samedi 11 novembre 2017

Ça (2 tomes) de Stephen King

Synopsis : Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans…
Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.
Entre le passé et le présent, l’enfance et l’âge adulte, l’oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l’auteur de Sac d’os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses œuvres les plus amples et les plus fortes..

Horreur - 1438 pages - Editions Livre de Poche (2002)

Attendez un peu de lire comment Ça m'est tombé dessus... Et accrochez-vous, parce que Ça va vous faire frissonner !!!

Un soir, portes et fenêtres closes, prise d'une harassante séance d'errance télévisuelle, - autrement dit de zapping forcené - subitement mon cœur manque un battement, ou deux...
N'ai-je pas aperçu un ballon du coin de l’œil, qui flottait devant la porte de la salle de bain restée allumée ?
Pfff, n'importe quoi ! Peut-être devrais-je penser à réduire ma consommation de pastilles à l'absinthe ?
Je me tortille sous ma polaire, un peu mal à l'aise de ressentir quelques frissons alors que le thermomètre de la chambre est à 28° (bah quoi, j'suis une fille du sud moi, 28° avec une polaire, quoi de plus normal ? ^^).
Un courant d'air peut-être ? Où la porte du congélo mal fermée ?

Bref, je retourne à mon écran, bien décidée à sortir mes chaussettes en poils de Bête du Gévaudan à la moindre alerte "chair de poulette" ;-)
Et là, cette fois mon palpitant déraille gravement.... Devinez ce qui surgit, là, sous mon nez ?
UN CLOWN !!! Tout droit sorti de l'enfer, je vois sa trogne cauchemardesque derrière la vitre, ses yeux de monstre assoiffé de sang, ses dents effilées comme des lames Gilette...
Défaillance ou pas, s'ensuit un dialogue d'une pertinence éblouissante entre mon bourrichon et moi :

- Bip bip, Lupa !!! 
- Hein ? Quoi ?
- J'ai dit Bip bip !!! 
- Heu... mais c'est quoi ce mauvais trip ?
Regarde, c'est la bande-annonce de l'adaptation cinématographique de Ça qui vient tout juste de sortir au cinéma.
- Oh, mais quelle idiote je fais !!! Ce n'est pas la fenêtre, mais seulement l'écran de télé, me dis-je, faussement rassérénée.
- Mais cela ne te rappelle rien ?
- ...

C'est le moment que choisit mon téléphone pour sonner, et me faire entrer dans le Guinness book grâce à un prodigieux bond, digne des records des derniers JO.
- A-a-allo, et voilà que je bégaie maintenant, on aura tout vu !
- ÇA revient… et tu as promis... dit une voix sépulcrale, avant de raccrocher.


Et là, la foudroyante révélation s'abat sur moi, et me fait soliloquer à voix haute : 
O-o-oui, c'est v-v-vrai, j'ai pro-promis ! J-je m'en s-sou-souviens m-main-maintenant... Pro-promis de l-l-lire Ça s-s'il r-r-re-revenait... 

Je fonce vers ma PAL, vite !!! Il faut que je retrouve les deux tomes que je gardais bien au chaud pour... pour quelle occasion déjà ? Halloween peut-être ?
- Halloween, c'est tous les ans depuis... combien d'années déjà ? me répond mon bourrichon, d'un air un peu trop narquois à mon goût.
- J'ai un clown plutôt flippant sur les bras, alors tu vas pas me les briser maintenant, d'accord ?
- Ok, ok... Ohhhh, mince alors !!! 
- Quoi ? Faut toujours qu'il la ramène quand j'suis pas d'humeur, le boubou.
- Halloween ! C'est aussi dans trois jours, non ? Quelle coïncidence...
- Hein ?... Alors tu crois que c'est pour Ça que... ?
- Laisse tomber, et grouille !

Quand il veut, il sait comment me booster le bougre ^_^  
Ma liseuse ! Où est donc passée ma liseuse ?
Et là ! Vlan ! Une Kobo volante traverse la pièce jusqu'à... (aïe, ouille, aïe !) ma tempe droite !
Un peu sonnée, je me dis que c'est peut-être La Tortue qui me l'a balancée... 
La tortue... ? Mais QUELLE TORTUE ? Je n'ai jamais eu de tortue, bon sang de bois !!! Il n'y a même pas la moindre petite ombre de figurine lilliputienne de tortue chez moi ^^ C'est quoi ce délire ?
Je récupère le projectile, ouvre lentement l'étui, et constate que la couverture de ÇA s'affiche, lumière allumée, comme une sinistre et facétieuse invitation 🎈

Obligée de repasser devant la salle de bain, liseuse serrée contre la poitrine, j'essaie de ne pas regarder si le ballon y est toujours... Sauf que, je m'arrête subitement devant la porte, suffoquée par une odeur de déchetterie macabre...
Mais au fond de moi, je sais... je sais que c'est Ça !
L'haleine de Grippe-Sou est déjà tout près. Ça se rapproche, et il va me falloir agir très vite pour rejoindre la bande des Ratés.
Alors un son, comme un ultime avertissement, sort du lavabo ? UNE VOIX ? 😰
« Le clown m’a emporté là en bas dans les tuyaux, et je suis mort, et bientôt il va revenir et te prendre, toi... »


Il ne me reste plus un instant à perdre ! Je dois d'urgence me laisser dériver jusqu'à Derry. Pourtant, j'ai la pétoche car je connais cette ville pour y avoir déjà séjourné dans 22/11/63 ! Mais qu'importe, j'ai promis de découvrir Ça !
Et ce ne sont pas les premières lignes qui m'en dissuaderont :
« La terreur, qui n’allait cesser qu’au bout de vingt-huit ans (mais a-t-elle vraiment cessé ?), s’incarna pour la première fois, à ma connaissance, dans un bateau en papier journal dévalant un caniveau gorgé d’eau de pluie. »

[...]

Plusieurs centaines de pages plus tard, vous voulez vraiment savoir dans quel état je suis ?
Pas du tout indemne (sans rire, vous aviez remarqué ?😜), mais surtout bouleversée, émue, impressionnée, vivante, et enivrée d'émotions fortes.
Je ne sais pas si les égouts sont définitivement débarrassés de Ça mais je sais qu'il restera dans mon bourrichon un sacré bout de temps ! Caché, ou juste endormi, jusqu'aux 27 prochaines années... 

Pourquoi ? Vous tenez vraiment à savoir qu'est-ce que Ça m'a fait ?
Il m'a fait trembler, ressentir la terreur des cauchemars et l'intensité de la folie incarnée, la laideur des monstres, et la résurgence des peurs enfouies...

Mais ce roman a été avant tout un catalyseur !
Le catalyseur de l'amitié, avec un A plus gigantesque que l’Annapurna ! Il a surtout révélé la force d'une alliance, forgée dans la magie de l'enfance et la puissance des serments !
Les griffes du monstre perdent de leur tranchant face à la bouffée d'admiration et de tendresse éprouvées pour les personnages ! Des frayeurs pour cette bande de ratés, dont on aimerait faire partie, naît un bouillonnement d'admiration et d'amour.
Une tempête de sensations, j'vous dis ! Un coup de 💗 Et une flopée de ha-ha-ha-ha aussi 😍

Rien que Ça ! C'est dingue, pas vrai ? !!!
Ah, j'oubliais : « LES CHEMISES DE L’ARCHIDUCHESSE SONT SÈCHES, ARCHI-SECHES ! »
Et maintenant : Bip bip !!! 😉

dimanche 22 octobre 2017

Séance de rattra'pages #11

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois de juillet, août, et septembre 2017, classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  • La constellation du chien de Peter Heller (336 pages) : Immense coup de 💗 pour ce roman qui a fait remonter à la surface beaucoup plus d'émotions que je ne m'y attendais ! Une histoire post-apocalyptique puissante, avec un héros attachant, et une vraie réflexion sur l'humanité avec un grand H, la nature, et les trésors dont notre planète regorge ! Je ne peux que vous pousser à lire cet incontournable titre :)
  • Mr Gwyn d'Alessandro Baricco (215 pages) : Après 4 de ses romans lus, j'en viens à me demander si cet auteur parviendra à me décevoir un jour, tant sa plume me touche à chaque fois ! La saisissante histoire de Mr Gwyn est comme les autres, impossible à lâcher avant la fin, et presque douloureuse à quitter ^_^
  • Le lion de Joseph Kessel (256 pages) : Un classique de 1958 que l'on ne présente plus, et qui mérite d'être remis à l'honneur pour son indémodable force et la beauté de son récit ! J'ai dévoré ses 256 pages sans m'en rendre compte, tellement immergée dedans que je n'ai pu m'empêcher de verser quelques larmes à la fin... Si vous ne l'avez encore jamais lu, jetez-vous dessus !!!
  • Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (474 pages) : Ce fût pour moi LE roman "feel good" de cet été ! Une lecture bienfaisante mais pas sirupeuse, comme il est bon d'en lire de temps en temps, ne serait-ce que pour les valeurs positives qu'elle diffuse entre ses pages :) Je ne peux que vous la recommander chaudement !
  • Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé (248 pages) : Un prix Goncourt que je me réservais pour une journée de canicule, à l'ombre de ma terrasse, devant un grand verre de thé glacé ;-) Ambiance réussie pour le récit d'une confession mêlée de fierté et de folie, sous le soleil accablant de l'Italie ☀ À découvrir !
  • Le Dernier loup-garou de Glen Duncan (357 pages) : Violent, funeste, cru, et mélancolique, voilà un roman que je déconseille fortement aux âmes sensibles ! En revanche, pour tous ceux avides de sensations extrêmes, que la brutalité des scènes n'effraient pas, et qui apprécient un style d'écriture soigné (dont je fais partie), je dis : "Foncez !!!"
  • Nous ne sommes qu'ombre et poussière de Lyndsay Faye (448 pages) : Voilà une rencontre bigrement maîtrisée entre notre fameux Sherlock Holmes, et le tout aussi mythique Jack the Ripper ! Les amoureux de l’Holmésologie y trouveront un bon moment de lecture et une cohérence bien agréable. Si vous hésitez à vous lancer dans cette enquête, ma chronique vous convaincra peut-être ;-)
  • Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (139 pages) : Les nombreuses et excellentes critiques, sans oublier le titre et la couverture, ont été à l'origine de la découverte de ce beau roman, d'une rare intensité. Le récit poignant de ces femmes déracinées, face auquel on ne peut rester indifférent, fait trembler et réfléchir. À lire, pour honorer leurs mémoires et ouvrir nos consciences !
  • Nous allons tous très bien, merci de Daryl Gregory (200 pages) : Oui, seulement 200 petites pages, mais ô combien scotchantes, dérangeantes, mais redoutablement efficaces ! Première incursion dans l'univers "monstrueux" de Daryl Gregory, mais certainement pas la dernière ! La preuve à la ligne suivante, s'il vous en fallait une ;-)
  • L'éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory (448 pages ) : Voyez comme je suis de parole, je vous avais bien dit que je retournerai chez Daryl ! Eh bien voilà ! Je vois déjà votre curiosité poindre, et la question qui s'impose avec ce titre est : "Mordue, ou pas mordue ?" À vous de vérifier dans ma chronique à quel point l'atmosphère confiné de la mouvance zombiesque m'a réussi 😁

  • Bowie : L'autre histoire de Patrick Eudeline (144 pages) : Je ne suis pas friande d'essais biographiques, c'est d'ailleurs le premier que je lis depuis l'existence de ce blog. Mais Bowie ne pouvait être que l'exception qui confirme la règle de ne rien lui refuser ;-) Alors autant ne pas laisser le doute s'installer une seconde de plus ; je n'ai pas aimé celui-ci. Bourré d'anecdotes sans intérêt, et de potins volontairement trashs, la fan que je suis n'y a pas trouvé suffisamment de traces du génie de l'artiste, dommage...
  • 🌞🌞🌞🌞🌞🌞🌞🌞🌞

    Ce trimestre totalise 11 lectures (dont une biographie), soit 3265 pages.
    Je n'ai pas suffisamment publié, mais je me dis que je ne dois pas le faire sous la contrainte, sous peine de perdre le goût de bloguer... Alors j'attends que l'envie et l'inspiration me reviennent ;-)

    Septembre a vu se clôturer la 3ème édition du Challenge de La Licorne. J'ai eu la joie de remporter la 1ère place du niveau "Elfes psychopathes", en comptabilisant 29 points dont voici le détail.
    L'adorable Licorne a eu l'extrême gentillesse de me faire parvenir un paquet cadeau dont je vous laisse admirer le contenu 😍 Mille mercis ma Lili pour cette délicate et généreuse attention 💝
    Inutile de préciser avec quel enthousiasme je me suis réinscrite à la 4ème édition de ce challenge que j'apprécie tant !

    Du côté de mes réceptions, je me dois aussi de vous faire partager ma découverte du travail d'apicultrice de mon Lutin préféré !
    En plus de nous concocter de savoureuses et alléchantes critiques sur son blog Albédo, elle a eu la brillante idée de nous proposer, dans son billet du 30/09 intitulé Septembre 2017 au clair de miel, la possibilité de goûter son précieux nectar en achetant un de ses coffrets Gourmiel.
    Chose dite, chose faite, grâce à la réception de ce colis, je vais pouvoir me régaler de ses pots de miel aux étiquettes fantastiques ;-) Merci Lutin !!!

    Voilà que s'achève cette séance de rattra'pages, en espérant qu'elle vous aura donné envie de lire, mais aussi d'échanger avec vos ami(e)s de la blogosphère, car c'est bien là le but de ce beau et enrichissant partage. À bientôt !
    😘

    dimanche 15 octobre 2017

    L'éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory

    Synopsis : Stony a trois sœurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l’aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler... Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu’il est. Il n’a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d’autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage...

    Fantastique - 448 pages - Editions Le Bélial' (2014)

    Avis : Bluffée par ma découverte de Daryl Gregory avec Nous allons tous très bien, merci, c'est avec engouement que je me suis tournée vers cet autre titre !

    Séries, films, BD's, et romans de zombies ne se comptent plus ! Un sujet qui commence sérieusement à faisander, à l'image de la chair de ses protagonistes :) Mais quand un titre se détache de la masse gémissante, autant le signaler !

    Dans Nous allons tous très bien, merci, Daryl Gregory faisait ressortir son talent pour dépeindre la monstruosité en nous faisant partager les séances d'un groupe de parole, composé de survivants confrontés à l'horreur, allant même jusqu'à nous pousser dans les recoins les plus obscurs de leurs consciences post-traumatiques. J'avais été littéralement scotchée et en redemandais, prouvant combien Daryl Gregory a raison lorsqu'il dit :
    Mais je voulais aussi adresser un petit signe au lecteur, lui faire reconnaître qu’il lit volontairement une histoire d’horreur. C’est étrange… Pourquoi dépenser de l’argent pour se rendre dans une salle obscure en quête d’effroi ? Je pense que cela nourrit quelque chose de primitif en nous. Faire face à la terreur et en ressortir vivant est une sensation grisante.
    Avec L'éducation de Stony Mayhall, il nous démontre une fois de plus qu'il sait s'y prendre avec les créatures terrifiantes, allant même jusqu'à nous les rendre attachantes !
    Voilà donc une histoire qui renouvelle la représentation du zombie de bien belle manière !

    Stony, notre héros pas comme les autres, a été trouvé bébé, sur le bord d'une route neigeuse de l'Iowa au cours de l'hiver 1968 par une veuve et mère de 3 filles qui passaient par là.
    Le bébé est glacé, a la peau grise, sa poitrine ne bouge pas... il semble mort.  Pourtant ses yeux s'ouvrent malgré tout ^^ Wanda et ses filles le ramènent chez elles, lui donnent un bain chaud et le frictionnent, tout en réalisant que ce petit être est différent. Une évidence s'impose immédiatement : son existence doit rester secrète, pour sa propre sécurité et celle de sa famille d'adoption.
    Et pour cause ! Suite à l'apparition de zombies, lors d'un début d'invasion rapidement jugulé par le gouvernement quelques temps avant, la population est au aguets. Le moindre mort-vivant signalé est traqué et exterminé.

    Mais Stony a une particularité : il grandit ! Il est également intelligent, sensible, et dénué de la moindre agressivité.
    Son seul ami est le fils des voisins, Les Cho, qui ont accepté de garder le secret.
    Stony, au contact du jeune Kwang, atteint la même taille que son meilleur ami et évolue de paire avec lui. Leurs expériences de gamins donnant l'idée à Kwang de le surnommer l'Inexorable devant sa capacité à ne pas mourir.

    Les années vont passer paisiblement, jusqu'au jour où Stony va comprendre avec terreur qui il est, et combien les êtres comme lui sont pourchassés. Un événement tragique survient avec sa sœur, et Stony doit s'enfuir précipitamment de la ferme où il a toujours vécu à l'écart du monde extérieur.
    Sa fuite va l'amener à découvrir toute une communauté de morts-vivants clandestins. De planques en planques, il va apprendre que différentes factions coexistent.
    Les Gros Mordeurs, prêchant La Grande Morsure, une épidémie de transformation d'humains exponentielle ; les Abstinents, pour qui la morsure est proscrite ; et les Perpétualistes, dont le but est de maintenir la population des MV et d'enrayer leur extinction programmée.
    Curieux et vif d'esprit, Stony va vite se faire une place d'importance parmi eux. Il va se pencher sur les effets de la transformation, et comprendre que passée la fièvre de la morsure entraînant une fureur meurtrière de quelques heures seulement, les nouveaux morts-vivants peuvent ensuite rester pacifiques.
    Son étonnant développement de bébé à l'âge adulte, ajouté à sa sagesse, et à son de chemin de croix, vont l'élever au rang d'être exceptionnel pour faire de lui un guide spirituel, voire un messie qui s'ignore.

    Ce roman est une vraie bouffée d'air frais dans l'atmosphère confiné de la mouvance zombiesque !
    Différent des stéréotypes habituels, l'auteur nous offre le parcours initiatique d'un être souffrant de la monstruosité de son état et de la peur qu'il engendre, pour devenir le porte-drapeau des minorités opprimés. Le personnage irradie de sa lumière malgré son teint cadavérique, et les nombreuses mutilations subies n'altèrent en rien l'humanité qui se dégage de cet attachant personnage.
    Loin des scènes dégoulinantes d'hémoglobine que recèlent ce genre d'histoires, l'angoisse est là malgré tout, mais pas pour les même raisons que d'habitude. Même si la menace de La Grande Morsure plane, et que l'inquiétude pour les souffleux (vivants) monte, le sort de Stony nous est cher !
    Daryl Gregory nous apprend à éprouver de l'empathie pour ce qui nous terrorise, il brouille avec subtilité la ligne de démarcation entre beauté et monstruosité, comme le témoigne ce 2ème extrait d'un entretien avec lequel je choisi de clôturer ce billet d'éclairante manière.
    En bref, nous sommes tous des monstres. J’ai parfois décrit mes textes comme relevant de l’anti-horreur. Si, comme John Clute l’affirme, l’horreur consiste à découvrir l’hideuse vérité cachée et à la rejeter, alors c’est l’inverse qui m’intéresse : découvrir l’horrible vérité, supporter le sentiment de révulsion, et tendre vers l’empathie. 

    samedi 30 septembre 2017

    Le challenge de la Licorne 4ème édition


    Il est temps ! Il est grand temps de m'inscrire à la nouvelle édition du challenge de la Licorne !!!
    Et de remettre en jeu ma splendide couronne d'Elfe psychopathe, acquise au cours des éditions précédentes (souvenez-vous de la 1ère, de la  2ème, et de la mémorable 3ème session d'où je suis sortie gagnante de ma catégorie🏆 yesss !) ;-)

    Cette année encore,  il n'était pas question de louper ça ! D'autant que le blog mérite bien le petit coup de booster que ce super challenge impulse chaque année :)

    🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿

    Pour rappel, notre Licorne préférée met à l'honneur ses 2 genres favoris :
    La Littérature de l'Imaginaire (fantasy, bit lit, fantastique, SF...), et Le Thriller-Policier 
    et nous invite à la suivre dans ces univers, entre rêves et frissons :
     entre le 1er septembre 2017 et le 31 août 2018. 

    • Celle ou celui qui s'inscrit a un potentiel de 18 livres à lire (pour le plus haut niveau), soit 9 de chaque thème. En effet, il n'est désormais plus nécessaire d'indiquer le niveau choisi au départ, les lectures s'ajouteront comme on le souhaite au cours de l'année, sachant qu'il faudra :
    - 3 lectures de chaque thèmes pour atteindre le premier niveau : Elfes psychopathes 
    - 6 de chaque pour atteindre le deuxième niveau : Dragons sanguinaires
    - 9 de chaque pour atteindre le troisième niveau :  Trolls tueurs fous

    • Un petit cadeau récompensera celle/celui qui aura le plus de point au dernier jour du challenge, si ex aequo, ce sera le premier qui sera arrivé au terme du challenge le plus vite !
    • Nous avons l’année entière pour lire les livres choisis, chaque livre lu rapportant 3 Points. 
    • Trois nouvelles options (qui ne sont pas obligatoires) agrémenteront nos lectures :
    1/ Lire à tour de rôle un imaginaire puis un policier, ajoute 1 point à chaque lecture suivante. Et si la lecture suivante est sur le même thème on reste à 3. 
    2/ Faire un max de lectures communes avec des copinautes (du même niveau, ou non), afin de multiplier par 3 les points obtenus pour cette LC.
    3/ Mettre une note sur 5 avec notre avis, afin de faire ressortir une mini top liste des meilleurs livres présentés en imaginaire et en policier/thriller dans le challenge !
    Les règles complètes sont disponibles sur le blog de Licorne et sur le topic Livr'addict.

    🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿🌿

    L'idée de ne plus choisir de niveau me permet d’espérer pouvoir me métamorphoser en Dragon sanguinaire en cours de route 🐲  Souhaitez-moi bonne chance, j'en ai bien besoin ;-)
    Bonnes lectures à tou(te)s, et à bientôt !!!

    1.  SFFF - L'éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory - 4/5 - 3 points

    jeudi 31 août 2017

    Nous ne sommes qu'ombre et poussière de Lyndsay Faye

    Synopsis : Londres, automne 1888. Les atrocités commises sur deux prostituées assassinées dans le quartier de Whitechapel vont convaincre l'inspecteur Lestrade de solliciter le célèbre spécialiste des affaires criminelles. Qui mieux que Sherlock Holmes, aidé du Dr Watson, saurait traquer l'homme qui sème désormais la terreur parmi la population de l'East End ?
    Mais le grand détective ne sortira pas indemne de cette enquête. Pour démasquer son insaisissable adversaire, dont le nom, Jack l'Éventreur, restera longtemps gravé dans les mémoires, il devra enfreindre bien des règles, briser les codes, et tenter de sauver sa vie autant que sa réputation.

    Policier - 448 pages - Editions Pocket (2015)

    Avis : À la vue de "Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur" sur la couverture, toutes les sirènes et projecteurs de ma gigantesque PAL ont failli s'affoler ! Évitant de peu le tintamarre, je me suis engouffrée en toute discrétion dans le quartier de Whitechapel remplie d'une curiosité impatiente !

    Réunir le plus grand détective de tous les temps, et un tueur en série aussi mythique que Jack the Ripper, n'est pas un exercice facile à exécuter, même si diablement tentant ^^ Et puis il faut bien admettre que la littérature n'a pas été chiche face à la renommée de ces deux-là, ils sont si inspirants ! Mais fort heureusement, cela n'a pas empêché Lyndsay Faye de s'y frotter malgré tout, et de réussir son coup avec une grande habileté !!!

    Le livre commence par une note signée par le non moins célèbre Dr John H. Watson, et datée de juillet 1939, où il explique les raisons du rapport constituant l'histoire qui va suivre...
    Ma seule intention en écrivant ce rapport a été de rendre hommage à l’infatigable talent et à la noblesse d’âme que j’ai vus en mon ami pendant plus de cinquante ans. Et je suis heureux de constater, tandis que j’écris ces lignes – assailli par les tristes rumeurs d’une nouvelle guerre et de malheurs à venir –, que la postérité, dans sa bienveillante attention, a déjà accordé une place dans l’histoire au grand Sherlock Holmes.
    Dès le début, le lecteur ressent le souci du détail ainsi que la volonté de Lyndsay Faye de rester dans un cadre de cohérence digne de l'univers holmésien. Elle dit d'ailleurs dans ses remerciements de fin d'ouvrage que L’amour de l’Holmésologie est profondément ancré en elle, ce que l'on veut aisément croire sur parole tant la passion qu'elle nourrit pour le personnage émane du roman.


    Même si je ne me compte pas parmi les spécialistes, cette nouvelle aventure du détective confronté au monstrueux Jack a un petit côté bluffant qui pourrait presque la faire passer pour un authentique épisode jusqu'alors méconnu d'Arthur Conan Doyle, tellement l'élève semble s'être imprégnée de son Maître, jusque dans le style même.

    Lyndsay Faye s'est également servie de la mine de renseignements que lui ont apportés les spécialistes de Jack l’Éventreur, les Ripperologues comme on les appelle, afin que la jonction de ce duo soit redoutable !

    Il faut dire que leur antagonisme respectif, la ville de Londres comme terrain de jeu commun, ainsi que le timing des événements, coïncident parfaitement à une collision dans les formes. Comment donc auraient-ils pu se rater ? : 
    C'est en 1887 que Sherlock Holmes fait sa première apparition dans Une étude en rouge. Alors que la première des cinq victimes canoniques de Jack l'Éventreur, Mary Ann Nichols, est découverte le 31 août 1888.

    Il ne restait plus qu'à nous dérouler les faits, grâce à la plume experte de l'auteure qui s'est même offerte le luxe de se glisser dans la peau de notre cher Dr Watson, nous prouvant une fois encore que ce dernier était un chroniqueur sans égal lorsqu'il s'agissait de mettre en lumière les talents de son ami...
    Au tout début, il m’avait semblé que l’affaire de l’Éventreur avait vraiment semé l’effroi chez mon ami Sherlock Holmes, tout comme ce fut le cas parmi la population de Londres. Je le trouvais, à l’issue de ses longues veilles nocturnes, allongé sur le divan, son violon à ses pieds et la seringue hypodermique ayant glissé de ses longs doigts indolents, tous deux incapables de bannir le spectre de l’homme que nous avions pourchassé pendant plus de deux mois.
    De lames surgissant d'on ne sait où, en courses-poursuites impromptues. De découvertes macabres, en rebondissements inattendus. De suspects aperçus, en fausses pistes reconnues... Le jeu du chat et de la souris fonctionne bien, et j'ai vraiment apprécié de m'y trouver mêlée.
    J'ai tout de suite été prise au collet par l'ambiance glauque et sordide des ruelles sombres, et par la cruauté impitoyable des meurtres, faisant s'intensifier les sentiments d'impuissance et d'incompréhension à l'unisson des tourments de notre Sherlock préféré. 

    Je me suis demandée comment Lyndsay Faye allait s'arranger avec la fin ? Quand on sait que les suspects de l'affaire sont multiples, et que les pistes nombreuses ont été brouillées plus d'une fois, c'était un sacré défi que de trouver un final préservant la digne et implacable logique holmésienne !
    Et je peux dire bravo, le pari est réussi !!!
    Seuls les mystères clairement résolus par mon ami furent couverts d’éloges par un public reconnaissant. Car une histoire dont on ne connaît pas la fin n’est pas une histoire digne de ce nom, et dans l’intérêt de la ville de Londres, tout autant que dans le nôtre, la résolution de l’affaire de l’Éventreur devait rester absolument secrète.
    Pas besoin de sortir votre loupe et de chercher d'autres indices pour savoir si j'ai aimé ou pas ce roman ! Je crois que les preuves sont suffisantes pour un verdict sans appel ;-) 
    Rendez-vous est d'ailleurs déjà pris pour en découdre avec Le Dieu de New York, the next time ;-)
    AFFAIRE CLASSÉE ! 
    Policier 3/3 - 5 points

    dimanche 13 août 2017

    Séance de rattra’pages #10

    N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel permettant de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
    Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
    Voici donc mes lectures des mois d'avril, mai et juin 2017, classées par ordre de préférences !
    Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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    (Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
    Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke (1144 pages) : Merveilleux coup de 💗 pour ce roman extraordinaire ! Éblouie par l'univers, les personnages, le récit, le style... je n'aurais qu'une ribambelle de louanges à dérouler pour en parler *_* Quelques lignes seraient assurément beaucoup trop restrictives pour faire étinceler sa magie à vos yeux, alors le mieux est encore de vous diriger sans tarder vers ma chronique, qui je l'espère, aura le pouvoir (magique) de vous convaincre ;-)
    • L'Aube de la Nuit, T3 : L'Alchimiste du neutroniumLe Dieu nu, partie 1 : Résistance de Peter F. Hamilton (928 pages) : Avant dernier épisode de la saga, dans lequel LE grand final se prépare. Du coup, je le place un cran en dessous des autres tomes en raison d'une petite baisse de régime. Mais je n'en suis pas moins folle d'impatience d'assister à l’apothéose, surtout si elle est aussi spectaculaire que ce à quoi l'auteur nous a habitué. En deux mots... non, trois : ça va déchirer !!!!!!!!!
    • L'étrange bibliothèque de Haruki Murakami (73 pages) : Retrouvailles réussies avec l'un de mes auteurs chouchous ! Un condensé de Murakami en 73 pages, comme je l'aime, mais avec une intense et insatiable saveur de "reviens-y" à la fin, ne faisant que renforcer ma désormais célèbre devise : Murakami un jour, Murakami toujours !!!  :)

    • La Fille du roi des elfes de Lord Dunsany (304 pages) : Une plongée à la source de la Fantasy, et la découverte d'un texte fondateur, qui, malgré son côté un peu vieillot, n'a rien perdu de son onirisme ! Vous ne le connaissiez pas ? Vous aimez la Fantasy et les légendes féeriques ? Un style démodé, et l'ambiance surannée des anciens contes de fée ne vous rebutent pas ? Eh bien il est grand temps d'en apprendre davantage en allant lire ma chronique.
    • Féelure de Silène Edgar (88 pages) : Encore un titre découvert grâce à ma petite Fée Stelphique ! Une courte lecture sympathique et virevoltante, parsemée de bulles de féerie pétillantes à souhait, et truffée de fées, comme l'atteste ma chronique. Détente et bonne humeur garanties !!!
    • Sépulcre de Kate Mosse (819) : Une histoire où se croisent deux époques, deux héroïnes, et dont je suis ressortie avec un sentiment mitigé ! Charmée d'un côté, un peu moins de l'autre ^^ Mais le romanesque et le gothique ont été si captivants dans certains chapitres que je ne regrette en rien cette lecture ^_^ Un thriller ésotérique qui n'a rien d'exceptionnel, mais qui se lit bien ! Ma chronique.

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    Je sais ce que vous pensez : " Seulement 6 romans, et 3356 pages lus en un trimestre, voilà qui ne pèse pas bien lourd !"... Et vous n'avez pas tort ^_^
    Appelons ça un petit (gros ?) coup de mou !

    J'ai un retard phénoménal dans mes chroniques, mon blog est en friches... bref, la procrastination me gagne, et je ne me montre guère combative ^^
    Mettons cela sur le compte de la période estivale ! Un vent de farniente s'est arrêté par chez moi et ne semble pas décidé à s'exiler pour l'instant ! Laissons-lui encore quelques jours avant de tenter de lui botter les fesses... Qui sait, il se lassera peut-être de lui-même et finira bien par aller souffler ailleurs. Le bougre trouve toujours un endroit où s'installer 😉

    D'ici-là, je vais préparer le terrain de la dure et éprouvante reprise, en allant m'installer au soleil avec un bon livre accompagné d'un verre de thé glacé !!! J'en transpire déjà à l'avance :D
    Je vous conseille de faire de même, l'été se terminera bien trop tôt, profitez-en jusqu'au bout !!!
    😘