, mais pas seulement ! Il vous faudra garder les idées claires afin de ne pas vous perdre dans les méandres du bayou, qui devient un vrai labyrinthe quand le brouillard s'en mêle, surtout avec cette chaleur suffocante, et cette satanée odeur de mazout à vous rendre malade.

C'est qu'il y a d'énormes risques à s'aventurer là où il ne faut pas. À cause des frères Toup. Ces deux-là, s'ils vous repèrent, ça craint vraiment 😨.
Nous sommes dans du roman bien noir, un noir de jais même, alors il fallait forcément un détraqué 100% local. Sauf que là, pas de bol, le taré en question a un jumeau, certes un peu moins atteint, mais suffisamment influençable pour écouter son tordu de frère... Un conseil : Envie de fumette ou pas, prenez le large !

Il y a le jeune Wes (mon perso préféré n°2), ce jeune homme marqué au fer rouge par Katrina, un fils de crevettier qui ne veut pas quitter la baie, mais tarde à terminer la construction de son propre bateau, abattu par la rancœur familiale et le découragement, qui s'étend au même rythme que la nappe de pétrole.

Un vautour en costard tournoie aussi. Envoyé par une entreprise pétrolière, il est là pour fondre sur ses proies, les dépouiller et les harceler sans vergogne, juste pour une signature sur ses papelards. Stylo à la main, les boniments de ce charognard font capituler même les plus résolus.
Et deux trublions inconscients, qui viendront faire des ricochets sur les eaux nauséabondes de ce bayou, provoquant de dangereux et imprévus remous...
J'ai envie de vous enrôler dans cette lecture pour que vous les rencontriez tous ! Pour que leur courage ne soit pas occulté par leurs difficultés, pour que vous pataugiez avec eux dans ces eaux qui enflamment l'imagination, et aussi pour que vous découvriez un premier roman captivant, sincère, et empli d'humour noir.

Si vous y allez, soyez prêts à mettre les pieds dans la vase des marécages, là où ça sent mauvais, et où les dangers d'une nature saccagée ont fait le lit du malheur. Le genre d'endroit où les situations sordides en entraînent d'autres, et vous embourbent un peu plus à chaque mouvement. Reste à trouver la bonne prise et à l'empoigner fermement pour en réchapper. Une destination poisseuse, où la violence rôde, prête à vous tirer vers le fond, mais qui cache aussi dans les profondeurs de la brume, de beaux petits îlots d'humanité, et d'émotions brutes.

Source du site des éditions Albin Michel : Originaire de Louisiane, Tom Cooper s’est fait connaître en publiant des nouvelles dans de nombreux magazines littéraires, qui lui ont valu d’être nominé à quatre reprises pour le prestigieux Pushcart Prize. The Marauders, son premier roman, a été largement salué par la presse américaine lors de sa parution et sera prochainement adapté à la télévision sous la supervision des producteurs de Breaking Bad.
Tom Cooper, pour Les Maraudeurs, est sélectionné pour le Prix America.

vendredi 9 mars 2018

Ouragan de Laurent Gaudé


Synopsis : A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ?
Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence...


Un genre : Littérature Contemporaine
Une édition : Babel (2012) - 192 pages

Détails de mon appréciation

L'origine de ce choix : Une furieuse envie de retrouver la plume de l'auteur du roman Le soleil des Scorta, lu cet été, et tellement apprécié.
Mais aussi pour l'immense coup de cœur ressenti en ce début d'année envers une série TV véritablement unique en son genre : Treme, dont je vous reparlerai peut-être une autre fois...

Une ébauche de l'histoire : Des destins d'hommes et de femmes confrontés au déchaînement des éléments en ce 29 août 2005 à la Nouvelle-Orléans, jour où Katrina, l'un des ouragans les plus puissants de l'histoire des États-Unis, a touché la côte de la Louisiane.
Dans ce roman court mais tellement percutant, on suit le déroulement des événements, et la lutte de ces existences prises dans la tourmente, presque heures par heures. 
C'est une histoire d'où surgit la cruelle absence de choix des plus déshérités, qui ne courbent pas l'échine et ne vacillent pas devant l'injustice, relevant même la tête avec courage.
Un récit sur l'instinct de survie poussé à son paroxysme, et sur la folie démultipliée par la tempête.
Mais aussi sur l'amour qui brave la fureur, et sur la rédemption trouvée dans le chaos. 

Des mots bouleversants : 

« Qui se soucie d’une vieille folle comme moi ? Ils m’ont oubliée. Ce pays est tout entier fait comme ça. Rien ne s’oublie mieux que les négrillons. Il en a toujours été ainsi. Toute la ville a foutu le camp et ils ont laissé derrière eux les nègres qui n’ont que leurs jambes pour courir parce que ceux-là, personne n’en veut. [...]

Là, je prends le drapeau qui est tombé au sol. J’ai trouvé. Josephine Linc. Steelson, négresse jusqu’à sa mort, va gifler le monde. Je vais monter dans le bus, mais je le ferai libre, comme toujours. [...]
Je déplie le drapeau et je le mets sur mes épaules, comme un châle. Puis, seulement, je les suis. Je veux qu’ils me voient tous. Je suis la dernière à partir. Je le fais de force. C’est ma terre ici, que je n’ai jamais quittée. La terre de mes ancêtres qui s’y sont fait humilier.»

Une image rémanente : Je pense que le personnage bouleversant de Josephine Linc. Steelson, a été inspiré par cette femme, l'une des innombrables victimes de l'ouragan...
Enveloppé et en attente.
Origine de la photo : article Essence.com
Milvertha Hendricks, âgée de 85 ans à l'époque, est enveloppée dans une couverture de drapeau américain à l'extérieur du centre de convention Ernest N. Morial de la Nouvelle-Orléans alors qu'elle attend avec d'autres survivants de l'ouragan Katrina pour l'évacuation.

Des émotions éprouvées : J'ai été sonnée par la puissance de ce roman, qui m'a littéralement clouée dans mon fauteuil ! Prise au cœur du dévastateur ouragan Katrina, je me suis laissée engloutir par les mots de l'auteur, totalement submergée par une tempête d'émotions, avec un sentiment d'impuissance écrasant.. L'authenticité des personnages, leur courage dans ce cataclysme, leur fatalisme aussi, m'ont profondément touchée. C'est un récit qui parle d'injustice, un hymne pour tous ces laissés-pour-compte qui ont été abandonnés et frappés de plein fouet par l'ouragan. Un texte fort et poignant qui m'a laissée le souffle coupé lorsque je l'ai refermé. Il aura fallu attendre que le vent retombe dans mon esprit, et que le bouillonnement de la révolte s'apaise, pour que les visages, et les scènes, remontent à la surface, et se gravent, sans doute pour toujours, dans ma mémoire.

Une conclusion : Secouée par les mots de Laurent Gaudé, je refais surface avec un serrement de cœur, et suis saisie par une conviction : celle d'en être...

jeudi 1 mars 2018

Riverdream de George R.R. Martin

Un synopsis : Mississippi, 1857.
Quel capitaine de vapeur sensé refuserait le marché de Joshua York ? Cet armateur aux allures de dandy romantique offre des fonds illimités pour faire construire le navire le plus grand, le plus rapide et le plus somptueux que le fleuve ait jamais connu. En échange de quoi ses exigences paraissent bien raisonnables : garder la maîtrise des horaires et des destinations, et, surtout, ne jamais - à aucun prix - être dérangé dans sa cabine hermétiquement close, dont il ne sort qu'une fois la nuit tombée.
Voilà enfin l'occasion qu'attendait le capitaine Marsh, vieux loup de rivière aux proportions gargantuesques, pour relancer sa compagnie en perte de vitesse. Si ce formidable vapeur lui permet de coiffer ses concurrents au poteau, peu lui importe les lubies de l'étrange armateur. Jusqu'au jour où une vague de meurtres sanglants apparaît dans le sillage du Rêve de Fèvre...


Un genre : Horreur - Fantastique
Une édition : Mnémos (2012) - 330 pages
Détails de mon appréciation

L'origine de ce choix : Fan de la première heure de sa saga phare Le Trône de fer, avec 12 tomes lus bien avant la sortie de la série TV. Convaincue par Armageddon Rag (souvenez-vous...), et récemment enchantée par son recueil Dragon de glace : ma prédilection pour ce cher George n'est désormais plus à prouver !

Une ébauche de l'histoire : Abner Marsh, un infortuné Capitaine de vapeur, s'associe à un étrange inconnu richissime pour réaliser un rêve commun : construire le plus magnifique et le plus rapide bateau à vapeur. Les fonds sont illimités, mais les conditions, claires et nettes dès le départ : Marsh ne devra en aucun cas se montrer curieux envers les habitudes exclusivement nocturnes de Joshua York, son associé, ne poser aucune question, ni s'intéresser de trop près à ses énigmatiques compagnons, et encore moins s'immiscer dans ses affaires. Y parviendra-t-il ? Surtout lorsque les rumeurs vont commencer à circuler sur le vapeur, dès leur premier périple reliant Saint-Louis à la Nouvelle-Orléans...
Marsh est un homme de parole, et pas superstitieux pour deux sous ! Forger une réputation à son majestueux Rêve de Fevre, voilà le but de toute sa vie ! S'il doit fermer les yeux sur les excentricités de son associé pour réaliser son rêve ultime : battre à la course le seul concurrent à sa mesure : L'Eclipse, alors soit...
Sauf que... ce premier voyage traîne en longueur. Les escales à terre choisies par Joshua s'éternisent, et coïncident avec des événements sinistres. 
Le retard du vapeur fait déjà jaser : ce gros bateau serait-il trop lourdaud, voire défectueux ? Pour Marsh, qui ne peut tolérer une dépréciation totalement injustifiée de son bijou flottant, c'en est trop !

Une peinture des personnages : Le Capitaine Marsh est charismatique ! Sa carrure en impose, sa poigne est de fer, et sa trogne barbue et constellée de verrues est d'un abord peu engageant. Pourtant il m'a tout de suite plu, avec son air franc et bourru, et sa façon autoritaire de taper sur un comptoir ou une table avec sa canne en hickory. Derrière sa grande carcasse se cache un personnage très attachant, bon, intègre, et plein de ressources.
Parmi l'équipage qui entoure le Capitaine, plusieurs personnages tirent aussi leur épingle du jeu, et nous font ressentir l'esprit de corps qui peut s'établir sur un bateau, et je les ai trouvé tous sacrément bien campés.
Quant à Joshua York, le mystérieux associé, grand mais moins colossal que Marsh, il est tout aussi intimidant, si ce n'est beaucoup plus inquiétant. Que cachent ses manières de gentleman, son grand manteau noir, son teint et ses cheveux pales, et surtout ce regard... ?

Un extrait : "Il avait les yeux gris, étonnamment sombres dans un visage si pâle. Ses pupilles, aussi petites que des têtes d’épingle, brûlaient, noires, et transperçaient Marsh comme pour sonder son âme. Les prunelles, autour, semblaient douées de vie, mouvantes comme de la brume par une nuit obscure, quand les rives et ses lumières s’estompent et qu’il ne reste plus rien au monde que le bateau, le fleuve et le brouillard. Dans ces brumes, Abner Marsh discerna des ombres, des apparitions fugitives. Une intelligence froide en émanait. Il y avait une bête, aussi, noire et effrayante, enchaînée, furieuse, qui tempêtait dans les ténèbres. Un rire, de la solitude et une véhémence cruelle : le regard de York contenait tout cela."

George R.R. Martin ne faillit pas à sa renommée désormais légendaire de nous servir des méchants bien gratinés et détestables. Si vous connaissez Le Trône de fer, vous savez combien il excelle en la matière. Ici, nous avons ce Billy Tipton, dit "Billy l’Aigre", dont le surnom n'est rien comparé à son penchant pour la cruauté. Et un autre, pas mal non plus dans son genre... mais je vous laisse le plaisir de faire sa connaissance, en temps voulu ;-)

Une bouffée d’atmosphère : Imaginez une traversée sur le Mississippi, ce fleuve incroyable, à bord de l'un de ces mythiques bateaux à roues à aubes. Je les ai imaginés, s'entrecroisant en faisant hurler leurs sifflets pour se répondre. Et j'ai même cru entendre le tchunka-tchunka-tchunka-tchunka sonore de leurs roues barattant l'eau.

Des émotions esquissées : De l'éblouissement face aux descriptions du Rêve de Fevre
Une forme de fièvre, à la lecture des nombreux et troublants poèmes répandus dans le sillage du vapeur, durant tout le récit. 
De l'effroi, à l'évocation de l'Ozymandias, un bateau sombre, peint en noir, qui navigue uniquement de nuit, avec un tapis couleur de sang et des miroirs qui ne reflètent pas les damnés qui déambulent à son bord.
Et un transport renouvelé, confirmant que ce cher George est vraiment fort (fan, j'vous disais 😉)!

Une image rémanente

Un regret éventuel : Ne pas être montée à bord pour sillonner le Mississippi sur l'un de ces vapeurs.

Un souvenir particulier : Un extrait du poème de Lord Byron, Ténèbres :

J’eus un rêve qui n‘en était pas entièrement un,
L’éclat du soleil s‘était éteint, et les étoiles
Erraient, pâlissantes, dans l‘espace éternel,
dépouillées de leurs rayons et de toute trajectoire fixe
La terre glacée flottait, aveugle et noire dans l ‘air sans lune ;
 L’aube venait, s‘en allait – et revenait sans amener le jour
Les hommes oubliaient leurs passions dans la terreur
De cette désolation ; tous leurs cœurs
Se gelaient en une prière égoïste vers la lumière…

Une conclusion : Évoqué comme la rencontre entre Bram Stoker et Mark Twain par certains critiques, et par G.G.R. Martin lui même, pour moi ce roman restera une célébration à ce fleuve incroyable qu'est le Mississippi, ainsi qu'un hommage rendu à la grande époque de la navigation à vapeur, et un beau et envoûtant roman vampirique 😉
D'autres avis chez : Licorne, PhookaBlackWolf
L'eau : Une histoire de sang

lundi 26 février 2018

Challenge des Prix littéraires SFFF

En découvrant ce challenge, impossible d'y résister ! Les livres ayant reçu un prix littéraire SFFF ont toujours été dans ma ligne de mire, c'est donc avec empressement que je m'y inscris. Cerise sur le gâteau : sa durée est illimitée ! Que demander de plus ? Rien ! C'est le challenge fatal 😄

But du challenge
Lire des livres ayant reçu un prix littéraire spécialisé en littératures de l'imaginaire.
Durée illimitée.
Ne sont pas acceptés ⚠ 
- les prix contenant moins de 10 livres (ex : le prix Cafard Cosmique, qui ne contient que 8 livres),  
- les prix (ou les catégories) ne récompensant pas un livre ou un texte en particulier mais juste un auteur (ex : la catégorie John W. Campbell, Jr. Award, dans le prix Hugo).
- les livres figurant dans les catégories "Illustrateurs/Artistes", car le prix ne récompense pas le texte proprement dit mais juste les illustrations.
Liste des prix concernés ICI

Plusieurs menus, comportant eux-mêmes des paliers, sont proposés par Gribouille Lechat, qui a la gentillesse d'organiser et d'animer le challenge sur le topic dédié de Livr'addict.

Je m'inscris pour le menu n°2, avec un palier de 6 à 10 livres
(sachant qu'il peut toujours évoluer en cours de route).

Menu n°2Libre (Romans + Nouvelles ou Novellas) :  Tous les prix de la liste indiquée ci-dessus sont acceptés. Les nouvelles, novelettes et novellas comptent au même titre que les romans, tous prix confondus.
Paliers : de 1 à 5 livres
             de 6 à 10 livres
             de 11 à 20 livres
             de 21 à 30 livres
            + de 30 

Je sens que ce challenge va être vraiment fun ! N'hésitez pas à venir nous rejoindre ! Parmi tous les menus proposés, il y en a certainement un fait pour vous 😉

mardi 20 février 2018

La malédiction de Norfolk de Karen Maitland

Synopsis : 1208. Le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d’Angleterre. Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements – ni confession, ni mariage, ni extrême-onction. S’ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, en particulier chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours. C’est dans ce contexte particulièrement difficile qu’une jeune paysanne, Elena, est appelée au service du seigneur de Gastmere, dans le comté de Norfolk. Là, on l’oblige à s’adonner à un étrange rituel, celui des « mangeurs de péchés », consistant, en l’absence d’extrême-onction, à prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés d’un mourant. Cette cérémonie va être le début d’une véritable descente aux enfers pour la jeune fille qui se retrouve bientôt accusée de meurtre. Son cauchemar ne fait que commencer…

Thriller historique - 652 pages - Editions Sonatine (2014)
Cette première lecture commune avec Tanuki ne fût malheureusement pas à la hauteur de nos attentes ! Pourtant, nous étions impatientes de retrouver l'engouement suscité par La Compagnie des menteurs, que nous avions beaucoup appréciée toutes les deux.

Le souvenir que je garde de cette histoire est celui d'une succession de PLOUFS, voyant tous mes espoirs tomber à l'eau, et couler, un à un 😔

- L'espoir que l’héroïne envoie valser son air de bécasse et ses pleurnicheries, pour enfiler le vrai costume du rôle et susciter un minimum d’intérêt... PLOUF !
- L'espoir que l'intrigue tournant autour de la trahison remplisse son rôle et nous apporte un dénouement cohérent et abouti... PLOUF !
- L'espoir que la sorcellerie prenne davantage d'envergure, et que l'essence des sortilèges sorte enfin des chaudrons, que diable !... PLOUF !
- L'espoir que la mandragore, quitte plus souvent ses chiffons, et s'illustre dans toute la puissance de sa magie... PLOUF !
- L'espoir que le final rattrape un peu le reste, et ramène à la surface un bon twist, où tout au moins une conclusion moins soluble... PLOUF !

Quelques bouées auraient pu sauver ces naufrages successifs, si elles avaient été mieux utilisées, et c'est un peu bêta 😕

Par exemple, le contexte historique du récit aurait pu être passionnant et bien plus intriguant. L'Interdit qui frappait l'Angleterre en 1208, et qui signifiait plus d'hommes d'église, d'offices divins, ni de sacrements ou sépultures en terre consacrée, ouvrait la voie à toutes les diableries possibles. Imaginez un peu la terreur engendrée par cette interdiction, elle entrebâillait un passage directement vers l'enfer pour tous ces gens gavés de superstitions. Vade retro satana !!!

L'ambiance bien glauque et mystérieuse fût réussie également. Mais là encore, le mélange aurait pu être bien plus poisseux, si seulement deux femmes aux pouvoirs singuliers n'avaient pas été sous-exploitées. Dites-moi à quoi servent de puissantes sorcières si elles restent dans l'ombre de leur cabane au fond des bois, à jouer aux osselets, durant quelques pages seulement ? 

Mais j'ai gardé le plus positif pour la fin, et ce que j'ai aimé sans réserve dans ce roman : L'herbier de la mandragore ! Des pages semées à chaque début de chapitre, comme pour se prémunir des événements qui vont suivre. Révélant l'étendue des croyances de l'époque, reprenant les propriétés de plantes, animaux, etc. et de leurs usages au quotidien, j'y ai recueilli le seul charme a avoir œuvré... :

 Morelle noire – Encore appelée belladone ou baie du diable. Plante qui embrouille l’esprit et apporte la mort, car son autre nom est dwale, qui signifie « deuil ». Dans la mesure où elle est vénéneuse, elle est sacrée pour la déesse Hécate, qui a appris à ses filles à connaître toutes les plantes.Les mortels confectionnent des couronnes de cette plante pour guérir les chevaux victimes d’un sort et pour préserver leur personne des sortilèges. Mais le diable veille jalousement sur elle, car elle est à ses ordres. C’est pourquoi ceux qui voudraient la cueillir doivent d’abord lâcher une poule noire que le diable ne pourra s’empêcher de pourchasser, en suite de quoi la plante devra être rapidement ramassée avant le retour du diable.Car l’homme qui veut apporter la mort doit d’abord tromper. L’Herbier de la mandragore

Bon, force est de constater que Karen Maitland n'a pas su m’ensorceler sur ce coup-là, mandragore ou pas, la potion s'est avérée inefficace... Mais je suis enchantée de l'avoir goûtée en compagnie de ma Tanuki préférée.
Billet de Tanuki

samedi 17 février 2018

Challenge Les 4 éléments


Un nouveau challenge fait son entrée ici : Le challenge de lecture d‘Un Rat des villes, alias Adlyn.
Très original dans ses thématiques, mettant à l'honneur les 4 éléments, il a aussi un énorme avantage : n'être soumis à aucune contrainte de temps, exactement ce qu'il me faut !
Un livre peut répondre à plusieurs consignes (20 en tout), mais je vais corser l'affaire en tentant de m'imposer une lecture par critère (rempli au fur et à mesure dans ce billet), ce sera plus drôle 😉

L’eau :

Un livre à la couverture bleu océan
Un personnage mélancolique
Un être aquatique, réel ou imaginaire : poisson, dauphin, hippocampe, sirène, naïade…
Un récit dans le froid
Une histoire de sang : Riverdream de George R.R. Martin

La terre :

Un livre à la couverture vert feuille
Un personnage très terre à terre
Un habitant de la forêt, réel ou imaginaire : cerf, sanglier, renard, centaure, licorne, botruc…
Un récit dans le désert
Une histoire avec du métal

Le feu :

Un livre à la couverture rouge feu
Un personnage tout feu tout flamme
Une créature fantastique en rapport avec le feu : dragon, phénix, élémentaire…
Un récit où la guerre fait rage
Une histoire d’éclairs

L’air :

Un livre à la couverture blanche éthérée
Un personnage qui a la tête dans les nuages
Un animal menacé, disparu ou menacé de disparition : dodo, tigre, baleine, ours polaire…
Un récit où règne la paix
Une histoire avec un vol dans les cieux
 C'est parti pour affronter les éléments 💪 Même pas peur ! 😁