dimanche 21 octobre 2018

Séance de rattra'pages #15


N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois de juillet, août et septembre 2018 classées par ordre de préférence, de la première à la dernière place 😉
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  • Les Aventuriers de la Mer, tome 2 : Le Navire aux esclaves de Robin Hobb (380 pages) : La poursuite de mon odyssée hobbienne en LC avec Itenasara a tenu toutes ses promesses ! Toujours aussi enthousiaste à l'issue de cette nouvelle traversée, ce tome est celui de l'apprentissage dans l'adversité, suscitant un intérêt grandissant pour des personnages en pleine évolution. Le vent d'aventure et les prémisses de tempêtes à venir forcissent de tome en tome, m'emportant inexorablement vers le large, à destination de fascinants rivages, à n'en pas douter. Chronique de mon journal de bord.
  • Demain, une oasis d'Ayerdhal (240 pages) : Lire ce roman, c'est trouver sous son blindage frappé du sceau de "thriller de science-fiction", un récit qui embarque tout sur son passage, tant il est prenant et réussi. Lire ce roman, c'est comme partir sur une terre rocailleuse en nous délestant en chemin de l'indifférence crasse qui menace de nous coller à la peau. Lire ce roman, c'est garder le souvenir d'un baptême de sable asséchant les consciences léthargiques qui oublieraient un peu trop aisément que l'espoir d'une oasis doit appartenir à tous. Retrouvez son chemin dans ma chronique.
  • Chroniques du Pays des Mères d'Elisabeth Vonarburg (628 pages) : Inracontable, ce roman fût le plus exigeant de ce trimestre, mais surtout le plus riche, tant pour sa densité que pour l'ampleur de son propos. Un récit qui pousse à la réflexion et qui prend son temps pour dérouler les thèmes de son chemin narratif : religion, philosophie, sociologie,... la liste serait trop longue à exposer dans ce mini avis ^^ Avec le recul, je mesure davantage sa profondeur et la pérégrination de pensées qu'il a fait naître. Dans le reflet du miroir de cette civilisation, une réverbération d'idées s'est diffusée, et a dispersé après coup la sensation d'engourdissement ressentie pendant la lecture. C'est sans doute dans l'absence d'action tonitruante que l'effet d'une substantielle dimension prend toute son ampleur. Une fertile découverte de SF.
  • L'empire électrique de Victor Fleury (480 pages) : Je vous avais bien dit que les petits élus de La Grosse OP pointeraient vite le coin de leurs pages par ici, eh bien voilà le premier, et pas des moindres ! Cet Empire électrique m'a vraiment bluffée ! Je me dois de révéler la prouesse de l'auteur pour avoir fait revivre le temps de plusieurs nouvelles que constituent ce recueil, des héros littéraires qui nous sont chers : Sherlock Holmes, Frankenstein, le Capitaine Némo, et j'en passe... Tout ce beau monde évolue dans un XIXe siècle uchronique savamment amélioré par une science voltaïque qui s'avère bigrement électrisante pour le lecteur :)
  • Marina de Carlos Ruiz Zafon (308 pages) : Je garde un souvenir magnétique de cette première incursion dans l'univers particulier de Carlos Ruiz Zafon. Elle m'a donné envie de retourner dans cette Barcelone étrangement gothique, et de suivre les traces laissées par l'auteur pour me perdre dans un brouillard de rues et de passages oubliés qu'il dépeint si bien. Davantage que l'histoire en elle-même, qui n'est pas exceptionnelle, c'est surtout pour son atmosphère ouatée, mélancolique, et assez fascinante, que j'irai bien volontiers vers son Cimetière des livres oubliés la prochaine fois !
  • Les fleurs d'Hiroshima d'Edita Morris (126 pages) : Un récit choc et pourtant empli d'une grande sensibilité, qui se déroule 15 ans après la catastrophe. À travers le quotidien d'une famille de rescapés dont le père se meurt des effets des radiations, une foule de sentiments surgit comme autant de vagues d'horreur, d'injustice, et d'indignation...  Et parmi cette révolte, me reviennent en mémoire les petits écureuils sur le bord de la fenêtre de la chambre d’hôpital de ce père mourant, qui les observe fasciné sur son lit de douleur, et qui lui rappelle que le bonheur existe encore sur la terre. Une lecture vraiment poignante.
  • Le gang des rêves de Luca Di Fulvio (945 pages) : Repéré chez ma douce Stelphique, et confirmé par de nombreuses critiques enthousiastes, je n'ai vraiment pas été déçue par ce roman. Une histoire qui m'a emportée dans son tourbillon, et dont les pages se sont tournées sans que je m'en aperçoive tant j'étais prise dans le tumulte des sentiments éprouvés. Je vous le conseille vivement, et vous promets un déluge d'émotions :)
  • Une porte sur l'été de Robert A. Heinlein (281 pages) : Voilà une histoire qui n'a quasiment pas pris une ride en 62 ans ! Fluide, bien amenée, je l'ai trouvée entraînante et vraiment flatteuse dans la simplicité de sa construction, le talent, le vrai quoi ^_^ Un savoir-faire qui n'a pas d'âge, et reste immuable, tant dans son style sobre et élégant, que dans la solidité de son propos qui semble inébranlable. J'ai donc non seulement trouvé un été lumineux derrière cette porte, mais en allant au-delà du seuil heinleinien, j'ai également entrevu de nombreuses autres issues à franchir, à commencer par celle qui mène En terre étrangère, et que j'ai forcément hâte d'ouvrir à son tour 😉 Ce qui se cache derrière cette porte est à portée de clic
  • Abattoir 5 de Kurt Vonnegut (312 pages) : Plus qu'un classique classé parmi les chefs-d'œuvre de la SF, Abattoir 5 est un roman sur la guerre, et plus particulièrement sur le terrible bombardement de Dresde, en février 1945, pendant lequel un tiers de la ville fut détruit par la Royal Air Force. J'ai été désarmée (c'est le cas de le dire ^^) par la construction du récit, et la distanciation nécessaire prise par l'auteur pour parler de l’un des plus grands carnages de civils de la Seconde Guerre mondiale, et pour cause : Kurt Vonnegut travaillait comme prisonnier de guerre dans un abattoir de cette ville de Dresde, lors dudit bombardement. Sauvé du massacre de justesse en s'abritant dans les sous-sol du bâtiment, il tirera de son vécu et de ce souvenir dantesque, un vibrant plaidoyer antimilitariste. Une expérience livresque unique et déstabilisante, et que je ne regrette pas.
  • Le nombril du monde de Roland C. Wagner (127 pages) : Avec cette nouvelle petite aventure des Saisons de l'Étrange, on peut dire que j'ai découvert un auteur doué pour captiver son lecteur ! Cérémonies occultes, étranges pouvoirs liés à un menhir immémorial, flippantes apparitions, drôles de zigotos encapuchonnés ou satanistes, bref... pas le temps de se rouler les pouces pour celle qui va devoir mener l'enquête tambour battant afin d'empêcher que l’irréparable et terrifiante invocation ne se produise ! Divertissant à souhait :)
  • Bourbon kid, tome 1 : Le Livre sans nom d'Anonyme (509 pages) : Avez-vous reçu ma carte postale ? Comment ça, non ! J'ai pourtant pris des risques insensés pour vous l'envoyer ! J'ai fait de sales rencontres dans un bar glauque de chez glauque, croisé un ersatz d'Elvis bien ravagé, j'ai même couru entre les balles sifflantes, et divagué en Sarah Connor dans une ville de 100% barjots tous bizarrement attifés pour une éclipse... Arf, ce qu'il ne faut pas faire pour dézinguer sa PAL, j'vous jure !!!
  • Des nœuds d'acier de Sandrine Collette (257 pages) : Bon dernier de cette séance, je suis dorénavant certaine que ce type de lecture n'est pas ma came. Séquestration, scènes de violences gratuites, de l'horreur brute et sans concession trop réelle à mon goût, et aucune branche "fantastique" à laquelle me raccrocher 😧 En résumé, c'est un cocktail qui a eu du mal à passer. Néanmoins prenant et terriblement glaçant, je suis sûre qu'il fera très bien le job pour les adeptes du genre ;-)

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Ce fût un bien bon trimestre, composé d'une brochette de lectures estivales bigrement variées, en terme de saveur comme d'intensité, miam miam miam.
Mes deux coups de coeur vont vers des auteurs qui se sont déjà retrouvés sur de précédents menus. Avec ces deux titres supplémentaires, ils approchent de mes mets d'exception, et seront régulièrement remis à la carte, promesse du Chef ! 😋

En septembre, le Challenge S4F3, Summer Short Stories of SFFF (détail de ma participation) s'est clôturé après une lutte grandiose, et fougueusement narrée ici-même par un Lutin très inspiré !!!

Et toujours du côté des challenges, septembre est aussi le mois tant attendu du célèbre Challenge de La Licorne ! Comme il ne faut surtout pas changer une équipe qui gagne, me voilà inscrite à cette 5e édition, savamment améliorée, ce qui ne gâche rien 😊

🎧 NOUVELLE RUBRIQUE PODCAST
À compter d'aujourd'hui, je vous propose de partager avec vous un de mes podcasts préférés à chaque séance. Et en l'honneur de cette nouvelle rubrique, voici le podcast mis à l'honneur ce trimestre : Celui de l'enthousiasmant projet de ma chère Elhyandra :

Créatrice du blog Le monde d'Elhyandra depuis 3 ans, elle lance son projet de podcast car ce média est devenu l'un de ses préférés depuis une bonne année maintenant. Elle vous proposera donc une fois par mois ses avis d'amatrice du genre sur des sagas complètes, des premiers tomes de l'année, ou encore des sélections de prix littéraires type Hellfest inferno, ou PLIB.
Pour l'écouter, c'est par ici 
Je suis admirative. Bravo Elhy pour cette épatante initiative !!!
Le format podcast est-il un média qui vous intéresse ? Quels sont vos favoris, si vous en avez ?


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Mais sachez que mes prévisions de lecture sont tellement nombreuses et alléchantes que la tête me tourne rien que de tenter de les mettre en ordre 😵
Ce sera comme toujours : au feeling ! Et Halloween approchant, pour trancher dans le vif, ça devrait saigner abondamment 😈
BYE BYE les amis, et surtout : lisez bien !!!

Les fils du destin de Chris Red

Synopsis : L’équilibre de l’Univers est en péril. Sur la planète Kokeran, les Karmenytes viennent de révéler une prophétie mystérieuse. Kelmozar, le plus ancien des Gardiens, comprend que l’un des leurs doit quitter la forêt de Karmenyta. S’il ne retrouve pas l’Élue, le souffle de la Vie pourrait s’éteindre. Vite. Il doit convoquer le Conseil des Sages et découvrir quel est le Gardien désigné par les Tisseuses du Destin.
En parallèle, sur Terra IV, Leonida Butrika, une inspectrice démise de ses fonctions, mène une enquête sur la mystérieuse disparition d’enfants. Son investigation va la forcer à quitter son cocon et à voyager vers Animotopia pour prendre en filature son principal suspect. Téméraire, elle ignore pourtant tout de la nature profonde de son ennemi… peu commun.

Thriller de science-fiction - 394 pages - Editions Autoédité (2017)

Les partenariats ne sont pas souvent représentés sur le blog, mon abyssale pile à lire retient d'une poigne de fer mes envies en la matière. Mais comme toute règle (même s'il ne s'agit pas d'une règle mais plutôt d'une tentative de garder le contrôle) elle a son exception, et celle-ci s'appelle Chris Red ^_^
Il y a un peu plus de 3 ans, j'avais découvert son premier roman Une Ère Nouvelle, puis l'une de ses nouvelles dans l'anthologie Le Vampire des Origines, Livre II, de Collectif. Voici maintenant Les fils du destin, que l'auteur a eu la gentillesse de m'inviter à découvrir, un grand merci à lui 😊

Je ne vous dévoilerai rien de l'histoire, ce serait trop dommage ! D'autant que ce roman détient une grande part de suspense qui se doit de rester entier, comme tout bon thriller de science-fiction qui se respecte. Et si j'insiste sur cette catégorisation, c'est que c'est pour moi le grand atout de cette nouvelle histoire : son intrigue et les péripéties de l'inspectrice qui est en charge d'élucider cette sombre affaire.
Une générosité de moyens (prophétie énigmatique, bestiaire et mondes étonnants, sauts temporels, bagarres énergiques...) qui se combinent efficacement à des personnages dont le sort et les liens qui les unissent nous importent, voilà qui démarre bien ^_^
Les mères souffrent. Les enfants voient le jour.
Les mondes agonisent. La lumière s’essouffle.
Les mères pleurent. Les enfants voient la nuit.
Les mondes tremblent. Les ténèbres montent.
Semblable de tous. L’élue est rejetée.
Gardien du destin. Ta prison te rappelle.
Différente de tous. L’élue poursuit la vérité.
Gardien du destin. La vérité t’échappe.
Elle et lui. Ou plus rien ne sera.
Le scénario garde le cap et ne dévie à aucun moment de son but ultime. Jamais en reste d'action pour nous embarquer dans une course contre la montre dont l'avenir de l'humanité (thème toujours aussi cher à Chris Red) pourrait bien dépendre, les embûches et difficultés rencontrées par les héros ajoutent un rythme trépidant très appréciable, nous poussant à vouloir connaître le fin mot de l'histoire.

Je savais déjà que Chris Red pouvait me surprendre, et qu'il n'avait pas qu'une seule corde à son arc. Il montre avec ce roman une nouvelle facette de son écriture, en ajoutant une tension narrative et une bonne dose d'action à un univers déjà prometteur depuis le début de sa carrière.
Si en vouloir encore davantage est un signe, alors je crois que nous sommes d'accord pour dire que Chris Red a encore de bons livres devant lui, comme le présage de bien belle manière la dernière ligne de ce tome 1 de l'univers Karmenyta :
“Le véritable secret de Karmenyta attend d’être dévoilé.”

mardi 9 octobre 2018

Les Aventuriers de la Mer, tome 2 : Le Navire aux esclaves de Robin Hobb

Synopsis : Kyle, désormais aux commandes de la Vivacia, la vivenef récemment éveillée de la famille Vestrit, a décidé de l'utiliser pour transporter des esclaves. Et son impérieuse volonté ne saurait souffrir la moindre opposition. Son épouse Keffria en vient même à douter de son mari quand il veut débaucher leur fille Malta, et obliger leur fils Hiemain À travailler à bord de l'embarcation et à abandonner l'apprentissage qui le destinait à la carrière de prêtre de Sa. Sa belle-soeur Althéa, elle, se fait de son côté passer pour un jeune homme et se démène sur le Moissonneur, un navire abattoir, Elle doit prouver à Kyle qu'elle est un véritable marin pour récupérer Vivacia...

Fantasy - 380 pages -  Editions J'ai Lu (2008)

Neuf mois se sont écoulés entre ma découverte du premier tome et celui-ci... et pourtant c'est comme si je n'avais jamais vraiment quitté le quai d'embarquement tant la magie du voyage a repris ses droits dès les premiers embruns !

Quel joie de retrouver tous les personnages qui n'attendaient que mon bon vouloir pour reprendre la mer. Je vous avais déjà parlé d'eux dans mon billet sur le tome 1 (souvenez-vous), de mon attachement immédiat pour le sensible petit Hiemain (qui reste définitivement mon préféré), et de la jeune et intrépide Althéa.
Deux héros phares qui, pourtant éloignés l'un de l'autre, ont une lueur et un destin qui semblent presque parallèles dans les ténèbres qu'ils traversent, chacun des deux devant puiser dans des ressources insoupçonnées.

Hiemain, qui est enrôlé de force sur le navire familial par son père, le détestable Kyle, souffre le martyre et ne désire qu'une chose : retourner à la prêtrise. Comment se résigner à vivre une existence qu'il n'a pas choisi, maltraité et humilié en permanence par l'équipage ? Seule la Vivacia, cette vivenef magiquement animée, attentive et avisée dans ses conseils, peut percevoir l'intensité de son désespoir en raison du lien filial qui les unit. Mais Hiemain ne peut lui ouvrir son coeur sans réticences ; la magie nichée dans le bois sorcier n'est pas sans bousculer sa foi en Sa, et la relation qui s'établit entre le navire et le jeune mousse suscite un intérêt grandissant.
Toi et moi, nous sommes comme des bourgeons greffés sur un arbre : nous pouvons nous efforcer de rester fidèles à notre nature en nous développant, mais seulement dans la mesure où nos racines nous le permettent. »
Dans un brouillard d'adversité tout aussi rude, Althéa se bat pour pouvoir prétendre un jour récupérer le commandement de la Vivacia. Mais pour cela elle doit d'abord faire ses preuves et gagner ses galons sur d'autres navires afin de prouver ses compétences et sa légitimité de capitaine. Une jeune fille parmi tous ces marins n'a qu'une solution pour ne pas s'attirer de terribles ennuis : se grimer pour ressembler à l'un d'entre eux, être forte, courageuse, et se distinguer du reste de l'équipage afin de ne pas rester un simple moussaillon toute sa vie.

En attendant, c'est le mari de sa sœur, l'haïssable Kyle (encore lui, décidément !) qui a hérité de la fascinante Vivacia. Et il n'a rien trouvé de mieux que de la réduire en navire aux esclaves pour tenter d'en tirer un maximum de profit. Comment ce bateau d'une sensibilité extraordinaire va supporter cette inacceptable cargaison et les tourments qui vont lui être infliger ?
À terre, la fille de ce tortionnaire en devenir, Malta 11 ans, se révèle déjà sous les traits d'une petite peste digne de son méprisable père (l'abruti me donne envie de le rhabiller pour l'hiver à l'aide du dictionnaire des synonyme, tiens !) en donnant du fil à retordre à sa mère et sa grand-mère, deux femmes très intéressantes à suivre également.
La première pour son début de sursaut face à la tyrannie de son époux, une prise de conscience attendue et prometteuse, je l'espère...
Et la deuxième pour sa force de caractère et sa perspicacité devant l'infortune de sa famille, elle semble détentrice de secrets et de serments absolument magnétiques pour nous, avides lecteurs.

Il y a aussi la mystérieuse Ambre, qui promet du lourd, j'en suis sûre.
Il ne faut pas confondre coïncidence et destin ; je suis toute prête à me dresser contre le hasard, mais les rares fois où j’ai voulu résister au destin, j’ai perdu, et rudement.
Parangon, une vivenef échouée au destin tragique, qui commence à attirer la convoitise pour son bois sorcier, et m'émeut tout particulièrement.
Kennit, le pirate aux dents longues qui raclent le pont des navires qu'il réquisitionne par la force, et s'improvise roi des esclaves, dans l'attente du gros coup de ses rêves : une vivenef.
Les serpents, toujours prompts à se régaler d'un festin inattendu, et qui s'insinuent dans le sillage de nos extrapolations, comme le nuage toxique de leur crinière...
Et tous ces mystères qui planent sur Le Désert des Pluies, son Fleuve, et son Peuple extrêmement intrigants.
— Le fleuve du Désert des Pluies, qui roule des eaux froides, puis brûlantes, marron puis blanches... D’où viennent-elles, ces eaux ? Vous avez entendu comme moi les légendes, celles d’un immense lac bouillant, lieu de nidification des oiseaux de feu. On dit que, là-bas, la terre tremble sans arrêt et que la brume ne se lève jamais. 
Pour cette odyssée livresque de grande envergure (9 romans), j'ai décidé de voyager léger, avec le coeur et l'esprit grands ouverts, et de ne pas m'encombrer d'un baluchon. Lever l'ancre avec Robin Hobb, c'est le plaisir de larguer les amarres avec la conscience éveillée d'une vivenef, sachant que le voyage sera forcément inoubliable, c'est inscrit dans les abysses, j'en jurerais sur Poséidon !!!
Je laisse de côté la longue-vue, sans désir de tenter d'apercevoir l'horizon par avance ! Je veux le découvrir sans précipitation, et seulement me délecter de chaque traversée et de chaque escale. En revanche, j'ouvre mes ouïes au maximum pour écouter le doux mais vivifiant murmure en provenance du large, il me berce et me promet un vent d'aventure unique, assez puissant pour gonfler les voiles d'un enthousiasme déjà débordant.
Cette onde provoquée par la plume "hobbienne" pourrait bien devenir une houle tumultueuse, puis un puissant tourbillon qui m'emportera, c'est certain, vers de fascinants rivages *_*

Bon, je crois avoir fait suffisamment de vagues pour cette fois ! Vous avez compris combien cette saga promet de me faire chavirer d'émotions.
Merci à toi Itenarasa d'avoir vogué à mes côtés pour cette lecture commune :)

Ne manquez surtout pas la chronique de bord d'Itenasara
SFFF 1/3 - 6 Points

vendredi 31 août 2018

Le challenge de la Licorne 5ème édition

Non, vous ne rêvez pas, c'est bien le moment de s'embarquer dans la cinquième édition du désormais célèbre et reconnu dans toute la blogosphère : CHALLENGE DE LA LICORNE !!!

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RÈGLES :

Cette nouvelle édition propose quelques évolutions autour des 2 catégories toujours à l'honneur :
La Littérature de l'Imaginaire (fantasy, bit lit, fantastique, SF...), et Le Thriller-Policier.
Elle débutera le 1er septembre 2018, et s'achèvera le 31 août 2019. 

• Les inscrits auront un potentiel de 24 livres à lire au cours de l'année dans les 2 catégories (12 de chaque), et pourront continuer ou s'arrêter comme ils le souhaiteront, arrivés à l'un des 4 niveaux :
  1. Niveau Elfes psychopathes (3 livres de chaque catégorie = 6 au total)
  2. Niveau Dragons sanguinaires  (+3 livres de chaque catégorie = 12 au total)
  3. Niveau Trolls tueurs fous (+3 livres de chaque catégorie = 18 au total)
  4. Pour arriver au BALLROG IMMORTEL qui compte aussi comme un niveau supplémentaire cette année. (+3 livres de chaque catégorie = 24 au total)
• Il n'est pas nécessaire d'indiquer son niveau, les lectures s'ajouteront au fil des mois, et permettront de franchir automatiquement les niveaux, dès le nombre de lectures atteint.
• MAIS ATTENTION : un niveau doit être fini pour passer au niveau supérieur.
• Si un niveau commencé n'est pas terminé, les points ne compteront pas au final.

LES NOUVEAUTÉS, et les points à engranger :

• Les inscrits auront l’année entière pour lire des livres sur les 2 catégories,
sachant que chaque livre lu rapportera 1 Point.

Les options suivantes permettront d'obtenir des points supplémentaires (facultatifs).

POUR LE T/P et par NIVEAU, si vous lisez 3 livres, soit :
- 1 Policier/ Thriller dont la nationalité de l’auteur est européenne.
- 1 Policier/ Thriller dont la nationalité de l’auteur est Américaine.
- 1 Policier/ Thriller dont la nationalité de l’auteur est Asie ou Afrique ou Océanie.
= 10 Points supplémentaires, en plus du point pour chaque lecture.

POUR LA SFFF  et par NIVEAU, si vous lisez 3 livres, soit :
- 1 SFFF dont la nationalité de l’auteur est européenne.
- 1 SFFF dont la nationalité de l’auteur est Américaine.
- 1 SFFF dont la nationalité de l’auteur est Asie ou Afrique ou Océanie,.
= 10 Points supplémentaires, en plus du point pour chaque lecture.

Et pour ajouter encore des points... :

1 Point supplémentaire pour les auteurs français T/P ou SFFF
•  5 Points supplémentaires pour les lectures communes.

(Info : l'option de point supplémentaire pour l'alternance des lectures T/P ou SFFF est supprimée.)
TOPIC DU CHALLENGE

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L'année dernière, j'ai pris de l'envergure en déployant mes jeunes ailes de dragon sanguinairesouvenez-vous... 
Depuis, je frime un max, et laisse les flammes de mon ambition chauffer à blanc mon envie de franchir le niveau supérieur en parcourant de captivantes contrées livresques.
Ce billet sera mis à jour au fil de ma progression et de mes lectures, à bientôt 😉

LIVRES LUS :

1er palier en SFFF :

Titre et auteur : Les Aventuriers de la Mer, tome 2 : Le Navire aux esclaves de Robin Hobb
Nationalité de l'auteur : Américaine
Catégorie : Fantasy (SFFF 1/3)
Points : 6 (1+5 de LC)
Avis : Chroniqué ici 


1er palier en T/P :

Titre et auteur : Des noeuds d'acier de Sandrine Collette
Nationalité de l'auteur : Française
Catégorie : Thriller (T/P 1/3)
Points : 2 (1+1 de Nationalité française)
Mini avis : ici

jeudi 16 août 2018

Demain, une oasis de Ayerdhal

Synopsis : Il était moitié médecin moitié technocrate, à Genève. Il avait un nom. Il n'en a plus : on le lui a retiré un soir, avec le reste de son existence. Une limousine devant, une derrière, un coup de freins, des portières qui claquent, un pistolet-mitrailleur, deux baffes bien assénées, une cagoule, des jours dans une cave sous perfusion et somnifères... Normal pour un kidnapping !

C'est au réveil que ça commence à clocher, quelque part dans un désert africain, à côté d'un vieillard gravement gangrené, quand un commando humanitaire lui confie la responsabilité médicale du village dans lequel il l'abandonne...

Thriller - Science-fiction - 240 pages -  Editions Le Livre de Poche (2016)


Ayerdhal est de la trempe de ces auteurs qui vous marquent au fer rouge. Sa plume est douée d'une vie propre, destinée à vous toucher en plein coeur, à fourailler dans vos émotions pour en extraire les plus brutes, celles qui sont profondément enfouies, et s'extirpent dans un soulèvement inattendu.

Ayerdhal ne m'a pas étonnée, je savais déjà par ses Chroniques d'un rêve enclavé qu'il pouvait me remuer, et je m'étais mise en condition, si tant est que l'on puisse se préparer à une nouvelle rossée émotionnelle ^_^ Et pourtant, il m'a encore cueillie à la racine !

Ne lisez surtout pas le synopsis, ne vous conditionnez pas à l'avance ! Vivez le choc en même temps que le héros de cette histoire, lui qui n'était absolument pas préparé à se faire kidnapper du jour au lendemain... C'est de la commotion éprouvée que l'impact recherché viendra. Et ensuite, après le temps des questions sans réponse, arrivera celui de l’âpre réalité révélée. L'absence de choix faisant naître une vérité qui s'imposera à lui, impitoyable et dérangeante. Celle que l'on préférerait refouler par commodité, mais qui exige une rançon pour peu qu'il nous reste un soupçon d'altruisme.
Je ne m'appelle pas. J'ai porté un nom pendant quarante ans, mais c'est fini... Tout ce que j'ai porté pendant ces quarante années est fini, oublié, incinéré.
Dans le désert, à l'arrière d'une jeep vrombissante d'une révolte contenue, les questions assoiffent tout autant que l'aridité de l'environnement. C'est Ayerdhal qui est au volant, ne l'oubliez pas !
Les soubresauts du terrain accidenté ne sont rien comparés à la secousse émotionnelle ressentie lors des haltes, lorsque la poussière retombe et que la misère nous explose en plein visage.
J'ai tellement caressé de fronts brûlants qui se glaçaient d'un coup.J'ai tellement tenu de mains qui se sont ouvertes à jamais dans la mienne.J'ai tellement fermé de paupières d'enfants. J'ai tellement pleuré qu'il ne me reste plus de larmes pour quiconque.
Dans cette étendue de sable abandonnée de tous, Ayerdhal nous rappelle nos priorités, si jamais le monde de demain devait s'écarter de la bonne piste à suivre.
Aux côtés de ravisseurs employant des méthodes de terroristes humanitaires, qui n'épargnent pas leurs détenus, mais les confrontent à la dure réalité, Ayerdhal nous ballotte dans les dunes, révélant derrière la fenêtre du quatre-quatre ce que pourrait réserver un avenir laissant une partie du monde à l'abandon. 
Un futur où l'ambition spatiale, coûteuse et égocentrique, se ferait au détriment des plus démunis.
— Tout ça, c'est l'égoïsme, l'Interne, uniquement l'égoïsme.
Sous son blindage frappé du sceau de "thriller de science-fiction", ce récit embarque tout sur son passage, tant il est prenant et réussi. Et au détour de l'erg traversé, ses roues soulèvent des messages profondément humanistes, comme une tempête de sable laisserait ses grains s'infiltrer dans les petits interstices de nos esprits confinés par le confort et l’indifférence.
Une humanité qui exsude au point de se demander si l'auteur ne mêlait pas sa sueur et son sang à l'encre avec laquelle il écrivait ses romans.

Je réalise véritablement que lire un roman d'Ayerdhal, c'est comme partir sur une terre rocailleuse en nous délestant en chemin de l'indifférence crasse qui menace de nous coller à la peau. Cette lecture laisse le souvenir d'un baptême de sable asséchant les consciences léthargiques qui oublieraient un peu trop aisément que l'espoir d'une oasis doit appartenir à tous.
La terre : Un récit dans le désert

mercredi 1 août 2018

Une porte sur l'été de Robert A. Heinlein

Synopsis : Daniel B. Davis s'aperçoit que sa fiancée et son meilleur ami l'ont trahi et évincé de son usine de fabrication de robots. Il décide de fuir vers l'avenir, en compagnie de son chat, Petronius le Sage, même si cela doit l'obliger à quitter Ricky, une petite fille qu'il aime tendrement. Daniel choisit la route du « long sommeil », c'est-à-dire celle de l'hibernation artificielle. Mais son chat disparaît et c'est seul qu'il affronte le bond dans le temps. Par quel miracle, trente ans plus tard, Rocky est-elle âgée de vingt ans à peine et Petronius le Sage, présent dans ce monde du futur ?

Science-fiction - 281 pages -  Editions Le Livre de Poche (2010)

Ouvrir cette porte sur l'été s'imposait, pas tant pour être raccord avec la saison, que pour découvrir enfin la plume de Robert A. Heinlein, et me satisfaire d'une nouvelle histoire de voyage dans le temps, thème souvent prisé dans mes choix :)
Ce roman de science-fiction a été publié en 1956 aux États-Unis, et en 1958 dans sa version française.
Je n'ai découvert sa date de publication qu'après l'avoir refermé, et je dois dire que je suis étonnée de son âge, réalisant après coup, que c'est une histoire qui n'a quasiment pas pris une ride en 62 ans 👏

Mais revenons d'abord sur celle-ci justement ! Fluide, bien amenée, je l'ai trouvée entraînante et vraiment flatteuse dans la simplicité de sa construction.

Elle débute en 1970 lorsqu'un ingénieur visionnaire et productif, Daniel B. Davis, s'aperçoit qu'il s'est fait arnaquer en beauté par sa petite amie et son associé. Accompagné de son fidèle chat et compagnon Petronius, et après quelques jours à écluser les bars en ruminant l'entourloupe dont il a fait les frais, il décide de signer pour un long sommeil de 30 ans avec Pete, histoire de s'octroyer la revanche de se réveiller frais comme un gardon, quand son duo d'escrocs aura pris 30 ans dans les dents.
"En fait, je n’avais rien qu’un peu d’amnésie n’eût guéri. Mais l’hiver était dans mon cœur, et je cherchais la porte qui aurait donné sur le soleil."
Mais c'est aussi son envie de découvrir le futur, et tous les progrès technologiques réalisés pendant son long roupillon, qui stimulent son esprit inventif, lui qui vient justement de se faire voler sa toute dernière invention : le robot domestique à tout faire !
"Pourquoi m’étais-je décidé au Long Sommeil ? Par esprit d’aventure ? Ou pour me cacher à mes propres yeux tel un gamin peureux qui se réfugie dans le giron maternel ? Non, j’avais envie de le faire ! me dis-je. Voir l’an 2000 !"
Contrat en poche pour leur gros dodo, et contraint de rester sobre à la veille de son départ pour le marchand de sable, Pete son ami à quatre pattes, bagarreur émérite aux conseils avisés, lui miaule à l'oreille d'aller régler quelques comptes avec son associé, juste d'hommes à hommes, à la loyale, histoire de se soulager avant de partir. Sauf que voilà... les choses ne vont pas vraiment se passer comme prévues !!!

Pour mon premier Heinlein, je suis contente d'avoir vu ce qui se cachait derrière cette porte.
Un récit si bien raconté, si plaisant et abordable à lire, et qui ne se laisse pas freiner dans son élan pas une complexité inutile, me rappelle que c'est bien à ça que l'on reconnaît le talent, le vrai !
Celui qui justifie qu'Heinlein ait été souvent considéré comme l'un des « trois grands » (Big Three) auteurs de science-fiction de langue anglaise avec Isaac Asimov et Arthur C. Clarke, et aussi l'un des plus vendus pendant de nombreuses décennies.
Un savoir-faire qui n'a pas d'âge, et reste immuable, tant dans son style sobre et élégant, que dans la solidité de son propos qui semble inébranlable.
De l'étoffe de ceux qui démontrent qu'il n'est pas nécessaire de chercher la sophistication et les artifices inutiles, quand la précision combinée à une grande limpidité suffit amplement,
Qui a le mérite de réussir à vous emmener vers un voyage dans le temps sans jamais vous perdre dans le dédale passé/présent/futur, tout en vous évitant un étourdissant jetlag temporel à l'arrivée.
Et celui qui parvient même à apporter un brin de romantisme en bénéfice du temps rattrapé ;-)

J'ai donc non seulement trouvé un été lumineux derrière cette porte, mais en allant au-delà du seuil heinleinien, j'ai également entrevu de nombreuses autres issues à franchir, à commencer par celle qui mène En terre étrangère, et que j'ai forcément hâte d'ouvrir à son tour 😉

Frankie a aimé ouvrir cette porte également :)
Challenge Summer Short Stories
of SFFF

jeudi 26 juillet 2018

Séance de rattra'pages #14



N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel afin de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois d'avril, mai, et juin 2018 classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  • La trilogie de l'empire (3 tomes) de Janny Wurts et Raymond E. Feist (2400 pages) : J'ai pris tellement de plaisir avec cette trilogie offerte par Lutin (encore merciiiii !) que j'ai enchaîné les tomes sans interruption, prise malgré moi dans les arcanes du pouvoir, et gagnée par la tension croissante des conspirations politiques et des guerres de clans. Mon désir de suivre une héroïne aussi charismatique et accomplie que Mara m'a emportée dans mon élan. Conquise et épatée par son intelligence, son courage, et forgeant l'espoir qu'elle sorte victorieuse de toutes les épreuves endurées, je n'ai pas vu défiler les pages ^_^ L'univers est élégamment construit, rappelant par ses codes d'honneur, ses castes inflexibles, et ses traditions solidement ancrées, un Japon féodal imaginaire d'une grande densité. Les personnages secondaires sont fascinants et l'intrigue captivante ! Vous l'aurez compris, je vous recommande cette trilogie, qui vaut vraiment le détour, et se distingue pour ses nombreux atouts 💛
  • L'Aliéniste de Caleb Carr (576 pages) : Le thriller historique de ce trimestre fût vraiment une bonne pioche ! Voilà bien une enquête new-yorkaise qui a tenu ses promesses, tant par la solide reconstitution de cette année 1896, que grâce à ses personnages d'une consistance finement étudiée. C'est l'équipe choisie pour élucider les crimes qui a mobilisée toute mon attention, laissant au second plan les agissements du sérial-killer. Le héros est bien cet aliéniste, véritable Sherlock Holmes des méninges, et digne précurseur des méthodes de profilage qui ont fait leurs preuves depuis... Une plongée dans des eaux troubles, des ruelles sombres et miséreuses, et dans les profondeurs des rouages psychiques, allant même jusqu'à revenir aux sources glaçantes des balbutiements de l'étude sur l’aliénation mentale.
  • Persistance de la vision de John Varley (510 pages) : Un recueil de quatre nouvelles : "Dans le chaudron", "Dansez, chantez", "Trou de mémoire" (ma préférée), et "Les yeux de la nuit" (prix Nebula 78 pour cette nouvelle), dont je me suis délectée. L'auteur a su mêler étrangeté et poésie, avec une aisance et une profondeur vraiment confondantes. Apparemment ces textes faisaient partie d'un gros recueil de neuf nouvelles qui avait reçu le prix Locus du meilleur recueil en 1979, et le prix Apollo en 1980, et je n'en suis guère étonnée ^^ Il a été scindé en deux et je serais curieuse de découvrir les autres récits contenus dans "Dans le palais des rois martiens". Mais avant ça, j'ai "Le système Valentine" qui devient un objectif prioritaire. Un auteur talentueux s'est véritablement révélé à moi grâce à cette lecture : voilà qui résume bien mon engouement 😉
    • Le voyage de Simon Morley de Jack Finney (644 pages) : Rarement un aperçu du passé ne m'aura semblé si réel ! Cette immersion dans le New York de 1882 aura été une restitution fidèle et réussie, méritant de charmants et authentiques souvenirs récoltés grâce au héros, ce guide émerveillé, qui m'a ouvert les yeux et l'esprit sur un moment du passé qui a repris vie le temps de cette lecture. Si mes réminiscences de cette expédition vous attirent, et que vous éprouvez l'envie de retrouver un jadis d'avant les deux terribles guerres, à l'intérieur d'une bulle new-yorkaise à l'air propre et aux rues éclairées de réverbères à gaz, venez donc lire ma chronique :)
    • 115° vers l'épouvante de Lazare Guillemot (202 pages) Voilà une petite mais distrayante aventure qui inaugure plaisamment cette première saison de l'étrange ! Le rythme ne souffre d'aucun temps mort, et s'avère même entraînant, pour peu que l'envie de découvrir le fin mot de l'histoire vous embarque comme moi, à faire ce petit voyage bien sympathique le temps d'un après-midi. Pour être tout à fait sincère, j'ai épié les instants d'angoisse et m'attendais à davantage d'épouvante (la faute au titre sans doute 😋), mais même si les petits frissons ont été insaisissables, j'ai tout compte fait passé un moment délassant avec cette historiette ;-) 
    • Le balancier du temps de Jack Finney (366 pages) : Ayant vu que la saga Simon Morley se complétait d'un 2ème tome, et curieuse de retourner dans le passé en compagnie de ce héros que j'avais tant apprécié, je dois avouer que le plaisir de cette virée en 1912 aura été émoussé par un manque de vivacité et une dilution de l'intrigue parfois pesants. Le charme du précédent voyage n'était pas dans mes valises, malgré le sentiment d'authenticité renouvelé ! Trop de longueurs, et une absence d’attractivité m'ont laissées sur le quai de ce tome 2, dommage ^_^ Ce qui n'estompe en rien les beaux souvenirs du premier roman, qui se suffit à lui-même et ne nécessite pas de revenir dans les pas de Simon pour cette nouvelle aventure, un brin ennuyeuse ;-)
    • Une autre chanson du futur de Daryl Gregory : Tout, absolument tout, me poussait vers cette nouvelle ! D'abord l'auteur qui m'avait bluffée dans le passé avec deux titres : Nous allons tous très bien, merci, et L'éducation de Stony Mayhall. Et puis son thème : l'hommage à un artiste qui occupe une grande place dans mon cœur (There's a Starman waiting in the sky...♫ ♫ ♫ ). Mais à mon grand regret, je n'ai pas réussi à y trouver la substance que j'espérais 😕 Les références glissées de-ci de-là n'étaient pas suffisantes pour me permettre d'adhérer à cette chanson. J'ai plutôt eu l'impression d'entendre une succession de notes sans en percevoir la mélodie tant attendue, dommage...
    • Le talisman des territoires, tome 1 : Talisman de Stephen King et Peter Straub (1140 pages) : Alors là, comment vous dire... ? Le temps m'a semblé long, mais loooong 😥 On sait que le délayage est l'un des effets indésirables le plus récurrent chez le King (je n'ai jamais lu de P. Straub avant ^^), mais jusqu'à présent il ne m'avait jamais ennuyée. Cette fois-ci en revanche, je l'ai vraiment ressenti puissance mille !!! Une quête, un élu, des territoires parallèles, un talisman bourré de pouvoirs, de vrais vilains très très méchants, bon ok, il y avait de la matière... Sauf que cette histoire a pris un coup de vieux terrible. Mon intérêt a rétrogradé dangereusement, et seuls les personnages (surtout celui d'un loup-garou particulièrement attachant) m'ont évité la sortie de route...
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      Comme vous pouvez le constater, j'ai passé beaucoup de temps dans le New-York de l'époque au cours de ce trimestre, avec pas moins de trois romans se déroulant dans la ville qui ne dort jamais. Et j'ai vraiment l'impression d'y avoir séjourné tant ces histoires fleuraient bon l'authenticité.
      D'ailleurs, si je devais résumer en un seul mot les dix titres lus et présentés ici : ce serait "dépaysement" ! Tout à fait raccord avec la saison, n'est ce pas ? ;-)

      Le grand événement livresque de ce trimestre fût aussi La Grosse OP avec ses 500 ebooks à 0,99 € ! Contrairement aux fois précédentes, je n'ai pas du tout été raisonnable... Hmm, mais je brandis sans vergogne l'excuse toute trouvée : c'était la der des ders, paraît-il 😁
      Patience, vous entendrez parler en temps voulu de ces petits nouveaux entrés dans ma PàL, car ils ont dû sacrément jouer des coudes pour s'y faire une place, et ils ne pourrons s'y éterniser sous peine d'émeute :)

      Ah, et j'allais oublier de vous annoncer ma participation à ce challenge furieusement attirant pour une mordue de SFFF comme moi :
      Challenge Summer Short Stories of SFFF
      Saison 4
      Je vous souhaite un magnifique été, doublement ensoleillé de captivantes lectures 😘